MAORE DANSE du 15 au 20 novembre 2010

Spectacle du Ballet de Mayotte juin 2009, Mamoudzou (photo: M.B)

Cette semaine, la danse contemporaine s’expose à Mayotte grâce à la compagnie locale de Jeff Ridjali “Le ballet de Mayotte” qui organise cette manifestation mahoré danse, à la MJC de M’Gombani.

Mercredi après-midi, sur le parvis de la place du marché, des impromptus permettront au passants mahorais d’être sensibilisés à l’art de la danse contemporaine … mahoraise. La culture mahoraise est en marche et le peuple mahorais se devrait de la soutenir à l’heure où les bouleversements tant ethniques que religieux ou économiques modèlent un nouveau paysage dans la société mahoraise.
Les spectacles à 20h des mercredi, jeudi et vendredi soir verront les prestations non seulement de la compagnie de Jeff Ridjali mais aussi des compagnies malgaches: Rary, Tahala, Vahinala et du Mozambique avec Escularas humanas.

Infos et réservations sont disponibles au 06 39 69 73 90.

La sensibilité et la culture spécifique de l’Océan indien est partagée au cours de ces chorégraphies avec un public qui, encore trop peu sensibilisé et mobilisé à découvrir ce qui participe à l’union des peuples de la région, est toujours satisfait et enthousiaste à l’issue de ces créations.

Comme le dit Isabelle Camatte, responsable chorégraphique de la compagnie “le Ballet de Mayotte” : “il existe une grande ignorance de la danse, les gens sont trop portés sur ce qui se commercialise et non sur l’immatériel.[...] la danse est essentielle dans une société [...] il est faux de croire que la danse n’est pas prioritaire. ” et “les chorégraphies sont ancrées dans les problématiques sociétales de chaque pays”

J’invite donc les lecteurs de Mayotte à venir s’enivrer de la poésie du mouvement corporel au cours de cette 2ème édition de Maoré danse.

 

RAIDAMAZONES 2010

Un petit mot pour causer à postériori du Raidamazones 2010 qui s’est déroulé à Mayotte au mois d’octobre.

Fabienne faisait partie d’une équipe mahoraise, Les Doujas de Mayotte, une parmi  74 autres équipes, qu’elles soient de Mayotte, des autres  DOM-TOM ou de métropole…

Son équipe a terminé deuxième au général à l’issue d’une semaine d’épreuves diverses et variées: orientation, tir à l’arc, canoë, course à pied, VTT, escalade.

Je n’étais pas là pour voir les épreuves mais il semble que l’entraide et le caractère solidaire au cours de ce raid ont permis à l’ensemble des équipes de vivre une semaine pleine de bons souvenirs.

Chaud/froid à Mayotte, une légende pas glop!

Il fait à présent 28 ou 29°C en journée (quelques frissons et oui quand il y a du vent…) et la nuit vogue entre 24°C  (BRR ça caille!!! ) et 26°C.

Les alizés provoquent des vagues assez énormes dans le lagon, samedi nous avons pu constater et subir le jeu de rouleaux de près de deux mètres pour les plus hautes ondes. Quand ça tombe sur le dos ça donne l’impression de faire du catch contre Hulk…je dois dire que pour celles faisant un front de deux mètres je n’ai pas oser réitérer ma vaillance à faire du surf (sans planche) sur leur flanc, je choisissais plutôt de les traverser en plongeant, c’était plus reposant pour le corps.

Après cet interlude typiquement mzougou’land, encore un mot sur le climat.

Mayotte n’est pas l’endroit le plus chaud du monde (le sud-est asiatique avec ses moussons à 40°C doit être bien côté du point de vue chaleur ressentie et heureusement  la saison des pluies n’y dure que trois ou quatre mois) mais de grands voyageurs semblent pourtant dire que la chaleur humide sur la durée est épuisante…

D’ailleurs en saison des pluies je n’entends de la bouche même de ceux qui aiment la chaleur tropicale que des “qu’est-ce qu’il fait chaud! “,  “ohh la la …c’est épuisant”, “jsuis crêvé(e)” cela est aussi vrai pour les autos qui changent leurs pneus comme on change de chemise.

Le lagon, très vaste, fait tampon par ses eaux plus chaudes que l’océan et amène une situation sans contraste de température (sans brise) entre les eaux lagonnaires et la terre, en saison chaude, ce qui augmente la sensation de chaud par rapport aux autres ile comoriennes.

Des anciens (10 à 30 ans sous les tropiques) qui me disent qu’ils en ont marre de la chaleur et qu’ils n’en peuvent plus, qu’ils saturent, me confirment que je ne suis pas le seul à ne pas être à l’aise sous un soleil de plomb. De plus on me dit aussi souvent qu’à Mayotte il y fait plus chaud que dans les autres outremers. Mais les ont-dit n’ont pas valeur scientifique évidemment.

De toutes manières je ne vais pas dire que ça me va bien pour faire plaisir à ceux qui aiment ça (enfin ils disent ça quand ils sont sous la clim…laisse-moi rire Jeannot!).

Il est vrai comme je le disais, que vivre en homéothermie (une différence de 2°C est clairement perceptible que ce soit la nuit ou le jour) chaude amène une faiblesse des défenses naturelles envers le froid, chaque jour étant identique au dernier et pareil au suivant. Ici, le corps ne trouve pas d’autre activité que suer et encore suer, il ne sait plus ce qu’est un frisson. Bien sûr le corps se réhabitue petit à petit, l’esprit aussi, en jouant (non c’est pas dans les Comores ça) avec les couches de vêtements et les frissons quand il retourne au plus frais: à la Réunion ou aux latitudes plus élevées.

Mais cela nécessite au moins deux semaines de mise au frais dans la bac à légumes du réfrigérateur terrestre. Je n’oublie pas que la plupart des comoriens ne quittent pas les Comores de toute leur vie et souffrent eux aussi de la chaleur. Des arguments affirment que c’est à cause de cela qu’ils vivent peu vieux mais je pense que le critère de pauvreté est avant tout prégnant pour abaisser la longévité. Petit à petit avec la saison sèche et l’hiver austral, une sensation de froid apparait sous le vent ou dans le lagon (glacial qu’il était l’autre jour avec ses 26°C…), ou la nuit sans drap (les pieds froids!): c’est le grand retour des frissons!

Cependant si le frais est venu fin mai, il persiste la nuit jusqu’en septembre (19 à 23°C) mais le jour, la chaleur commence déjà à monter franchement dès le mois d’août.

Titouan et ses médailles (2ème crawl et dos, 3ème brasse) après les courses de l'école de natation

La latitude de Mayotte est de 12° sud, sachant que le tropique le plus proche est à 23° sud ( il correspond au solstice d’été austral: le soleil à cette date quand on est à la latitude 23° sud est à la verticale du lieu à l’heure midi vrai solaire), le soleil au 21 juin (le soleil est à la verticale du lieu à midi vrai à la latitude 23° nord) culmine ici à 90°- (23 +12)= 55° au dessus de l’horizon à midi.

