MAORE DANSE du 15 au 20 novembre 2010

Spectacle du Ballet de Mayotte juin 2009, Mamoudzou (photo: M.B)

Cette semaine, la danse contemporaine s’expose à Mayotte grâce à la compagnie locale de Jeff Ridjali “Le ballet de Mayotte” qui organise cette manifestation mahoré danse, à la MJC de M’Gombani.

Mercredi après-midi, sur le parvis de la place du marché, des impromptus permettront au passants mahorais d’être sensibilisés à l’art de la danse contemporaine … mahoraise. La culture mahoraise est en marche et le peuple mahorais se devrait de la soutenir à l’heure où les bouleversements tant ethniques que religieux ou économiques modèlent un nouveau paysage dans la société mahoraise.
Les spectacles à 20h des mercredi, jeudi et vendredi soir verront les prestations non seulement de la compagnie de Jeff Ridjali mais aussi des compagnies malgaches: Rary, Tahala, Vahinala et du Mozambique avec Escularas humanas.

Infos et réservations sont disponibles au 06 39 69 73 90.

La sensibilité et la culture spécifique de l’Océan indien est partagée au cours de ces chorégraphies avec un public qui, encore trop peu sensibilisé et mobilisé à découvrir ce qui participe à l’union des peuples de la région, est toujours satisfait et enthousiaste à l’issue de ces créations.

Comme le dit Isabelle Camatte, responsable chorégraphique de la compagnie “le Ballet de Mayotte” : “il existe une grande ignorance de la danse, les gens sont trop portés sur ce qui se commercialise et non sur l’immatériel.[...] la danse est essentielle dans une société [...] il est faux de croire que la danse n’est pas prioritaire. ” et “les chorégraphies sont ancrées dans les problématiques sociétales de chaque pays”

J’invite donc les lecteurs de Mayotte à venir s’enivrer de la poésie du mouvement corporel au cours de cette 2ème édition de Maoré danse.

 

Vernissage du salon des artistes-peintres

Dans une semaine, le vendredi 21 mai 2010 aura lieu le vernissage, ouvert à tous, de la septième édition du salon annuel des peintres et sculpteurs mahorais à la galerie l’Arabesque, ancienne route de M’tsapéré, à Mayotte.

Le salon durera jusqu’au 29 mai.

J’y exposerai quelques aquarelles et huiles.

De six ou sept toiles, je suis passé à une douzaine en cours, petit à petit j’en finalise les plus anciennes mais les derniers détails demandent souvent beaucoup de temps un peu comme le dernier oeuvre (la finition) dans la construction d’une maison.

Si je maintiens le rythme actuel il est probable que cela me fera environ 20 toiles à huile effectué sur un an coulant mais si je retire le temps passé en congés et autre absence, je compte sur 8 mois ce qui fait un potentiel annuel de 30 toiles correspondant aux limites hautes fixées l’an dernier. Ces petits calculs mesquins sont biaisés par le fait que le nombre de toiles possibles par an dépend de la taille de chaque peinture et de la manière de peindre (le temps d’élaboration n’est pas le même si je dépose trois couches relativement épaisses ou 10 couches fines, le rendu aussi!).

La plupart des travaux que j’ai vu à Mayotte sont peints en quelques couches, deux/ trois ou quatre peut-être et je ne me rappelle pas avoir vu une peinture présentant de la transparence, de la profondeur comme au Louvre car cela ne peut se retrouver que dans la technique du glacis, technique longue et fastidieuse que personne ne pratique plus guère de nos jours sauf exception ça et là.

Je l’ai expérimenté sur un portrait d’africaine, bien sûr je n’atteins aucunement l’équivalence  et les  subtilités des peintures des  anciens mais le rendu est quand même plus profond que celui d’une toile faite de deux-trois couches opaques travaillées rapidement que j’expérimente aussi actuellement.

Si les anciens avaient du temps à passer et étaient rémunérés par les notables ou aristocrates locaux, depuis l’avènement de la peinture moderne au XIXème siècle, le peintre travaille maintenant sans contrat la plupart du temps. Si le peintre veut vivre de son travail, il doit travailler vite pour pouvoir vendre beaucoup et être ainsi un minimum rentable. Car si un tableau semble cher pour le commun, la rentabilité de l’activité de peintre tant qu’il n’a pas une cote reconnue est pour le moins peu enviable.

