Plusieurs mois que ce blog existe et bien sûr je n’ai pas manqué de dire âneries ou erreurs.

A mayotte ...y'a pas de chiottes pour les makis
Comme j’ai oublié une partie de ce que j’ai écrit et que je ne me suis pas rendu compte de toutes les erreurs, je ne précise ici que quelques éléments sur mes écrits passés.
Alors Mayotte c’est comment finalement?
Le vol d’objet n’est pas si pénible si on a la chance d’être épargné du vol complet de toute l’habitation (comme quand on habite à Paris, on peut être cambriolé 3 fois par an ou jamais en 25 ans). Si on applique les procédures de préventions qui, quand on vient d’une région calme comme les Cévennes, semblent un peu paranoïaques au départ, on minimise les risques.
Mais cela suppose par exemple de ne JAMAIS laisser les affaires hors de la vue sur la plage donc en étant seul, il faut se baigner avec les affaires juste devant le rivage et ne pas penser aller voir le tombant. Ou bien de s’enfermer à clé chez soi jour et nuit dans son propre bunker-prison en imaginant perdre son âme si la télé était volée, c’est d’ailleurs pour ça, comme tu peux l’imaginer, qu’on n’a pas pris le risque de l’emmener…
Comme le sujet de l’insécurité est difficile à percevoir sans y être, on ne se sent pas en insécurité ici, d’autant plus que les flics s’intéressent presque exclusivement aux passagers de couleur noire véhiculés en taxi (les “sans papiers-en-règle”). Donc pas de gardes-à-vue pour “je te vois ….président” (non je ne le citerai pas ici, pas question! ) car ils n’ont pas que ça à faire de remplir les tribunaux pour des futilités. Ici on a le droit, encore un peu, de s’exprimer parce qu’en métropole cela devient un véritable couvre-feu philosophique.
Ce qui dénote par rapport à la métropole c’est que le risque n’est pas vraiment à divaguer en ville ou village (le soir peut-être? mais là je n’ai pas d’expérience personnelle à apporter) mais justement dans les lieux déserts (plages tranquilles, forêt…) et encore une fois c’est surtout risqué quand on est une femme (ce qui est un problème pour 50% des gens quand même). Ce n’est pas dans toute l’île car quelques plages ou abords de villages sont plus réputés de ce point de vue.
Franchement ça craint moins que dans le 93 ou dans bien des grandes villes françaises. Comparant à la vie tranquille en montagnes cévenoles, la situation s’inverse, les montagnes françaises sont plus tranquilles que l’est Mayotte!
La nourriture est assez (trop) chère et les produits frais importés sont bien souvent de qualité déplorable. Les produits locaux sont parfois excellents (ananas, bananes, citrons), parfois ignobles (les oranges locales sont super acides et amères, quasi immangeables souvent) de plus les fruits ici ne sont pas laissés à mûrir dans les arbres, peut-être est-ce pour être le premier à les ramasser…ou pour éviter la pourriture en une demi-journée de transport en brouette ou auto surchauffée?
Une solution aux laitages (quand on en veut) est de faire ses yaourts soi-même par exemple mais c’est aussi vrai partout; ici on dira que c’est indispensable si on veut manger des produits laitiers en quantité.
Seul le poisson est sans souci et très bon s’il est frais mais pas trop de problème de ce point de vue car la source est toute proche.
La vie au quotidien: pour ma part sortir entre 8h00 et 17h00 m’est super pénible en saison humide pour raison de fort taux d’humidité atmosphérique lié à une température élevée (essaie l’indice de canicule avec 30 ou 35°C et 95% d’humidité, le résultat est comique).
Si tu as déjà voyagé en milieu tropical tu te dis que j’exagère parce que tu as passé 3 semaines pendant la saison sèche (et oui les vacances on les prend généralement pendant la meilleure saison) en Thaïlande, cela est bien différent de toute une demi-année en saison humide surtout quand tu ne passes pas ton temps à la plage et dans l’eau mais vaques aux occupations ordinaires d’une vie ordinaire.