Sachant qu’il est couché à 17 h en cette saison (nuit à 18h en saison sèche), dès 14h30 ou 15h en ce moment on sent le crépuscule arriver…

Par contre à 12° sud de latitude, Mayotte voit le soleil progressivement culminer au zénith en novembre, puis sa course fléchit encore vers le sud pour être à (90-12) 78° d’angle à midi au solstice de décembre, puis il repasse au zénith à midi vers mi-février (course verticale à midi de 23+23=46° en 6 mois mais ce n’est pas linéaire en progression, on tape sur 7 semaines de temps pour monter ou descendre de 12° de déclinaison, angle entre l’horizon et l’astre).

En avril il est donc à sa hauteur du solstice d’été austral ( décembre). Ainsi de début novembre à début avril (6 mois) le soleil culmine au minimum à midi à 78° au-dessus de l’horizon (c’est presque vertical). Pendant six mois le soleil semble au zénith à midi…

Et il faut attendre encore 1 mois et demi de plus de part et d’autre de ses six mois pour qu’il paraisse à la même hauteur à midi qu’un 21 juin à midi à Paris. De mi-septembre à mi-mai le soleil présente donc, à midi, un rayonnement au moins similaire à celui d’un mois de juin ou juillet en France.

C’est l’été pendant 9 mois.

Sauf que la sensation d’été on l’a plutôt en ce moment, c’est-à-dire pendant les mois de juin à août, le reste du temps étant une sensation de sur-canicule prolongée…

A bon entendeur si la canicule est ton dada: viens à Mayotte en décembre pendant tes congés ou en février au lieu d’aller au ski détruire les plantes des montagnes, tu pourras toi aussi fondre comme neige au soleil!

Allez zou c’est ma dernière prose contre cette chaleur avant un an et demi.

A l’instant, il y a trois heures quand même, un nouvel évènement a refroidi l’attrait des tropiques: une scolopendre de 15 cm de long  s’est subitement vexée que je lui mis mon petit orteil entre les crochets…il faut dire qu’il n’avait rien à faire d’autre que trainer dans mon pantalon qui trainait lui aussi par terre.  Après avoir retiré cet ustensile qui nous sert habituellement à cacher nos jambes du soleil ou à les protéger de multiples choses, tel un asticot dans un sac de jute…je bondis vers la cuisine, rageur comme puma devant un lièvre, pour me mettre le pied dans une gamelle d’eau chaude à 55°C ou 50°C je n’ai pas pris soin d’en mesurer exactement la température.

Pour imaginer la douleur d’une morsure de (grande ) scolopendre c’est sans doute du même ordre qu’un franc écrasement de pouce dans l’entrebâillement d’une porte qui peut lancer une douleur vive pendant une bonne heure (c’est du vécu). Imaginons une guêpe qui pique (c’est du vécu aussi), et bien le scolopendre c’est un peu comme 10 guêpes en même temps au même endroit et ça dure presque une heure sans fléchir…

Cela dit, l’action de l’eau chaude a du altérer en grande partie le venin thermolabile. Le vinaigre a permis la résorption du bleu qui s’était formé quasiment immédiatement.

spécimen: la tête du scolopendre est habituellement attachée au corps, la tête du balai aussi... (photo: Florian) le manche n'ayant pas résisté à l'impact.

Les commérages locaux affirment que les petites scolopendres font plus mal que les grosses!!!

Quelle idiotie et idée stupide qui se confirment ici.

Si la piqure d’une grande scolopendre a peu provoqué de douleur à certains c’est qu’elle a soit omis l’injection de venin (elle teste ainsi les  surfaces rencontrées), soit qu’elle n’en a injecté que peu car la plupart de ses proies ne nécessitent certainement pas une pleine dose. Nombre de serpents venimeux agissent ainsi: morsure sans venin ou dose minimale injectée (Voir guide des serpents d’Afrique occidentale, de Jean-françois Trape et Youssouph Mané, IRD éditions).

C’est d’ailleurs probablement une des raisons (la résistance individuelle en est une autre) pour laquelle certaines personnes s’en sortent assez bien après avoir été mordu par une vipère africaine.

Ayant agressé l’intrus, je pense avoir reçu une bonne dose qui, sans ce traitement immédiat à l’eau brulante, eut sans été encore bien plus pénible.

Donc je défends la thèse, n’en déplaise aux légendes circulant sur l’île,  que les grands scolopendres sont plus douloureux et nécrosants que les petits… je déconseille d’ailleurs à tous les enfants de subir cette mésaventure.

La seule différence entre le venin de deux scolopendres peut être leur concentration, la quantité de venin (morsures à intervalles de temps rapprochés diminuant les réserves ou morsures à faible injection) et la profondeur de la morsure, les venins pour une même espèce ayant globalement la même composition chimique.

Les mahorais diraient que ce sont les mauvais Djinns (esprits ou ancêtres) qui entrent dans la maison pour punir d’un péché. Et bien dans ce cas il va me falloir aller à confesse, ce sera peut-être plus efficace que de donner des coups de balais aux bestioles. C’est marrant mais hier soir j’ai pressenti qu’il y avait une scolopendre dans la chambre, une fois couché comme une larve prête à entrer dans le bocal gorgé des fruits d’Hypnos le courage memanqua pour déménager toute la chambre. Maintes fois il serait sage d’écouter ses petites voix…

cqfd: les coups de chaud à Mayotte, ça refroidit aussi!!!

Enfants malgaches de Mamoudzou

Une dernière photo, à l’initiative de ces enfants qui, toujours joyeux, sont de vrais rayons de soleil qui ne brulent pas la peau comme  Râ au zénith mais allument en chacun une magnifique lumière. L’esprit du peuple malgache se retrouve ainsi parmi des souvenirs que je raconterai une prochaine fois.

Parc marin de Mayotte: quelle magnifique idée inutile.

Mayotte, on y pense comme un bout de terre isolé du reste du monde, on y pense comme une perle posée sur l’océan, on y pense comme un roc conquis sur les indigènes, on y pense comme une parenthèse dans un monde effervescent, on y pense comme une image dorée sous l’écume ventée, on y pense comme la perfidie du mensonge au-de-là des rêves, Mayotte est nombreuse sous son couvert de forêt tropicale Mayotte est riche par ses compositions de récifs aux voutes palatines et joyeuses.

Mayotte est une île, certes, mais une île c’est quoi? C’est une terre entièrement séparée du reste des autres terres par un océan ou par une mer, par une étendue d’eau plus simplement. Séparée visuellement ou en liaison pédestre pour un humain car Mayotte n’est pas un bouchon sur l’océan bien entendu, Mayotte est posée sur un socle continental sous-marin, une plaque comme on dit, parmi la multitude qui recouvre le magma. Mayotte est donc un morceau qui émerge, l’île sus-nommée n’est qu’un lieu au-dessus des eaux. Sa particularité est d’être petite comparée à une île comme la Grande-Bretagne ou l’Australie ou même les Amériques.