Un peintre professionnel doit pas mal d’argent à la Maison des Artistes (MDA) jusqu’à 20% du chiffre d’affaire si celui-ci est faible, de même aux impôts. La MDA est la cotisation sociale obligatoire des artistes- peintres (pas encore en place à Mayotte: c’est l’URSSAF qui gère cela). Ajouté au coût de son matériel, au pourcentage sur la vente demandé par les galeristes (de 20 à 50% du prix de vente)  etc.,  le peintre ne pourra vivre de son travail que si la quantité d’oeuvres est suffisante en potentialisant les acheteurs. En-dessous d’un seuil fatidique de 7000-10000 euros environ de résultat de vente annuel, les frais dûs à la MDA, et autres, grèveront à tel point son budget que le dépit amèrera inévitablement le peintre à disparaître du cercle officiel des artistes-peintres.

Ainsi un peintre amateur n’a aucune raison (si ce n’est celle de respecter la loi) pour vouloir s’accréditer d’un numéro SIRET auprès de l’INSEE et d’officialiser son activité auprès des impôts. Car il est obligatoire, devant la loi, d’avoir un numéro d’activité professionnel pour vendre la moindre toile. Et la plupart des amateurs vendent pour moins de 2000€ par an ce qui, s’ils déclaraient leur vente, les amèneraient à payer de 1000 à près de 2000€ de frais divers aux administrations. Autant dire que la cohue des amateurs ou même  de nombre de peintres aussi actifs que des  “professionnels” déclarés, sont et restent non déclarés afin de pouvoir tirer un bénéfice minimal de leurs ventes qui soit digne de leur travail.

On voit moult tableaux vendus pour une bouchée de pain sur le net ou sur les marchés, soit les gens cassent les prix parce qu’ils ne vendent pas, soit il s’agit de reproduction à la chaîne faites en Chine…(et oui!).

Pour ma part, et parce que j’en ai la possibilité, je ne suis pas encore à la rue…, je préfère garder mes toiles plutôt que de les filer pour le prix d’une place de théâtre ce qui ne rembourserait même pas le matériel. A ce prix là c’est sûr ça se vendrait facilement mais à quoi bon, autant les garder pour décorer ma chambre!

A titre d’exemple, combien coûte 10m²de  toile à peindre tissage fin et enduit de 3 couches?

Environ 1000€ ,ce qui ramené à une toile standard de format 30 Figure 92×73 cm² qui nécessitera 107×88 cm² de toile donnera un coût de 100€ rien que pour la toile, à cela s’ajoute encore des couches d’enduits parce que c’est nécessaire (je ne m’attarde pas) ce qui rajoute 5€, les clous de tapissier, le vernis les recouvrant, le chassis ( les prix  pratiqués en 30F vont de 20€ à 200€ selon la qualité) 30€ (j’ai pris les moins cher du fournisseur et les plus légers à cause du transport par la poste pour Mayotte mais le modèle standard en métropole me coutera plus tard plutôt 60€ à ce format.

La peinture: son coût dépend de sa qualité, il y a le standard étude pour les étudiants, à prix modéré,  le standard fine de meilleur qualité et extra-fine pour les professionnel, encore plus chargée en pigments et souvent sans adjonction de charge (craie). Ensuite certaines marques sont plus réputées que d’autres dans la qualité de leurs produits, je donne donc pour exemple les prix de la peinture que j’emploie, extra-fine, toutes ces marques sont des références internationales pour leur qualité (remarque: on peut utiliser les meilleurs pigments au monde et peindre comme un pied, j’en ai fait l’expérience à l’aquarelle l’été dernier):

Sennelier (France):          outremer foncé, 40ML =8€

Sennelier:                             rouge antique, 40ML= 13€

Old Holland (Pays-bas): bleu de cobalt, 18mL= 35€

Blockx (Belgique):             Bleu indanthrène, 35mL, 22€

Williamsburg (USA):        jaune de Naples, 40mL=18€ (marque découverte depuis mars…)

Il manque quelques marques notables à ce tableau de fabricants de couleurs: Maimeri (Italie) de qualité exceptionnelle pour les restaurations des tableaux anciens, Leroux (France) de fabrication artisanale (comme Williamsburg) considérée comme du caviar pour les peintres,  Winsor & Newton (Grande Bretagne), William Harding (G.B.) …mais je ne les ai pas dans ma palette.

Une toile 30F demande environ un demi tube soit 10€ de peinture à cela s’ajoute l’essence de térébentine, l’huile de lin et résines diverses ajoutées estimées à 5 €.

prix d’un pinceau: A l’usage seuls les pinceaux de qualité sont rentable dans le sens où ils sont durables et permettent un travail précis. Les pinceaux bas de gamme au bout de quelques utilisations finissent en éventail ou perdent sans cesse leurs poils dans la peinture… ce sont ceux vendus dans les marques des grands distributeurs de matériels beaux-arts, certainement chinois ces pinceaux!