Si tu adores la chaleur alors tant mieux: tu es fait pour prendre ta retraite à Tahiti, aux Maldives ou à Hawaï,… à Mayotte euhh c’est peut-être pas le meilleur choix mais moi je m’en fiche après tout.
Depuis le mois de mai, la chaleur est beaucoup plus supportable nuit et jour (je me répète je sais mais certains ne lisent qu’ un seul article).
La flore: c’est beau de loin mais de très près ce n’est pas vraiment super (pour un botaniste fervent de morphologies florales diversifiées), parole de botaniste: les coteaux ensoleillés de Vendée sont plus intéressants sauf si on s’intéresse à la végétation des montagnes ici, c’est-à-dire au-dessus de 400-500m pour Mayotte..décevant donc si ce n’est les parfums de l’ylang-ylang surtout la nuit, à moto par exemple…c’est grandissimo de se balader avec ces senteurs botaniques enivrantes…à l’échelle de toute une montagne. C’est vrai quelques fleurs sont superbes mais pas de floraisons exubérantes à l’échelle de l’île, à part flamboyants, Ylangs, palmiers…
La faune, sur terre elle est très spécifique et insolite mais peu riche en espèces, normal sur une île peu étendue, peu de papillons en nombre et en espèces par exemple même si de très beaux sont parfois visibles.
Sous l’eau: grandiose si on s’éloigne de la limite des 100m de la côte pour cause de turbidité importante, voire saturée, des eaux marines. Et je n’ai pas fait la barrière récifale externe, ni vu les baleines, les requins, ni les dauphins …
Les gens: globalement les mahorais sont gentils, mais réservés avec les blancs et peu expansifs avec eux et très peu curieux: la conversation, digne de ce nom, est difficile.
Les autres: les blancs: y’a de tout mais les quelques coincés du bulbe qu’on rencontre obligent à force méditative pour oublier leur existence, ça gâche vraiment l’ambiance mais encore une fois c’est peut-être aussi pire en métropole; Par contre les pas-cons sont très sympas…
Ici le soleil incite à la joie et à la légèreté alors bon. Ce n’est pas rare de voir des gens incorrects comme en tous coins de France: nous ne sommes pas à l’île aux enfants!
Certains jours nous sommes dans notre bulle et nous ne voyons pas les autres, préoccupés ou énervés par nos propres problèmes mais certains nous montrent que c’est leur état permanent!
Je ne parle pas d’un voisin (ben si tiens je vais en parler) qui fait exprès de ne pas regarder alors qu’on est à deux mètres sur le parking commun pour ne pas dire bonjour et systématiquement car ce n’est pas anecdotique, je précise qu’il ne répond pas au bonjour que ce soit par signe ou par mots, peut-être lui manque-t-il un morceau de cerveau?
- Allô la Terre, You Stone? Recherche humains sur Terre!
- Ici You Stone, négatif ” la capsule”, on a perdu la trace du dernier survivant.
- Ok You Stone, ici “la capsule”, je lance la procédure d’oubli numéro trois: “procédure engagée”, le voisin est considéré comme nul et non avenu il est définitivement rayé du champ spatio-temporel.
- Ici You Stone, le champ morphique a disparu vous pouvez continuer votre mission en toute liberté.
-Bien reçu, You Stone, je déconnecte mon négalaser à protons fusionnés et applique la procédure numéro deux de pensée zen cosmo-quantienne à super-bosons vecteurs en phase imaginaire.
Tout le monde vit cela quel que soit l’endroit où on pose son sac.
Les “étrangers”: selon leur origine, là encore impossible de généraliser qu’ils soient d’Afrique noire ( très gentils, ils fuient la guerre de leur pays) ou des Comores (très gentils aussi si ce n’est parfois une tendance agressive pour les jeunes en bande, comme en métropole dans les quartiers populaires de banlieues).
L’administration: aller, ici on a un avantage sur la métropole car même si la personne derrière le bureau ne sait pas ou demande des papiers nouveaux contredisant l’autre administration c’est fait avec un grand sourire qui apaise…
Les enfants mahorais: souriants et s’ils ne sourient pas il suffit de leur sourire pour qu’ils le deviennent, ce sont les seuls qu’on peut prendre en photo de leur plein gré.