Toute plaque émergeant est une île à mes yeux tout comme aux yeux de Titouan qui en faisait la remarque l’autre jour.

Toutes les terres émergées sont des îles qui ne se différentient que par leurs dimensions et leur stabilité dans le temps. Les Amériques vont mettre des centaines de millions d’années à disparaître tandis que Mayotte ne sera plus visible au-dessus  des eaux dans quelques millions d’années.

Alors si Mayotte est l’un des dix endroits au monde possédant une double barrière de corail, si le lagon contient 300 espèces de coraux (sur un total de 800 espèces dans le monde) répartis sur 157km de récifs et 700 espèces de poissons, 24 espèces de requins, 22 espèces de mammifères marins, si Mayotte possède encore une forêt où vit la sous-espèces endémique le lémurien Eulemur fulvus mayottensis dont les spécificités biologiques, éthologiques et sociales restent inconnues de la science faute de volonté scientifique, si la faune et la flore terrestre ont été négligées si longtemps sur l’île, si on constate à quel point tout cela s’amenuisera dans le futur comment peut-on faire la leçon au Brésil, à la Chine, à un quelconque pays quand la France fait des pirouettes grandiloquentes et laisse périr ses lagons et forêts tropicales ou équatoriales malgré ses discours et décrets inutiles. On peut certes souligner, en parallèle, l’inutilité même de mon discours.

Ainsi, le président français a-t-il fait bonne figure auprès des instances internationales (afin de respecter le quota international en matière de zone protégée…[pas le temps de rechercher le texte...ma source orale est sûre et compétente]) en signant par-dessus la jambe le décret de création du parc marin de Mayotte.

Ce parc, qui date donc de janvier 2010,  ” va permettre de mobiliser les fonds et l’énergie nécessaires” pour traiter ces problèmes ainsi que ceux de la sur-pêche industrielle à proximité de l’archipel” dit Madame Jouanno, ministre de l’environnement.

Or quand on sait que c’est la France qui tire bénéfice et autorise la sur-pêche industrielle espagnole dans ses eaux territoriales de l’océan indien on croît rêver sur l’utilité de tous ces discours contradictoires (m’enfin ce n’est pas nouveau et on n’a pas inventé l’eau chaude comme dirait le thermodynamicien B. Cassagne célèbre pour ses blagues et son humour irrésistible pendant ses cours).

http://www.uicn.fr/IMG/pdf/07_UICN_2003_Biodiv_OM_-_Mayotte.pdf un résumé de la biodiversité maoraise

La semaine de l’environnement a eue lieu à Mayotte comme partout ailleurs et il est assez formidable de voir que les déchets de la manifestation sont allés remplir toutes les poubelles du village grâce à la camionnette de la DAF sans aucun tri manifeste.

De plus nombre de sites où la mangrove est coupée par des individus parfaitement identifiés restent en l’état, il ne suffira pas de dire que le parc existe alors même que les deux agents qui sont assignés à ses 70000km2 restent dans leur case de Mamoudzou…que rien n’est fait pour empêcher les dégradations actuelles parce que chacun se renvoie la balle, que le manque de personnel est cruel et que rien n’est structuré en la matière. Et même quand c’est structuré, ça ne bouge pas d’un poil ou bien ce sont les maires qui bloquent bien des choses ici.

Apparemment nombre de personnes savent ce qui ne va pas et ce qu’il faut faire mais les réunions n’aboutissent à rien.

Quand au lagon je ne ferai que le répéter tellement c’est urgent et dépitant, pour le préserver à court terme il faudra s’occuper dès à présent de l’érosion, des brulis anarchiques et de la gestion agricole de l’île. Les travaux urbains et ceux de la DDE occasionnent en saison des pluies une érosion affligeante. En deux saisons des pluies, les zones du récif frangeant que nous avons pu observer se  sont dégradées considérablement, en ce moment sur bien des côtes, on ne voit même pas à 3 ou 5 mètres et tous ces sédiments posent sur chaque corail son manteau de mort.

Une vraie étude et concertation DDE-Ministère Agriculture/DAF-PARC marin-Conseil général- Préfecture- Agriculteurs- Pêcheurs- Mairies -et autres acteurs de l’île devraient être entreprise d’urgence afin de stopper le processus de dégradation actuel en apportant des solutions simples et efficaces (qui ne sont pas difficiles à trouver), les moyens financiers de mise en oeuvre et un schéma structurel d’action des différents partenaires: qui fait quoi, quand, comment et avec quel argent!

Actuellement chacun oeuvre dans son coin et le récif côtier se meurt à chaque  saison humide. Pour l’image, les uns essayent de réparer un pneu de bagnole avec une rustine à vélo… les autres continuent de lacérer ces pneus avec des poignards, d’autres les mettent dans le lagon…d’autres enfin s’en servent pour faire de la revégétalisation (si si!!!).

Diplômes et bon sens ne sont pas forcément associés…malheureusement. A quand une épreuve de bon sens pratique  pour chaque  diplôme, ça éviterait à certains employeurs d’embaucher des tartes au cerveau pourtant érudit.

Attendre dix ans…que Mayotte soit mieux structurée sera trop tard, les touristes partiront ailleurs et les maorais se retrouveront avec un cimetière en guise de tombant, l’île ne pourra que perdre de son aura et en pâtira économiquement.

Au fait les flics ont des quotas de clandestins à mettre en benne chaque semaine…ils vont les chercher dans les maisons, ils les attendent embusqués dans les fourrés au bord des routes (je l’ai vu de mes yeux vus) comme entemps de guerre et se jettent dessus quand ils passent (à pied, en moto, en taxi). Ensuite tout cela part en camion/grillagé …des images d’une autre époque. Le problème des Comores est aussi un problème français et ce n’est pas en lâchant les comoriens il y a 35 ans qu’on s’est débarassé du reste des Comores. La France est en partie responsable avec l’aide de Bob Dénard  (à la solde de la France) de la situation actuelle des Comores.

Bref on peut renvoyer tous les ans …c’est comme les rustines sur les pneus percés ça n’empêchera pas d’autres de les transpercer avec des chumbos et l’air de s’échapper!

Arc-en-ciel pour un cosmolagonaute

A quoi ressemble une sortie scolaire à Mayotte? A ça.

Ilot de sable blanc

et ça:

Mangrove..., zut où est passé Flipper?

Les photos sont de parent inconnu puisque réalisées lors d’une sortie scolaire dont je n’ai pas participé.

C’est juste pour donner un peu de chaleur à ceux qui lisent ceci depuis leur congère.

Durant deux semaines il n’y aura pas d’article, ce ne sera pas nouveau en soi mais là je le sais par avance donc je l’écris.

Rien ne sert de venir chercher de la nouveauté…

Comme d’habitude l’actualité mahoraise est riche mais les journaux sur le net abreuveront toute soif d’aventures.