Les pinceaux Manet (français!) sont les meilleurs que j’ai utilisés à ce jour: Manet Elite n°5 aux Couleurs du Quai voltaire 11€. De gros pinceaux pour les grandes toiles peuvent coûter 50 à 80€ l’unité… On va estimer le coût moyen d’usure en pinceaux par toile à 5€!

A cela s’ajoute diverses choses accessoires: 5€

Au total, 60+5+30+15+5+5= 130€ pour un format 30F.

Un 30F est vendu de 700€ à plus pour prix minimal si le travail est correct.

Si on retire 25% pour le galeriste soit 175€, éventuellement 10% pour le modèle s’il y lieu, cela fait

700-245-130= 325 € net pour le peintre.

En comptant 20 à 30 heures de travail minimum pour ce format: assemblage et préparation du chassis entoilé, recherche sujet/modèle, dessins préalables, recherche composition, étude de couleurs, mise en oeuvre.

Cela fait un rendement horaire de 15€ net hors impôts et autres frais pour le professionnel. Soit 7€/heure en argent liquide pour faire ses courses.

On comprend l’intérêt de certains peintres à faire augmenter leur cote (en avoir une est déjà un grand pas pour l’auto-financement!!!) par des participations médiatiques et en tapant à la porte de critiques ou de galeristes en vue ou d’un collectionneur.

Il est notable que les coûts de matières premières peuvent être diminués de moitié ou des deux tiers en utilisant des matériaux de piètre qualité, ce qui ne gène nullement certains artistes.

Quelle valeur possède une oeuvre?

Actuellement les toiles des amateurs représentant des paysages “photographiques” ne valent même pas le coût du chassis. Quand au reste c’est l’acheteur qui fixe le prix, s’il consent à dépenser 500 ou bien 5000€ pour une toile c’est son problème. Tout n’est que spéculation ou coup de coeur, on voit des daubes  très moches (à coups de jets de peinture et de collages de tout et de n’importe quoi, certains savent y faire dans le modern’art recycling mais d’autres non ) partir à prix d’or et inversement.

La valeur d’une toile une fois établi le prix par l’artiste professionnel, pour lui permettre de manger à sa faim, n’est qu’une grande spéculation et n’est pas équivalent à la qualité technique ou picturale de l’oeuvre.

Bon bah j’ai plus rien à dire, en fait j’ai autre chose à faire…et j’ai toujours tellement de photos à montrer sur ce blog que je n’en montre plus une, je ne consents plus à passer 10 heures de temps pour charger 6 photos…

Allez salut!

ps: je montrerais la semaine prochaine l’ensemble à peu près finalisé de ce que je fais actuellement.

transition électronique

Transition électronique, huile sur bois 2010, M.B.

Peindre ou ne pas peindre: l’égocentrisme de l’art

A cette heure, je constate que ma peinture m’est visible mais pas affichable.

Trop exigent, je m’enfonce dans la négation de moi-même en ne voulant pas peindre. Puisque ma peinture ne me convient pas , n’est pas à l’image de ce que j’aimerai faire, je la dénie et l’enferme dans son carcan idéalisé d’existence sublimée dans mon esprit.

De là elle ne sort pas, couvée comme un oeuf qui n’a pas la bonne température et qui reste latent, qui même finira par se dissoudre. Alors pour ne pas  provoquer cet état ultime où peindre ne ferait plus partie de moi, je me dois, je m’oblige à prendre un pinceau pour ne plus sombrer dans un néant artistique dans lequel je m’annihilerais.

Les premiers gestes me sont salutaires, le dessin, les premières couleurs me subliment mais l’expérience déçue me fait penser que continuer me fait gâcher ces premiers traits, c’est pourquoi je n’ai terminé que 10% des tableaux entrepris. Continuer représente ainsi une transcendance à l’image de la société humaine vue par Rousseau. Le gâchis de la pureté des premiers âges du trait par l’entremise d’une société recouvrant la pureté originelle du masque technique et le gauchisme décadent des avoirs de l’âge adulte et d’un ostracisme souverain.

Les déboires de mon portrait de Tagore qui s’est terminé en un ramassis d’écailles et de trous m’a enlevé le souci du soin à aboutir. Je pense et j’imagine toutes les compositions qui naviguent dans ma tête et n’ose les aborder comme je sais que je ne les finirai pas, pas assez vite en tout cas. Double réciproque qui résulte d’un amateurisme dans lequel je m’enferme de peur de paraître mauvais.  Car s’il est bien à propos c’est que l’amateur restera amateur tant qu’il peindra comme un bricoleur du dimanche. Et le bricoleur restera un bricoleur du dimanche tant qu’il ne prendra son marteau que le dimanche. Le cercle est bouclé.