Les ados: deux attitudes, les filles sourient et sont sympathiques (ou gloussent bêtement entre 12 et 16 ans comme partout ailleurs), les garçons sont fermés et le restent bien souvent sauf exceptions qui contredisent fortement ce cliché (et là on découvre parfois de grands bavards…). Faut bien donner des clichés parce qu’il n’est pas de mon ressort et dans mes capacité de faire une thèse sociologique sur les mahoraises et les mahorais, leurs mœurs et coutumes.
Les adultes mahorais: souriants ou non, certains montrant parfaitement qu’ils n’aiment pas les blancs, d’autres montrent un sur-respect très gênant, d’autres enfin sont naturels et cool, chaleureux comme l’image que peut se faire un voyageur à la rencontre des peuples africains, mais toujours si peu bavards en dehors des salutations d’usage.
C’est bien ou pas Mayotte?

Tout dépend de ses propres envies et de ce que l’on recherche dans la vie.
C’est comme demander si Paris c’est bien ou pas, les Cévennes c’est bien ou pas, Marseille c’est bien ou non, Londres, Mathusalem, l’Auvergne, la Corse, ou si les choux, les vers de terre, le pot-au-feu, les moules, le thé au beurre de yackesse…ça se mange ou pas?
Si t’es pas attiré par l’Afrique faut pas venir ici, si t’es pas attiré par les lagons faut pas venir ici, si t’es attiré par l’Afrique c’est pas ici que c’est le mieux question ambiance africaine, si t’es attiré par les poissons tu peux espérer un gros bisou d’une femelle-requin-tigre ou d’un barracude si tu es plus chanceux.
Si je ne cherchais pas à vouloir faire de la peinture à l’huile sur toiles, ni de la danse contemporaine je dirais que Mayotte c’est bien! Je pourrais tout autant dire aussi que Toulouse ” c’est venté, dangereux le soir, plein de bouchons et de pollution”, pourtant on y est bien quand on y trouve son essence personnelle.
Ici pas de crottes de chien sur les trottoirs car les chiens errants font dans des lieux précis de leur territoire et non sur les bas-côtés des trottoirs et les chiens des propriétaires restent dans les jardins.
Avec un bateau, la découverte des côtes, du lagon ou la pêche offre de nouvelles perspectives à la vie sur l’île.
Je conseille de miser si possible (quand on a assez d’argent bien évidemment!) sur l’achat d’un petit navire même en 1/2 part (environ 5000 Euros la demi-part pour un voilier de 6-7m ou un petit bateau à moteur, cela ne comprenant pas l’entretien comme les frais annuels du port de mouillage, voiles, peinture, essence, assurance…: 1500 à 3000 € par an si pas de casse, c’est donc un budget équivalent à une petite auto d’occasion…).
Sinon reste la possibilité de louer les services de pêcheurs ou bien de rêver sur la berge…comme le font les locaux (beaucoup ne connaissent que leur village ou éventuellement l’hôpital de Mamoudzou).

M'tsapéré
L’avantage de partir sans préparer vraiment l’expat c’estde ne pas avoir le temps survoler les forums de voyage et de lire que Mayotte c’est Chicago comme on peut le voir sur certains! Du grand n’importe quoi. Il y a certes des soucis mais est-ce pire voir moins pire que l’Espagne, l’Italie, les grandes villes françaises. Rappelons-nous du temps où on pouvait laisser les vélos sans antivols…Dans les années 50 en France et il y a 10 ans à Mayotte.
Le temps où on pouvait laisser son cartable dans la cour de l’école le midi….
Le temps où les enfants jouaient dans la rue ou se promenaient partout sans que les parents soient là à les surveiller comme si le les loups rôdaient à chaque coin de rue …c’était il y a 40 ans…bien peu d’endroits voient maintenant les gamins libres comme l’air dès 3 ou 4 ans….sauf en villages excentrés ou à Mayotte.
Le temps où on pouvait dire au garde-champêtre: “eh tu vas pas nous embêter aujourd’hui avec ta loi machin…aller viens prendre un canon” sur un ton convivial sans être accusé d’outrage à tout vent et de finir en garde-à-vue.
Oui la France a changé…certaines choses sont plus positives ainsi les jeunes-filles-mères ne sont plus les rebuts de la société, l’amour de même sexe n’est plus considéré comme maladie mentale, les consultations de psychologues ne sont plus vues par autrui comme maladie psychiatrique grave.
Mais on fera un procès au maire parce que le petit se sera noyé dans la mer ou qu’un sérac détaché a emporté guide et clients et que ainsi, il faille à présent interdire la montagne à tout le monde…; et pourquoi pas un procès au méchant fabriquant de vin qui n’avait pas prévenu que conduire son auto bourré favorisait la possibilité de percuter un cycliste ou à Météo-France qui aurait dû prévoir et empêcher la tempête de détruire maisons ou arbres.
On n’a pas encore vu un metteur en scène de film d’épouvante être accusé d’avoir provoqué une fausse-couche mais cela ne saurait tarder…Peut-être que les paludiers guérandais vont être accusés et condamnés un jour, de favoriser l’hypertension chez les patients des cardiologues…
C’est dingue ça qu’on ne puisse même plus vivre dans un monde soumis aux aléas naturels;
Vive les cyclones, les tempêtes, les noix de coco qui tombent, les vipères dans les champs et les étangs à grenouilles.
Aller zou des fois qu’un futur noyé m’accuse de lui avoir donné l’envie d’aller voir les poissons multicolores devrais-je fermer ce blog? Ben faut bien qu’il prenne ses précautions avant de se noyer et tenter de ramasser un max de blé grâce à son procès, histoire que ses enfants ne soient pas dans le besoin en cas de procès malencontreux à leur endroit quand ils seront grands… (comme dirait Maître Capello).
C’était juste une pensée en passant…
Pour finir je mets en lien le site d’information et lutte pour la préservation de la biodiverté agricole :
c’est instructif et utile…
on y reviendra prochainement si j’ai le temps.

un fleuve mahorais...à Kawéni

