Le cinéma fonctionne de nouveau (après les déboires financiers du Conseil Général le ciné, géré par le CG comme bien d’autres choses sur l’île, avait fermé plusieurs semaines).

Rencontre avec un artiste-peintre talentueux et discret, collègue de Fabienne, amateur lui aussi de l’oeuvre de Dali, ses compositions qui en sont inspirées avec brio ont touché ma corde sensible.

Sortie kayak il y a une semaine à tahiti-plage, bon Fabienne ayant pris le large pendant que je rêvassais en tuba sur les coraux je suis resté 3 heures d’affilée sur le tombant.

Que dire?

Les mots seront bien pâles face aux couleurs entrevues et aux formes magiques associées. C’était marée basse et il était midi, autant dire que les conditions d’éclairage étaient optimales.

Des grands aux minuscules poissons en passant par les bancs de poissons argentés avec qui j’ai conversé plusieurs fois, poissons-clowns fabuleux, tortues vertes et imbriquée, coraux se dessinant lumineux devant un arrière-plan bleu profond, gorges et vallées colorées, poisson minuscule noir et rouge frétillant devant son trou de sable, poisson liliputien au bleu fluorescent, coraux blanchâtres mais vivants, bleus, gris, oranges, rouges, indigos, verts, ocres, jaunes, noirs, iridescents, scintillants, évanescent, turkménistan…oh zut je m’emporte.

Pour finir je suis retourné voir le fond de sable blanc où j’avais croisé la belle raie léopard l’an dernier, de grandes carangues sont passées, une tortue verte mais pas de raie; je décidai de rentrer sur le sol ferme parce que je commençais à fatiguer de toute cette nage tout en me méfiant au possible, d’une éventuelle rencontre au-dessus de ce sable si fin, la profondeur devait avoisiner 80 cm d’eau, j’étais à 10 mètres du bord de la plage: je vois une forme droite et fine devant moi mais même à 1 ou 2 km/h le temps de voir la silhouette affleurant au bout de cette queue je suis déjà juste au-dessus: la raie pastenague s’enfuit, je me mets immédiatement en position de fœtus afin de ne pas laisser trainer une jambe où il ne faut pas. Ça y est j’ai vu une pastenague! Je sors de l’eau et marche comme un naufragé des Bermudes. Quelque part je me sens un peu cosmonaute ayant voyagé dans un autre univers, un cosmolagonaute plus humblement parlant.

Une petite photo d’un atelier de travail de la boulangerie industrielle visité avec l’école l’autre jour, ça paraît presque bon mais quand on a l’odeur réelle du mélange mayonnaise/œufs on a de suite perdu l’appétit…

Du pain, du pain, du pain...

L’article sur la sortie lagon en bateau du mois de septembre est écrit, sans les photos, après avoir hésité entre je le mets ou pas, je suis décidé à le publier jusqu’à temps que je change encore d’avis, coupe sombre ou pas, il faudra bien que j’en cause quelques mots.

La suite des aventures de Kirkstophe et Spockaël ben …c’est-à-dire que ..ça viendra en son temps.

Récit Ane-en-rando…ben c’est pareil.

Récit Bamako, oufff, là, là je ne m’engage plus!

Récit actuel…ben on causait de quoi déjà?

Ah tiens pour l’anecdote pour ouvrir une voiture moderne il ne sert à rien d’utiliser une clé, il suffit de tirer très fort sur le montant entourant une vitre latérale, ça se déforme comme du fil de fer, si un jour tu perds tes clés tu sauras comment faire. Le voisin, lui, a opté pour la vitre cassé..à chacun sa méthode, ce sont les joies de Noël à Mayotte.

Tiens j’ai enfin visionné le film Star Trek, et oui 30 ans après avoir vu la série (enfin à part me souvenir de deux images je n’ai pas retenu grand chose ou bien c’est resté dans le subconscient) j’ai pu découvrir une histoire ma foi pas si bête malgré quelques belles incohérences du point de vue sciences  physiques, il y a de bonnes idées, de tous les films de science-fiction spatiale c’est un des moins mauvais que j’ai vu.

Le dernier Woody Allen vu aussi ces jours-ci, toujours au top ce cinéaste…humour et intelligence raffinés de culture, ça change des tous ces films modernes que j’exècre qui ne peuvent s’empêcher d’afficher 15 meurtres, 35 tabassages, une tonne de sang et 25 explosions dans leur scénario.

Je reprends les aquarelles, j’ai de nouveau accès à l’administration de mon site artistique il sera donc complété en janvier-février pour un vernissage fin février ou avril. Pour les petits fours faudra pas avoir trop faim, je ne fournirai que l’adresse du site.

Bon bah puisque c’est ainsi je fais coucou à Gui-Gui ( je me suis donné pour consigne de ne pas causer en direct des anniv.  ici mais bon il est minuit juste et personne ne sait qui c’est à part ceux qui savent, c’est beau comme phrase non? Du grand art je te le dis! ). Il est grand temps que j’aille verser feu de larmes d’âneries dans les méandres oniriques de mon esprit afin que je reparte du bon pied au réveil du jour.

Cette année je ne souhaite pas la bonne année mais une moins mauvaise année…comme ça c’est plus sûr.

Au fait le petit personnage de la série il était une fois l’homme ci-dessous, mesquin et colérique, il ne te rappelle rien?

Si, si, tu as presque trouvé mais pas l’impératrice, oui c’est presque ça….étonnant non? Il paraît qu’il vient à Mayotte bientôt, en attendant si je puis trouver Le Gros …

Allez un peu d’humour ne fait jamais de mal comme disait Baudelaire, euh non, Bourvil ça parait moins couillon.

idem

Le Teigneux et Le Nabot...

Bon pour finir sur une note joyeuse sifflotons Take five de Dave Brubeck…clin d’œil à qui se reconnaîtra, ami du jazz, ça nous changera les idées.

Mayotte, province de la Gaule

Ce mercredi 11 novembre comme non de coutume, Fabienne et moi sommes allés nous promener à moto car les enfants avaient école (ben oui un 11 novembre, les métros ici ne savent plus qui ils sont…). Ce fut aussi l’occasion à Fabienne d’essayer la moto afin de voir si elle serait apte en conscience à utiliser le deux-roues à moteur disponible pour les agents de son service.

L’essai a eu lieu sur le parking du centre commercial et il a confirmé que si Fabienne n’est pas une brêle sur un deux-roues elle a quand même grand besoin, comme quasi tout le monde, de cours complets de moto-école afin de rouler avec un minimum d’expériences et de conseils avisés, de conseils qu’elle daignera écouter…devrais-je dire.

Après ces quelques moments d’inquiétude, j’ai repris le guidon et nous avons fait le tour nord de l’île.

Notre principale surprise a été de voir un caméléon sur la route!!!