Ces mots sont là sans doute pour explorer le dégoût de mon néant quotidien qui s’initie dans les fleurs de mon imagination.

Alors à quoi bon, je n’en sais rien juste des émissions de mots qui partent et s’évanouissent aussi vite qu’une vie humaine dans l’immensité du temps cosmique.

Crumble bananes et ananas après avoir fumé la moquette.

Ce week-end formidable invitation à un voulé (fête locale) qui n’a pas eu lieu, on est reparti avec nos tartes et une baignade sous l’orage, il m’y reprendra J.R. à dormir au lieu de s’occuper du barbecue.

plage de Sohoa

Par lagon houleux, si si ça flotte!

Pluie d'avril

tempéra en restauration, sic!

De la tempéra il ne reste que le visage à présent car j’ai enlevé encore plus de surface (en blanc) que sur cette photo, ne faudrait-il pas la refaire entièrement sur un autre support….ben oui, … ben oui!

B-a ba, cool!

Voici un petit mot pour dire que j’ai rédigé des tas de trucs mais que je n’ai ni le temps ni l’envie de faire la finition ni de passer mille heures pour y poser 5 photos (surtout que ce sont des dizaines que j’aimerais mettre)….donc tout ceci est en brouillon et sera diffusé, peut-être un jour…

Il n’y pas que les textes qui sont en brouillons puisque mes peintures avancent mais ne sont point terminées, 2 huiles sont finies, 1 acrylique et 1 tempéra. J’ai entamé une autre acrylique dont je devrais finir en une couche si je m’y mets avec du temps devant moi pour tout finir d’un coup. Il me reste 7 huiles à finir dont l’achèvement est prévu pour fin avril (glups!).

Cela devrait me permettre d’exposer ensuite (re-glups!), puisque je devrais disposer d’une douzaine d’huiles, de deux acryliques et deux tempéras, plus une dizaine d’aquarelles ou de pastels.

L’acrylique!

J’ai testé cette année ce médium, après un début qui me paraissait pas trop mal, j’en suis très déçu, c’est trop fluide, transparent et la mise en oeuvre devient parfois une lutte sans merci contre les filaments qui se forment, comme du gruyère fondu (je n’ai même pas le temps de poser et de mélanger les nuances que des fils s’étirent déjà du pinceau avec les conséquences visuelles et mécaniques qu’on imagine pour la surface peinte!!!), la chaleur tropicale y aide peut-être mais du coup, ce n’est pas approprié pour ici.

Évidemment, il existe moult marques présentant des textures d’acrylique différentes ainsi que des médiums retardateur de séchage ou autres médiums de texture etc. mais je n’ai franchement pas envie d’investir là-dedans surtout sachant dorénavant qu’il apparait  de gros problèmes de conservation et de restauration des plus anciennes oeuvres acryliques, soit dit en passant, des peintures n’ayant que 30 ou 40 ans d’âge environ…on est loin de la conservation de la tempéra ou de l’huile qui se chiffre en plusieurs centaines d’années.

A propos de conservation, pour l’huile tout est question de technique et de respect de certaines règles que le peintre se doit de connaître et …d’appliquer. Il est notoire de constater que Picasso, en son temps,  s’il a été un maître ès-peinture en matière de composition et d’innovation,  en a oublié d’appliquer les règles classiques de la technique ( la technique en peinture c’est le procédé  de construction de l’oeuvre en dehors de tout aspect esthétique bien que la technique soit au service de l’esthétique finale) et que nombre de ses peintures subissent actuellement une restauration précoce.

J’en avait déjà dit un mot dans un précédent article, tout comme les impressionnistes avec leur bitume coulant et leurs procédés de mise en œuvre à la volée (sur le terrain et “dans le frais”), ou même le grand Dali, ne sont pas en reste concernant la fiabilité mécanique ou coloriste de leurs peintures.

Tout le monde ne peut pas être aussi pointu en technique, de nos jours, que De Vinci, Raphaël, Rubens ou Van Eyck.

Ma première tempéra, pour une raison circonstancielle, a été faite sur toile plâtrée (oui n’importe quoi mais bon, je ne vais pas expliquer le pourquoi du comment ce serait trop long), si esthétiquement ça va…heu non en fait ça ne va pas car la peinture se décolle du plâtre (elle adhère peu) car celui-ci est hygroscopique comme il se doit et réagit à sa manière lorsqu’un épisode pluvieux de trois jours affecte Mayotte. De plus les rectifications, réalisées à postériori, ont dégradé la surface car l’eau, nécessaire aux estompages de tons, a été adsorbée (et non pas absorbée) par le plâtre qui a de nouveau réagit mécaniquement.

