Me voici de retour à Mayotte après trois mois passés en métropole.
Pas mal de choses se sont passées, dont celles concernant la préparation de l’hivernage en Terre Adélie qui seront relatées dans le blog: http://mickitoterreadelie.wordpress.com
Relatons tout d’abord ces quelques jours à Paris avant le décollage vers Mayotte.
N’ayant pas mon habituel guide complet des rues de Paris mais le petit plan délivré par la RATP, il m’était parfois utile de demander une direction et j’ai constaté que, d’une part en période de vacances scolaires il est parfois plus difficile de rencontrer un francophone qu’un anglophone dans Paris au point que j’en était venu à me parler tout seul en anglais…et à avoir des réactions comme ” quel couillon”, “oui”, ça va” spontanément en anglais. Du coup on me demandait parfois de quel pays je venais…bref ! Je répondais finalement “d’un peu partout…” avant de préciser les choses devant l’incrédulité de mes interlocuteurs.
Autre constatation, les parisien ne savent pas où ils sont! et oui, en demandant à plusieurs reprise mon chemin (vers où est la Seine? Direction de Champs Elysées? Direction du forum des Halles? etc. ) il m’a été délivré des directions totalement opposées et cela par des piétons, cyclistes ou conducteurs de véhicule. Certains m’indiquant le nord pour aller voir la Seine alors que j’étais rive droite vers Sébastopol, d’autres m’indiquant l’ouest, d’autres m’indiquant l’est, il m’a fallu un quatrième péquin, c’était devenu un jeu statistique (pour tester leurs réactions)…afin qu’on me donne le sud …le soleil couchant vers l’ouest confirmant en cela la qualité du conseil qui me fut donné.
On peut ainsi se demander si les Parisiens sont déboussolés ou s’ils prennent un malin plaisir à raconter n’importe quoi aux provinciaux!
Après avoir goûté aux joies de la fraîcheur automnale (c’est ma saison préférée), les journées sans vent, ensoleillées, aux températures douces entre 10 et 20°C avec, pour écriture, les couleurs bariolées de la végétation, induisent des sentiments de légèreté et de calme indicible dans lesquels je m’enivre chaque année [passée en climat tempéré].
Ce lundi 1 novembre l’avion a atterri, en faisant une figure de style, un peu à droite, un peu à gauche, sur une roue, puis sur l’autre, et enfin un freinage digne de Fangio à la meilleure époque.
La lumière mahoraise, malgré la couverture nuageuse, était au rendez-vous, quelques minutes toujours surprenantes au sortir de l’avion, suis-je dans une serre? Ah oui c’est vrai c’est la chaleur tropicale…mais finalement le soleil étant filtré, la journée était très supportable. Ben oui je ne dénigre pas le climat mahorais quand il n’est pas au taquet!
Je ne décrirai pas la joie des enfants à mon retour, qui était partagée, puis cette partie de baignade à Sakouli, l’eau étant assez froide pour la saison, il m’a fallu 5 minutes pour arriver à entrer tout entier dans le lagon. Je m’attendais tellement à trouver une eau suffisamment chaude pour sauter directement dans l’eau que l’effort intellectuel pour intégrer la concentration nécessaire à l’immersion entière m’a figé comme un chat, coussinets nus dans la neige.
Il fait bon de retrouver des sourires, des couleurs, des visages épanouis après ces trois jours passés à Paris.
Il est assez hallucinant de voir tout le monde le nez dans son téléphone ou enfermé dans son ipod, tout de gris ou de noir vêtus…plus pressé que Flipper le dauphin à la rescousse de son ami Bud en détresse.
Quant aux beaux quartiers chics de Paris, compte tenu du côté “m’as-tu vu circuler là où se trouve le gratin social de Paris avec mon air suffisant et péteux?” il me semblait que j’entrais dans un monde irréel où les gens croient encore au père Noël de la supériorité humaine ou à l’âge ancien et révolu (enfin presque car il y a encore du boulot) où les femmes et les noirs étaient considérés comme des êtres sans âme.
Il est assez rigolo d’aller à la devanture d’une vitrine de montres à 25000€ et de placer d’un air joyeux et léger envers les huppés en fourrures qui léchaient la vitre: “comme c’est moche que tout cela”. Cela dit je ne dénigre pas les pures beautés des joyaux que sont des pierres d’exception (Golden Jubilee par exemple), aux éclats fabuleux ou à la translucidité exquise que la Terre a bien voulu forger en son sein.
Bref à part cela, les monuments parisiens sont toujours un émerveillement pour moi, il y a toujours au détour d’une avenue, une stèle, une sculpture, un bronze, un fer forgé, un or, une tour, une façade qui laisse stupéfait par tant de beauté.
Je ne me lasse jamais de repasser plusieurs fois par jour devant Notre-Dame, devant le Palais Royal, le long du Louvre ou du Panthéon ou de pénétrer sous des arches sculptées avec élégance.