Enfin! mon premier caméléon après un an sur l’île… je finissais par croire que le caméléon était une légende comme la licorne ou le sphinx et bien non ça existe bien et ça se cache très bien aussi…car si le vert de sa peau était éclatant sur nos mains il est devenu marron comme celui de l’écorce de l’arbre sur lequel on l’a posé ensuite.

C’est un animal très mignon avec ses deux doigts opposés et ses yeux de fou!

Vue de Mtsamboro

Nous avons tant traîné en route jusqu’à Mtsangaboua qu’il a fallut, au retour, rouler plus dynamique (léger parce que, à écouter les conseils de Fabienne [arrivant à 50m d'un stop et toujours derrière un camion: "vas-y double..." euh oui certainement, puisqu'il y a un trottoir de dégagement au milieu de la chaussée à l'arrivée au stop et du gravier et du sable au sol...c'est une bonne idée!], et vu ma maîtrise plus qu’incertaine de la moto, nous aurions certainement côtoyé les anges…ou notre ami Mercurochrome et Plâtre_à_gogo)    pour être à l’heure pour chercher les enfants à l’école.

maison en construction…plus que cinq ans de travaux…allez on y croit!

Au second plan à gauche: défrichement autour du village; troisième plan, à droite: la forêt tropicale et quelques pentes de cultures verdoyantes

Fabienne avait mal aux fesses et je la comprends car être passager sur une moto est à la fois ennuyeux et inconfortable.

Ce qui est sûr c’est que Fabienne est convaincue, à présent, que même pour utiliser une moto 125 cm3 il faut passer le permis moto ou tout au moins prendre des leçons de plateau, essai réussi!

Mais si permis nouveau elle doit passer, elle préfèrera s’orienter vers un permis hauturier en priorité. Ce n’est donc pas de sitôt qu’elle utilisera une bécane.

Je trouve cela tellement dangereux un deux-roues pour le pilote qu’ on devrait d’ailleurs limiter leur puissance non pas à 100cv mais à 40 ou 50cv ça ferait certainement moins de morts…dans les arbres ou dans les glissières de sécurité.

Ceci est un autre débat mais je reviens quand même au thème des véhicules de course que l’on vend à quiconque que ce soit en deux ou quatre roues. Heureux les constructeurs qui fabriquent des machines filant à 200km/h et plus quand les routes sont limitées à 130km/h. Actuellement il n’est pas possible de trouver une berline familiale qui a du répondant pour doubler sans risque ou ne pas exploser son moteur en montagne et une vitesse de pointe en-dessous de 200km/h.

Bientôt on vendra des canons portatifs à ogive nucléaire pour défendre son jardin et les autorités diront que le propriétaire qui a utilisé son arme contre un chien qui entrait dans son jardin est totalement responsable… ainsi c’est de sa faute si la ville a été rayé de la carte…oui quelque part ce sera de sa faute mais on l’y aura bien aidé..bref, pas le temps de tergiverser sur le débat philosophique des causes imbriquées et de la responsabilité morale des actes humains ou de la moralité des lois humaines.

Banga moderne... en tôle

On ne peut pas donner des allumettes et une bouteille de gaz à un gamin sans mauvaise conscience alors que faisons-nous du reste? De nos armes sans cesse plus destructrices, de nos véhicules encore plus silencieux, confortables, sûrs et rapides…nous cherchons quoi? L’efficacité ou la liberté du risque assumé?

Plage de Mtsangadoua

Sous couvert de liberté le monde moderne peut toujours se donner bonne conscience mais compte tenu de la densité de population dans nos villes modernes et des outils que nous utilisons il n’est plus possible de conserver les dogmes du siècle dernier pour toutes choses.

La liberté est inversement proportionnelle au-delà d’un certain seuil de densité de population, seuil que nous avons atteint depuis bien longtemps. En-dessous de ce seuil, les autres sont une aide, au-dessus les autres sont une contrainte, c’est inéluctable dans les systèmes complexes. Le volume, dit d’intégrité individuelle diminue proportionnellement à la densité de population. Les écueils psycho-sociaux, pour parer à cela, devraient être modifiés radicalement: perte du sentiment de pudeur, perte de l’appropriation du soi physique, nous devrions a&insi adopter une structure sociale telle celle des cellules dans un organe…ou des fourmis dans leur royaume.

Notre écosystème / socioculturel humain n’ échappe pas à ces contraintes et un livre entier pourrait faire l’objet des développements  de cette dernière thèse.

Banga moderne enduit et joli

Tout grand changement est risqué, le peu de sagesse du monde (depuis toujours faudrait-il préciser) me fait craindre un monde plus dictatorial ou anarchique (contrairement à ce que l’on croît l’anarchie en ce bas monde est réservée aux riches et aux puissants qui,…sans scrupules, blasphèment les lois qu’ils instaurent et surtout sont au-dessus de la justice qu’ils érigent en dieu face aux citoyens) compte tenu de la structure de nos sociétés et de nos technologies sans éthique.

A propos.

Je sais que personne ne m’a obligé à rouler de manière irraisonnée dans ma jeunesse et c’est un débat sans cesse renouvelé que d’amalgamer ou non: outils/environnement/capacités, en un tout gélatineux mais quelque part je savais bien que la moto avant un certain âge n’était pas adaptée à mon cas; déjà que je roulais parfois sur deux roues en auto…je ne souhaitais pas voir mon permis motard  se transformer en permis avionneur ou astronaute…

Comme dit la blague du motard: wheeling sans les mains…, sans les pieds…, sans les roues…puis sans la tête!

A l’ère de la réduction des dépenses énergétiques, les constructeurs de motos s’orientent de plus en plus vers l’augmentation des cylindrées: 1500, 1800, 2500 cm3 sont maintenant courantes pour les plus gros moteurs or une moto n’a jamais emmené plus de deux personnes et quelques menus bagages mais heureux doivent être les possesseurs d’un deux-roues alignant vaillamment les 250km/h et heureux sont les pompiers mettant ensuite des morceaux de barbaques dans les sacs, ça leur fait moins mal au dos …et puis d’une pierre deux coups, les hôpitaux manquant de personnel…

Bon passons. C’était juste une pensée qui passait.

Plage de Mtsangaboua

On parle souvent des peuples à l’autre bout du monde qui sacrifiaient des humains de leur tribu ou d’ailleurs; les mayas, certaines tribus d’Océanie et bien d’autres..on cite ceux-là car …car…loin de notre formidable culture moderne d’origine celte.

Or il suffit de lire le récit de la guerre des Gaules de Jules César (dont les faits ici sont confirmés par des fouilles archéologiques, il s’entend) pour apprendre que les celtes gaulois dont l’organisation sociale était séparée en trois groupes: les manants (le tout-venant au statut soumis au deux suivant), les guerriers (équivalent à une certaine aristocratie) et les druides ayant pouvoir de justice et de décision sur tous. Un druide suprême (comme un pape en somme) régentait tout ce beau monde. Les druides, donc, pour contenter les dieux faisaient moult sacrifices organisés en rituels…cela faisait partie de la culture celte comme la baguette de pain fait partie de la culture française…Ainsi des livres d’histoire de primaire font référence aux sacrifices maya mais point ceux des gaulois…censure ou pas, l’histoire des peuple se raconte  souvent comme un roman dont on modèle à dessein la trame.