Autre souci quand il pleut longtemps sur l’île, l’humidité atmosphérique favorable aux moisissures implique que celles-ci s’attaquent à la tempéra (à défaut des vêtements de l’étage en-dessous) donc mon sage Tagore a vu son bonnet noir et sa veste noire se couvrir de taches blanches comme sur le Camembert…excellent!

Comme quoi la preuve par 1000 que le support est le premier critère de durabilité d’une oeuvre. Le pire est que je savais pertinemment que la tempéra ne s’utilise que sur support rigide comme le bois…, la pierre…

J’ai voulu tester et je n’ai pas été déçu.

Comble de tout pour faire sécher le plâtre et tuer les champignons après un frottis en douceur de la surface j’ai eu l’extraordinaire idée de poser la peinture au soleil…résultat: des craquelages comme une vieille peinture du fond des âges…

Je vais sans doute en faire une similaire mais à l’huile cette fois…et ne pas diffuser publiquement cette mésaventure!

Ceci illustre, de manière Benny Hillesque, à quel point la qualité du support est primordiale pour assurer la pérennité d’une peinture. La tempéra (qui sèche 10 fois plus vite que l’acrylique à la mise en oeuvre, c’est dire, mais demande des mois à sécher à coeur ensuite) est à utiliser pour une composition complexe et non pour faire de grands lavis et à bannir de Mayotte et à fortiori du cercle équatorial (de Bretagne peut-être aussi!).

L’aquarelle me semble sympa mais ça dépend des sujets…

L’huile me va bien mais demande beaucoup d’efforts (avant et pendant), de concentration et de maîtrise (de travail quoi, donc d’années avant d’y arriver vraiment malgré de beaux rendus apparents même pour un débutant, la maîtrise est très complexe et il suffit de regarder un tableau de grand maître pour comprendre que même après 30 ans de peinture on ne peut faire qu’une pâle copie, si on le tente, de ces chefs-d’œuvres).

Technique, technique…la technique est la description et l’explication du processus de mise en œuvre d’une peinture (quels matériaux, où, comment et pourquoi…). Elle se révèle donc indispensable mais est du ressort de l’apprentissage universitaire et artisanal. Autrement dit, elle s’acquiert autant avec le cerveau qu’avec les mains, par l’apprentissage, et ce n’est pas pour rien que les disciples des grands maîtres mettaient 20 ans, 40 ans ou plus à les égaler (quand cela arrivait) ou à les surpasser (encore plus rare), cela en étant à leur service depuis le plus jeune âge, chaque jour de l’année. De Vinci a surpassé rapidement son maître Botticelli qui, du coup, s’est retiré de la pratique de la peinture pour ne se consacrer qu’à la sculpture, dépité qu’il était de sa propre pratique quand il voyait le talent de son jeune élève Léonardo…

La peinture était un métier qu’on apprenait toute sa vie en somme…et cela est toujours vrai sauf que les disciples ne sont plus vraiment des disciples mais de simples pratiquants, en école des Beaux-Arts pendant 5 ou 6 ans ou seuls avec leur bouquins…et leurs pinceaux.

Évidemment, le résultat s’en ressent et s’il y a de belles choses actuellement, l’art contemporain est à des lieues de la maîtrise technique des maîtres du passé sauf quelques exceptions (Claude Yvel, mais surtout Xavier de Langlais ou Pierre Garcia pour ne citer qu’eux et bien sûr ce ne sont pas les peintres plus côtés aux enchères ou en vogue des critiques d’art qui sont les plus maîtres de leur art, certains n’étant maître de rien du tout).

Si je compare ce que j’arrive péniblement à ânoner sur une toile à ce que j’aimerais faire (ce qui est plus commode et accessible n’est-ce pas que de se comparer aux références incontestées) c’est-à-dire peindre avec un minimum de vibrations dans les couleurs et avec une homogénéité certaine, je constate que, si la peinture est comparée à la parole, j’en suis au B-A = BA du langage intelligible qu’on peut tenir dans un discours compréhensible par nos concitoyens.

Ça, c’est la pensée du jour (je vais bien tout va bien !!!).

Après avoir presque fait les thèmes que je souhaitais (dont un essai, en terme de représentation de la vision individuelle), j’aimerais en ajouter encore 3 d’ici juin (Hiroshima-H-zéro ou Bikini-strip, Rêve-de-nuages et guerrier-du-silence) qui seront récurrents par la suite; je pense à une série (dessins, pastels, aquarelles, huiles c’est à voir…ce que je raterai le moins!) sur la danse en collaboration avec la compagnie de danse “Le ballet de Mayotte” (chuuuut faut pas le dire y’a les agents du FB-aïe (Fout le Bordel-aïe) qui surveillent tout et ils vont le diiiire) mais bon si je ne suis déjà plus à Mayotte en septembre ce sera compliqué, je m’orienterai alors peut-être dans la production glaciaire et de pingouins…

ET si c’est le cas, avant de ne plus être à Mayotte en septembre, c’est en mars que je n’y serai pas donc pas de discours non plus ici même, silence radio pendant un bon mois.