Voilà chacun en tirera les conclusions qu’il souhaite.

Quelques photos ci-dessus de l’après-midi à la plage de Mstangaboua que nous avons découverte le matin en balade.

Je dois dire que le récif frangeant face à cette plage est fabuleux, une variété de poissons étonnante, des coraux aux dimensions gargantuesques 4 à 5 mètres pour certains, coraux-cerveaux fabuleux, un barracuda aperçu de loin de taille impressionnante (je me suis gardé d’aller le rencontrer), un banc d’une dizaine de carangues approchant chacune le mètre et le clou de cette nage fut le magnifique nudibranche (lien du site le petit nudibranche…) jaune, occupé à brouter ses algues sur l’herbier  de transition entre la plage et le tombant;

c’est un animal petit (5-6cm) très mignon et superbe de surcroit.

Face à ce spectacle haut en couleurs, je m’attendais presque à y voir des requins ou une raie manta mais c’était bien sûr trop d’émotions en si peu de temps qui m’ont rendu un poil optimiste…ou irréaliste car requins et raies mantas font leurs ablutions au niveau de la barrière externe.

J’ajoute un mot sur le dugong puisque  l’effectif actuel à Mayotte n’est plus que de 5 individus…le dernier est mort l’an dernier noyé dans des filets de pêcheurs. Autant dire que sa viabilité est nulle et que Mayotte voit ses derniers dugongs parcourir les herbiers de son lagon.

Le Conseil Général de Mayotte est en déficit chronique, mis plus ou moins sous tutelle (je lis les journaux de loin parce que ces affaires d’économie politicienne ça me gonfle au possible, rien n’est clair et c’est un langage technique qui ne m’est pas familier!) les associations trinquent alors que les pontes continuent leur train de vie princier, le cinéma est arrêté, les grèves se préparent et le bordel ne fait que commencer, en attendant les subventions de l’Europe après la départementalisation en 2011.

Encore des kwassas-kwassas retrouvés à  moitié vide la semaine dernière à l’extérieur du lagon, autant dire que les survivants sont des hommes et que les disparus, femmes et enfants, ont servi de repas aux squales. Les hommes lorsque le bateau se remplit d’eau éjectent parfois les plus faibles à l’eau pour espérer flotter le plus longtemps possible  …c’est ainsi un moyen d’échapper à la gendarmerie, plus occupée ainsi à secourir les gens mis à la baille qu’à aborder les kwassas-kwassas à la dérive.

L’expérience leur a prouvé que bien souvent la technique des enfants jetés à l’eau est efficace pour parvenir à la côte sans subir d’abordage. Sale travail ensuite pour la police maritime et les gendarmes, qui reviennent de ces missions avec le moral entre les jambes.

Les petits corps sans vie sont parfois incomplets…

A chaque époque ses sacrifices: Mayotte, province de la Gaule…!

Apathie sous climat tropical, ô images à Claude Levi-Strauss

J’y ai crû ou plutôt je me suis presque forcé à le croire durant cette saison sèche que je pourrais trouver convenance au climat local; et bien non, le début de cette saison humide me rappelle que, vraiment, je ne suis pas fait pour vivre sous les tropiques équatoriaux. S’il en est, bien qu’il existe deux saisons ici, le forfait tout compris chaleur/humidité à partir de septembre me ramène immanquablement à une envie de couleurs automnales, de givre sur les arbres ou de paysages de neige silencieux.

Climat tropical ou climat équatorial?

Köppen définit le climat tropical comme compris entre 15 et 25 ° de latitude nord et sud avec température moyenne mensuelle supérieure à 18°C et des saisons basées sur les précipitations. Le climat équatorial est un cas particulier de climat tropical pour les lieux situés autour de la zone équatoriale, bien s’entend. L’équateur est balayé presque toute l’année par un régime de pluies quasi quotidiennes et est sujet à de très faibles variations de températures, celles-ci étant par ailleurs toujours chaudes. Les pays sujets à ce climat se reconnaissent: Guyanes, nord-Brésil, Guatemala, Congo, Papouasie, Indonésie…et j’en passe.

Ceci n’est pas une découverte!

Le climat tropical est très différent selon les régions puisque, outre la variante équatoriale, on distingue, le climat tropical de mousson (Inde, Asie du sud-est, Mayotte…), le tropical de savane (Mali, Mozambique…). Ces derniers présentent une saison sèche et une autre humide plus ou moins longue selon les particularités géomorphologiques de la région, la proximité de la mer, la distance à l’équateur…

A Mayotte la saison humide dure 8  mois pleins (octobre-avril) avec un maximum de précipitations de mi-novembre à début mars. La durée du jour varie très peu tout au long de l’année et tourne autour des 12h…ce qui signifie que les nuits sont longues tout autant que les jours mais le rappeler par des mots n’est pas vain.

Le régime habituel des pluies est apporté par des Cumulonimbus, rarement par des Cumulus congestus et celles-ci sont relativement brèves, de 5/10 minutes à plus rarement une heure. Il peut arriver qu’il y ait quelques crachins pendant quelques heures mais c’est anecdotique. Tout comme le sont les pluies données par des tempêtes tropicales ou des cyclones qui, dans ce cas, amènent un régime ininterrompu de pluies diluviennes durant 2, 3 ou 4 jours…anecdotique ne veut pas dire insignifiant! En outre, cyclones et tempêtes apportent leurs lots de Cumulonimbus (super-cellules) associés à des phénomènes électromagnétiques (orages) ou mécaniques (trombes, mer déchaînée…).

Les alizés sont des vents circulant grosso modo en marge de la zone équatoriale, donc dans la zone tropicale de l’est vers l’ouest qui soufflent durant la saison sèche, donc …donc pour ceux qui ne suivent pas, de mi-avril à octobre.

Je suis bienheureux de ne pas être en Thaïlande où la température en saison des pluies peut avoisiner 38-40°C mais là-bas en saison sèche il fait moins chaud qu’ici puisque c’est 29-34°C chaque jour de l’année à Mayotte.

Un ex-collègue de Fabienne qui habite Bamako nous disait hier que il prend des vacances au frais chaque année au cours de la saison chaude pour tenir le coup…Enfin tout cela n’est qu’ affaires de métros et de leur petits soucis de confort loin de ceux, plus vitaux, des autochtones.

Pour changer de sujet et rester dans l’actualité, on regardera ces images en pensant à la mémoire de Levi-Strauss: ça fera de bonne idées de lectures tiens, pour tous ceux qui ne l’ont pas lu! C’est qui ce type? Il a fait quoi? Je me suis dit cela pour la première fois quand Brel est mort: les bonbons, la valse à mille temps, les Marquises…quelle découverte. Allons, tous ignorants que nous sommes ( ceux qui ne se sentent pas dans l’ignorance se retirent tous seuls de cette phrase comme des grands comme ça ils ne se fâchent pas, mais de toutes façons s’ils se fâchent c’est qu’ils sont parfaitement ignorants…), lire quelques ouvrages de Levi-Strauss (lien) et tant qu’à faire retrouver Théodore Monod et les autres sur les chemins de la connaissance et de la sagesse. Bon je pensais qu’il était déjà mort depuis des décennies…aussi à vivre plus de cent ans ça fait bien longtemps qu’il a fait ses premiers travaux d’ethnologie…

Donc Fabienne, dans le cadre de la surveillance des cétacés autour de Mayotte, est allée faire un petit tour d’ULM (le tour du lagon) samedi matin et a fait quelques menues photos:

"Chhhhh formidaaable la-gon chhh...pendant des millions d'années...chhh...

Petite Terre: plage de Papani, haut lieu du braconnage des tortues

Petite Terre et lac Dzani: plage de Papani, haut lieu du braconnage des tortues, au loin Mamoudzou, à gauche

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Au nord de l'île: l'ilôt Mstamboro!

...

Ilôt de sable blanc de Salisey (cf. article précédent)

Ilôt de sable blanc de Salisey (cf. article précédent)

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Toutes ces images sont celles du récif externe, le récif frangeant à Mayotte est lui dans un état plus pitoyable comme je l’ai déjà relaté au cours de la saison des pluies passée, étouffé sous la pollution et les limons.

Aux dauphins de la liberté

Voici les “vacances d’automne” des enfants qui se terminent, nous sommes allés il y a 10 jours pour une virée dauphins et baleines avec les enfants puisque la précédente s’est effectuée sans eux, Fabienne et moi avions alors profité d’une journée école/centre aéré pour parader joyeusement sur le lagon avec un autre prestataire.

Cette journée, en me levant, avait commencé avec un ciel à la fois chargé et un vent non soutenu mais bien décelable. Aussi cela ne me plaisait guère puisque j’imaginais que non seulement l’océan indien devait être quelque peu agité mais aussi que la barrière de corail devait présenter quelques vagues bien prononcées avec comme conséquence de moindres chances de distinguer les cétacés ou même qu’ils daignent se montrer ce qui fait bien nuance!

Je ne vais pas faire un récit détaillé de cette journée car un article ou page prochaine relatera en détail notre journée “baleines” d’ il y a un mois et “quelques” autres considérations dont je me garde ici toute présentation, il me faudrait sans doute peaufiner ce texte et le compléter pendant des semaines pour en garantir la cohérence et la pertinence de son contenu.

Cependant les fronts de vagues délimitant le fameux récif externe laissait présager, lorsque nous l’approchions avec le zodiac en ce lundi d’octobre, quelques soubressaux soutenus. J’avais bien entendu déjà vu à la télévision comme tout le monde, le passage de récif par des barques au cours de reportages sur des peuplades maritimes en divers points du globe.

Parfois le reportage montrait que le bateau se retournait…

Au déjeuner à Dapani

Au déjeuner à Dapani

N’ayant aucune expérience en matière maritime, il m’était évident tout de même que le prestataire ne nous enverrait pas sur son navire si les conditions de mer devaient présenter quelques danger plus déraisonnable ce qui d’ailleurs se vérifia par le fait que le vent venant du nord, notre trajet nous a dirigé vers le sud de l’île. Seul le fait des heurts intempestifs des enfants-ballots m’inquiétait et l’avenir m’a donné raison. Les vagues n’étaient point exceptionnelles mais suffisantes pour nous faire prendre une bonne grosse douche et malmener dans tous les sens des moussaillons peu assurés.

L'ilot de sable blanc (jaune plutôt) en face Salizey

L'ilot de sable blanc (jaune plutôt) en face Salizey

Point de baleines ne furent vus par aucun navire ce jour-là mais un banc de dauphins nous a offert quelques moments d’un spectacle divertissant. La plage de Dapani a ouvert ses portes à notre déjeuner et l’après-midi s’est complété en petit bain dans le lagon pour voir une murène léopard peu farouche et une escapade sur l’ilot de sable blanc du sud, émergé en cette marée de morte eau. a noter que celui-ci ressemble globalement au banc de sable de Saint-Brevin l’Océan, accessible àpied à marée basse il y a quelques années…

Une famille de stennelles à long bec

Une famille de stennelles à long bec assurait le spectacle

A la mode mahoraise...

A la mode mahoraise...allô le globsmos, aliens en vue!

En dernières nouvelles, il m’a été donné quelques jours de bonne léthargie, avec compote totale au sens propre comme au figuré, par ce que j’attribuerais, sans certitude, à une intoxication alimentaire…

Peu d’écriture en un mois car je n’avais pas spécialement envie de communiquer mais plutôt de penser dans mon coin.

Et puis comme les femmes après l’enfantement je ne manque jamais d’avoir quelques mélancolie à la suite du retour de congés. L’apparition de chaleur humide présageant les conditions climatiques plus difficiles des mois prochains, ont quelque peu émoussé, de plus, mon plaisir à être à Mayotte.

En outre la rédaction de l’article sur les baleines m’a pris beaucoup de temps finalement et a balayé le désir de réaliser d’autres articles plus actuels.

Globalement je n’ai pas grand chose à dire sur Mayotte car sinon je vais entrer de nouveau dans une rédaction trop longue à mon goût. Hier une manifestation pour l’obtention d’un nouveau stade à Cavani a tourné à une mini-émeute que j’ai pu apprécier de mon balcon avec les jumelles: lacrymogènes contre cailloux….

Le Ballet de Mayotte effectue 4 représentations au cours des deux week-end qui viennent. Celle d’hier soir a montré la maîtrise de deux jeunes recrues qui accompagnaient le chorégraphe Jeff Ridjali et dont j’ai appris que l’un des deux jeunes danseurs n’a commencé la danse contemporaine que depuis un an après avoir fait du hip-hop, tout simplement impressionnant. Cette compagnie gagnerait à être soutenue moralement et la petite vingtaine de spectateurs d’hier soir est un pâle reflet de la qualité de ses prestations chorégraphiques.