A fin mars.

PS: pour illustrer mes propos et “entrevoir” ce que arrive à faire un maître de l’aquarelle contemporain, voici une oeuvre de Cao Bei An (cliquer sur son nom pour aller sur son site), peintre chinois qui a exposé au festival International de l’aquarelle de Brioude en 2009… Du grand art c’est peu de le dire, ses portraits sont … ils sont quoi!

copyright Cao Bei HanOeuvre de Cao Bei An, signée de son tampon

Je t’invite à aller de même sur le site de l’aquarelliste Ewa Karpinska, maître incontestée de la technique mouillé sur mouillé. On apprécie ou pas ses œuvres c’est le choix de chacun mais techniquement elle est la seule à réaliser ce qu’elle fait d’autant plus que les formats de ses peintures sont de l’ordre de 1 à 2 m² or, quand on sait que l’aquarelle est une technique dont la difficulté augmente exponentiellement avec la taille du support, il ne reste plus grand monde à tenter ce qu’elle réalise. Plus le format du papier est grand et plus c’est difficile, voire impossible et pourtant elle y arrive.

Trichromie: Hécatombe

Une aquarelle inspirée ce week-end (signée 2009!), toute ressemblance avec quiconque est pure coïncidence bien évidemment.

A chacun d’en comprendre le sens.

Hécatombe, aquarelle 51x36cm, 2010

Mon email…

Comme certains cherchent à me joindre par mail, voici mon adresse qui doit être rectifiée selon l’indication plus bas:

mickael.biteau4497@@@orange.fr

 

Important:

l’adresse exacte apparaitra en  retirant @@ , ceci afin d’éviter les spams par les aspirateurs de site.

Premières rencontres de danse contemporaine à Mayotte: spectacle du ballet de Mayotte

Vendredi soir 19 juin a eu lieu à Cavani/Gymnase le premier spectacle de la compagnie de danse contemporaine  “le ballet de Mayotte”.

Pendant la pièce Shaana

Pendant la pièce Shaaba, Jeef...

Cette compagnie est co-dirigée par Jeff Mohamed ridjali et Isabelle Camatte.

Danseur et chorégraphe, Jeff a été formé à  à Paris et à New York  en danse classique et contemporaine.

Personnage charmant qui se bat littéralement pour que Mayotte s’élève dans les arts.

Ses créations sont empreintes de sensibilité, de poésie et de messages aussi pour dénoncer les problèmes de l’île (pollution, misère, souffrances (kwassas-kwassas) ) mais aussi pour affirmer le langage du corps, pour que chacun redécouvre son moi physique initial, intuitif, que l’on a tendance a perdre en grandissant.

A mon sens l’art de la danse du point de vue de l’ expression et de l’échange, si tant est que j’ose “classer” les arts, se classe au-dessus de la sculpture, elle-même plus riche que la peinture. C’est un point de vue tout personnel, qui n’engage que moi, qui demanderait plus de développement pour en comprendre le sens, et là j’ai pas le temps…


Je résume ainsi:

La danse, telle une  sculpture qui dessine l’espace à chaque instant, peint la multitude des émotions du présent…


La compagnie existe depuis trois ans seulement et elle a commencé à former professionnellement de jeunes mahorais.

Le spectacle du ballet de Mayotte présenté ce vendredi résulte d’un travail chorégraphique débuté cette année.

Les performances athlétiques des danseurs mahorais  sont à l’image de la compagnie toulousaine OC3 (une compagnie à voir absolument si vous passer sur Toulouse et notament lors du festival Ravensare en juillet) sauf qu’au lieu de mixer HIP-HOP et danse contemporaine, la compagnie mahoraise mixe danse traditionnelles mahoraises, africaine et mouvements contemporains.

La compagnie malgache Ajorombala avec Julie Iarisoa a fait preuve aussi de très grande originalité  chorégraphique avec l’expression des difficultés d’être une femme africaine au quotidien que ce soit en solo ou en duo avec Yaya Sarria de la compagnie “les jeunes tréteaux” du Tchad.

Soucieux du rapprochement des cultures et des rencontres, Jeff vise aussi à faire  connaître Mayotte par le truchement la danse contemporaine auprès des autres pays qu’il soit africain ou européen. Jeff n’est pas ambitieux pour lui-même mais  ” il aime” la danse, il aime son île et il aime rencontrer…

Au vu des prestations offertes ce vendredi soir, nul doute que Mayotte dispose enfin d’une voie toute tracée pour s’ouvrir aux autres à travers l’expression corporelle.

Cependant il faudra que les élus locaux et le Conseil Général continuent et affirment leur volonté en ce sens car entre le discours politique et le concret deux mondes s’affrontent encore.

La création d’un centre chorégraphique mahorais serait ainsi de bon augure car si le “ballet de Mayotte” dispose d’une salle  aimablement mis à disposition au sein du collège de Tsingoni, sa pérennité financière et structurelle n’est pas assurée pour autant car trop dépendante d’un seul sponsor, sponsor qui a déjà du mal à s’équilibrer lui-même…piètre danseur il ferait pour ajouter à la comparaison.

A bon entendeur…

le salut

le salut

Le Conseil Général et les affaires culturelles de la Préfecture sont sponsors de la compagnie et le C.G. en partie producteur de ce spectacle, cependant si celui-ci a engagé plusieurs mois de travail pour les trois compagnies, aucun technicien et aucune aide n’étaient présents (malgré l’accord de principe) pour assurer “le son” et “la lumière”, pour cause de grève au Conseil Général cette semaine. Le spectacle, très réussi, s’est déroulé sous lumière réduite et sans technicien du son. Tous les gens présents ont fait le maximum pour que cette représentation se déroule au mieux.

Un des danseurs s’est même fait arrêté par la PAF (police aux frontières) ce vendredi matin, alors qu’il est né sur l’île de Mayotte et y a vécu toute sa vie. Jeff et la compagnie se sont ainsi déplacé aux services compétents pour faire entendre raison car si le danseur n’a pas de papier mahorais c’est apparemment la faute à la préfecture qui refuse toujours cet octroi.

Ce cas n’est pas exceptionnel, bien au contraire, car moult mahorais(es) se voient conduits à Anjouan (en Comores) alors qu’il sont nés et ont leur vie ici (école, amis, famille) parce que les difficultés de l’état-civil et les dispositions à faire reconnaître son propre droit pour un mahorais sans-papiers ne sont pas dignes d’un pays qui se veut républicain.

Des enfants sont séparés de leur parents du jour au lendemain et se retrouvent voués à eux-mêmes ou sont sous l’emprise ensuite d’adultes tyranniques:  les enfants des rues de Mayotte n’ont rien à envier à ceux de Bamako, de Buenos Aires ou de Bucarest qu’on se le dise et la tristesse de leur regard n’a d’égal que leurs difficultés au quotidien!

Certains enfants ont en effet toute la misère du monde dans l’expression de leur visage et ce n’est pas de la comédie (d’autres comédiens accentuent leur rôle, tel “Marius” que tout le monde connaît sur Mamoudzou). Quand à l’adoption des enfants orphelins ici, ceux qui s’y attèlent ont toutes les difficultés pour aboutir…ceci est un autre sujet! Mais bon il y aurait beaucoup à en dire aussi….

Le danseur a été libéré sur le ” bon vouloir ” d’une seule personne tout comme il eut pu se retrouver à Anjouan sur le bon vouloir du même individu sans autre forme de procès (plusieurs enquêtes montrent que la légalité n’est pas respectée sur l’île en matière d’arrestation et de détention).

Voici un lien qui apporte un contre-poids au lien que j’avais mis en septembre sur le rapport du Sénat sur Mayotte.

Voici une carte (tiré du site http://combatsdroitshomme.blog.lemonde.fr/category/outre-mer/mayotte/) pour mieux comprendre pourquoi Mayotte est une île comorienne avant tout…;

Carte de l'archipel vocanique des Comores

Carte de l'archipel volcanique des Comores

Un des danseurs de la compagnie est d’autant plus concerné par la pièce dansée “cuivre”  (Shaaba)  qui dénonce l’indifférence mahoraise pour ces tragédies lors des traversées Anjouan/Mayotte en Kwassa-kwassa, qu’il a perdu sa mère sur un kwassa.

Mayotte recule sur bien des points ou se pare de choses bien illusoires mais avance aussi dans ses échanges et ses rencontres culturelles.

Ainsi un festival de l’image sous-marine, très réussi, a eu lieu ce mois de juin en partenariat avec le festival mondial de l’image sous-marine d’Antibes. Le festival africain du mois de mai a lui un peu capoté pour des raisons d’organisation liée au Conseil Général. Le festi’bulle était une réussite et d’autres festivals arrivent…

Tiens Marcel fait son grand vernissage demain soir à Jumbo…et en musique, trop fort Marcel, un 21 juin …la classe.