Emilian a fait ses premiers matchs de foot officiels avec les minimes  au cours d’une rencontre amicale avec un autre club de Mamoudzou. Il est amusant de voir les très jeunes joueurs s’agglutiner systématiquement autour de la balle comme un troupeau de zèbre autour d’une mare ou de mouches sur une goutte de miel. Les joueurs adolescents ont présenté une technique de jeu plus en accord avec les standards habituels puisque passes et dribles ont honorés leur match; enfin les quelques 10 minutes que j’en ai vu parce que il ne faut pas exagérer non plus puisque le foot et moi ne sommes pas spécialement en accord de sainteté (…quand j’étais petit et qu’on s’amusait dans la rue, toute la marmaille de voisins que nous étions, j’étais goal ce qui me convenait tout à fait compte tenu de ma nullité à dribler, de ces jeux de pieds que je considérais d’ailleurs comme une activité brutale surtout quand grand frère Blup arrivait avec ses gros sabots! Dire que j’ai failli vouloir m’inscrire en club à 9 ans, heureusement l’idée m’est très vite passée…) et puis pour voir des joueurs professionnels passer du foot à la boxe crâniale…bof

Un dernier mot, décidément j’en ai marre d’en parler mais puisque cela inquiète tellement les nouveaux arrivants ou futurs désireux de venir ici. Cet été, la rencontre d’amis (qui se reconnaitront) ayant séjourné récemment quelques années à Kourou en Guyane m’a permis d’apprendre que la situation concernant vols et viols dans ce département français d’Amérique du sud est bien pire que celle de Mayotte. Nombre de personne ayant renoncé à sortir se promener seuls en Guyane ou même en petit nombre, à priori cette situation n’est pas nouvelle. Aussi quand on parle d’insécurité à Mayotte et si cela a fait grand bruit ces dernières années c’est surtout parce qu’elle a du être multipliée par 10 ou 20 fois en 5 ans et qu’elle était quasi nulle il y a encore 10 ans, ce qui, évidemment a constitué un choc quelque part pour les résidents de longue date et pour ceux qui avaient la situation antérieure en tête. Mayotte souhaite se mettre au niveau des Antilles et ce, dans tous les domaines…alors on y va gaiement! Voilà pour relativiser la situation de Mayotte qui n’a finalement rien d’exceptionnelle dans l’hémisphère des zones françaises peu sûres.

A plus que bientôt.

Le mont Choungui

Le mont Choungui est un sommet emblématique de Mayotte de part sa forme pyramidale et sa position de mât sur la tête de l’hippocampe mahorais. Le sud de l’île est dominé par ce sommet qui œuvre à son élégance avec les multiples baies, pointes rocheuses et plages qui configurent ses côtes.

Au début du sentier

Au début du sentier

Le chemin très court qui mène au sommet est cependant assez raide dans sa seconde partie et pour y parvenir, quelques pas nécessitent l’adjonction des mains sur les racines qui courent sur les rochers du sentier. La saison des pluies est totalement impropre à gravir cette montagnette de 594m (selon l’IGN)  c’est pourquoi septembre et octobre voient nombre farfadets s’enquérir de cette excursion dominicale.

Ceux-ci sont relativement pâles en général comparés à la population moyenne mahoraise mais ils gagnent rapidement des teintes rougeâtres avec l’altitude, les spécimens ayant le plus d’embonpoint finissent, en outre, lorsque la pente s’affirme redressée, par prendre des allures d’écrevisses que l’on a ébouillantées.

Sur les pentes

Sur les pentes

Un an sur Mayotte ne nous avait point décidé à entrevoir l’intérêt de nous y fourvoyer. Mais en ce début septembre, la fraîcheur relative de la température et la sécheresse du sol a contribué a nous motiver dans cette ascension.

Vue vers sud-est: pointe de Salizey

Vue vers sud-est: pointe de Salizey

Ascension est un bien grand mot puisque du parking il faut moins d’une heure pour arriver, voir même 3/4 h comme nous l’avons fait et si la raideur peut impressionner sur quelques passages ceux qui n’ont jamais fait séjour et conquête sommitales en haute montagne, la faible longueur du parcours laisse quelque peu sur la faim les randonneurs qui ont joie à gravir les sommets.

vue sur Kani-Keli

vue sur Kani-Keli

Toutefois le panorama du sommet est délicieux.

La vue y porte loin bien que, ce jour-là, les conditions atmosphériques affectant une transparence brumeuse ont abaissé notre plaisir. Les photographies, confectionnées de ce lieu, n’ont donc pas pu recevoir toute l’approbation esthétique qu’elles auraient mérité .

En suspension

En suspension (c'est pas nous....je précise)

Village de Dapani au loin

Village de Dapani au loin

La suite de la journée s’est poursuivie sans hâte vers une charmante plage déserte, Mtsanga Mtiti (“petite plage” en langue shimaoraise) à l’ombre des baobabs.
Qui dit désert à Mayotte, dit aussi “peu sûr” ce qui donne un peu de piquant aux paradisiaques conditions de baignade entrevues sur ces lieux.

Mtsanga Mtiti

Mtsanga Mtiti

Le Mont Choungui vu du sud

Le Mont Choungui vu du sud

Pour terminer un petit mot sur la situation du jour puisque cette journée remonte à plus de 6 semaines.

J’ai bien du retard dans l’élaboration de ces articles et comme la non envie et la lenteur de cette liaison internet ont contribué ensemble à m’éviter de m’introduire sur ce blog, cela ne m’a pas empêché de rédiger une “petite note qui sera bientôt (c’est juste le chargement des photos qui me retient encore dans l’édification de nouvel article) en ligne.

La chaleur arrive progressivement, disons plutôt que la sensation de chaleur provoquée par l’humidité gagne du terrain sur le jeu de la météorologie. Je croyais m’être habitué comme ils disent ici, ben non, je ne m’habitue pas, n’en déplaise aux écologues qui affirment qu’un individu s’adapte à son milieu et acquiert une résistance nouvelle petit à petit aux changements de son environnement. Cet été j’étais fort aise de me réveiller sous la fraîcheur matinale des ombrées pyrénéennes ou des collines du Massif Central et j’étais tout aussi indisposé des conditions orageuses que la métropole a su fournir au cours de l’été.

On se se refait pas, j’ai beau essayer d’aimer le climat équatorial humide, non franchement ça ne vient pas! Mais peut-être que le lavage de cerveau sous les trombes maoraises n’est pas encore accompli. Patience!

Et puis pour faire plaisir à ceux qui ne jurent que par chaleur et soleil: allez c’est super ici on transpire, on est crevé à rien faire et on a surtout pas envie de se balader au soleil en pleine journée…mais bon on le fait quand même parce que la nuit y’a les moustiques…

Et puis c’est si beau l’automne en France et ses teintes grandioses, ça c’est pour ragaillardir ceux qui pestent sur l’automne!

Remarquons que sur les photos en cette saison sèche, on voit bien que c’est tristounet  le paysage, même les baobabs sont dénudés, l’avantage c’est que c’est mieux pour voir leur architecture remarquable, comme quoi en tout il y a du bon et du moins bon.

Sur cet entre-mot taoïste, bonne journée et à bientôt au pays des makis sauteurs.

Mon email…

Comme certains cherchent à me joindre par mail, voici mon adresse qui doit être rectifiée selon l’indication plus bas:

mickael.biteau4497@@@orange.fr

 

Important:

l’adresse exacte apparaitra en  retirant @@ , ceci afin d’éviter les spams par les aspirateurs de site.

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