(22/06/09) ça y est, j’y suis allé: et oui 50 toiles dont le couple toile/cadre faisait mouche à chaque fois, public conquis et ambiance en musique, dommage que celle-ci soit arrivée un poil trop tard car beaucoup de monde était déjà parti. Langa, le chanteur, possède effectivement comme le dit Marcel Séjour une grande émotion dans la voix…je suis parti un peu trop tôt afin de coucher les enfants mais ce chanteur a du laisser des marques dans les coeurs et les esprits…)

Au fait mon voisin de palier (qui est gentil et très sympa, pas celui qui n’existe plus…cf. article précédent), qui est auteur-photographe, m’a proposé de réaliser mes tirages d’expo noir et blanc….bien vu de sa part, j’allais juste lui demander justement si c’était possible de collaborer…

L’après-été va être riche en matière…

Bonne suite et bonne danse sous les sons du solstice d’été.

Léoplum a bien apprécié la danse.

Léoplum a bien apprécié la danse.


Les enfants de Mabawa

Il y a quelques semaines déjà nous sommes allés voir un spectacle de chants et de théâtre à Mamoudzou. Le responsable et président de l’association, très charmant, nous avait informé, alors que nous discutions à Mtsapéré avec un ami rencontré par hasard, que le soir-même se déroulait un spectacle des “enfants de Mabawa“.

Trouvant l’occasion  de voir un spectacle d’origine mahoraise (la troupe est basée à Kani-Keli au sud de l’île) opportune, des billets d’entrée, nous avons pris.

Le spectacle était particulièrement comique mais aussi empreint de grâce par les chants et les danses.

Les petits sketchs de théâtre délivrait aussi des messages pédagogiques ou de droits humains qui ne semble pas inutiles. Une belle réussite que cette troupe avec des personnalités bien marquées telle Samira qui menait la danse avec brio.

Deux heures de voyage au pays des contes, des légendes, danses et traditions mahoraises…

La troupe se déplace sur Madagascar et en France métropolitaine notamment l’été.

Pour s’imprégner d’un petit bout de culture mahoraise , c’est à voir sans modération.

Les enfants de Mabawa, photo de la pochette intérieur.

Les enfants de Mabawa, photo de la pochette intérieur.


une vidéo ici http://www.dailymotion.com/video/x4md0d_les-enfants-mabawa_travel

mais d’autres sont disponibles sur le blog des enfants de Mabawa. Au fait un disque de chansons a été édité, il est très bien, pour l’écouter il faut venir à la maison…ou bien l’acheter.

Euhh, je n’ai pas de photo du spectacle: la batterie était déchargée.

Le rien en chaque instant

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Un océan nous entoure, un lagon nous entoure, une lumière nous entoure, que ce soit de part et d’autre de l’île on est entouré, bercé immanquablement par ce lagon, aux gris subtils et bleuissant, qui s’offre presque au détour de chaque colline, par cet océan qui se dessine en surimpression à basse marée, par cette lumière qui jusqu’au soir nous aveugle presque mais qui parfois sort de son grand chapeau des éléments lumineux qui eurent dévié Maxwell lui même  de sa trajectoire de rédaction des lois de l’électro-magnétisme.

 Ce matin-là.

C’était un des plus beau spectacle coloré qu’il m’ait été donné de voir avec les couchers de soleil inondant de rose les soirées de mon enfance, les bleux et violets du crépuscule, les intenses raies spectrales des expériences de physique ou avec les solutions chimiques d’étalonnages spectrométriques aux teintes si pures, les parures des arbres à l’automne dans les montagnes pyrénéennes ou celles des arbres des forêts tropicales mahoraises en été austral, sans oublier les premières franges sous-marines des tombants tropicaux.

 Ce matin-là Mayotte prennait des allures de grande parade spectrophotogénique.

Des milliers de cadrages pour qui voulaient faire ses cartes postales s’offraient au regard.

Il y avait de milliers de rochers où contempler l’âme de la lumière.

Il y avait des milliers de grains de sable où poser ses globes fessiers comme deux yeux s’approprient l’espace.

Il n’ y avait …personne bien souvent pour réceptionner les voluptés de ces câlines colorations.

Il y avait l’espace et le soi comme un être sans nom qui traverse la vie le temps d’un parcours.

Il y avait le chemin de l’espace jusque dans le changement d’état des cônes et des batonnets qui initient la pensée illustrée dans son chemin immatériel.

Il y avait l’un et le dernier, outil ultime entre lui et moi.

Il y avait chaque silence des cosmogonies humaines.

Il y avait chaque brin de rêve sur chaque photon.

Il y avait du sel dans la mer des délices.

Il y avait le rien en chaque instant.

 

25fev-166

 

 

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