Mayotte est une ile des êtres!

Maéyotte (non y’a pas de faute c’est exprès) est sans doute en situation de répit, car que ce soient des wazoungous connaissant bien l’ile ou des anjouanais, les discours convergent. Est-ce parce que les wazoungous répètent ce que disent les anjouanais ou bien parce qu’eux-mêmes observent la situation avec acuité?

Le wazoungou éclairé (par lui-même, c’est déjà ça) dira que la plupart des comoriens illégaux se rebelleront un jour car ils sont exploités par les mahorais que ce soit par la location d’un logement de tôles à prix prohibitif ou par le travail non déclaré et parfois non payé…La plupart des maisons pour les mahorais  sont bâties par des illégaux en toute bonne rentabilité pour ces mêmes mahorais. Les travaux aux champs sont dans une situation identiques, quant aux petits artisans, la compétence bon marché des anjouanais fait leur bonheur. Ceci n’est bien sûr vrai qu’à 70% ou moins je ne sais pas exactement mais le phénomène est assez répandu pour être considéré comme une pratique usuelle,…le reste étant certainement exempt de tous reproches, huglp.

Rue du commerce juin 2010

Mayotte n’est pas unique en son genre, beaucoup d’habitués des Outre-mer (ceux qui tournent quasi exclusivement dans les dom-tom depuis 10 ou 20 ans) racontent que cela est similaire en Martinique, Guadeloupe, Nouvelle-Calédonie et le tout avec une mention spéciale en Guyane.

Similaire mais pas identique chaque ile ayant une culture particulière et ses spécificités évidemment.

Enfin beaucoup d’outre-marins, venant  des Antilles ou d’ailleurs (je parle des grosses iles pas Wallis, Glorieuses etc…), sont déçus par Mayotte. La brousse n’est pas l’Amazonie (dixit), c’est pollué, ça déraille de tous côtés etc. Évidemment quand on s’attend à arriver aux Seychelles, Mayotte semble un navet. La vision, comme je l’ai maintes fois dit, d’un lieu dépend autant de ce qu’il y a de réel que de ce que l’on y attend et espère. De Mayotte, ne sachant rien, je n’espérais que la chaleur humaine africaine, je suis en partie déçu du fait de cette réserve et du racisme parfois qui a cours ici.

Certes.

Ainsi Mayotte accumule tous les beaucoup de problèmes, si la Guyane a des soucis d’immigration, de violences, de pauvreté, de pollution, tout comme ici, elle est cependant bien plus vaste que Mayotte, plus préservée (!), moins peuplée en densité, et dispose d’un pôle stratégique et économique incontournable en la base de lancement spatial de Kourou. Elle a aussi des serpents venimeux et des moustiques vecteurs, des chercheurs d’or peu catholiques et des excités de la gâchette sans scrupules, les vols sont aussi courants si ce n’est plus qu’à Mayotte… et le climat est équatorial, c’est aussi un eldorado de bandits et d’escrocs il faut le dire (pire que la région parisienne et le Var?), cependant des résidents s’y sentent bien aussi et en gardent un bon souvenir quand ils n’ont pas subit certaines viscissitudes locales.

Tout comme à Mayotte, à chacun son expérience.

Les mahorais ont voulu être français pour ne plus être comoriens et malgré que de nombreux mariages à Mayotte ont lieu entre mahorais et comoriennes (c’est plus souvent dans ce sens là qu’entre mahoraises et comoriens) et que beaucoup de familles ont des membres de part et d’autres des îles comoriennes il existe une animosité latente ou exprimée parfois, depuis fort longtemps entre les mahorais et les autres comoriens.

Quoi qu’il en soit de ces clichés qui circulent dans les Comores (à chaque ile est attribué, par les comoriens, un qualificatif résumant le comportement des iliens), ces 4 îles sont indissociables tant du point de vue géographique que culturel ou communautaire. Du point de vue politique c’est là que le bât blesse puisque une frontière artificielle s’est crée depuis la partition de 1975 rendant les trois autres îles des Comores à leur indépendance (Union des Comores).

Des tensions en résultent dans les villages de Mayotte, certains mahorais en ont marre des clandestins anjouanais qui viennent “manger leur pain” et prendre leur travail, les comoriens dans l’illégalité s’insurgent contre les mahorais qui exploitent leur misère et leur dépendance ou les dénonce aussi parfois quand ce n’est pas pour les lyncher.

Des mariages et des relations familiales nombreuses aussi entre Mayotte et les autres iles (Comores, Madagascar, Réunion), il y a.

rue du commerce juin 2010

La surpopulation engendre de nouveaux problèmes relatifs à la territorialité, aux surfaces d’exploitations vivrières, aux élevages, au partage du gâteau…

Le Conseil Général est mis sous tutelle de la préfecture depuis un an je crois car celui-ci a accumulé un déficit colossal depuis 10 ans. Évidemment tout le monde s’est servi au passage, le Conseil Général de Mayotte est le premier employeur de la famille et des amis…ici les jeunes s’en fichent de ne pas être bons élèves à l’école puisque le Conseil Général veillera à leur emploi en sur-nombre. Enfin ce ne sera  plus possible bientôt sauf que la quantité d’employés non qualifiés (pour rester poli ) va sans doute rester en place un moment. La section culturelle du Conseil Général emploie d’après mes souvenirs environ une quarantaine de personnes, chacune dispose d’un bureau, vide de tous dossiers la plupart du temps et pour cause.

Travaux rue du commerce, juin 2010

Bref on pourrait passer des heures à casser du sucre de canne. La tradition africaine, si magnifique soit-elle (malgré ses inconvénients pour le jeune mahorais et la jeune mahoraise en 2010) à être solidaire avec la famille, trouve ses limites quand elle doit s’adapter au fonctionnement de l’administration française. Ces deux conceptions de sociétés ne sont pas compatibles en l’état. Chacune doit s’adapter ou l’une en pâtira.

La plupart des jeunes rencontrés sur l’ile veulent fuir leurs traditions ou plutôt fuir la main-mise sociale restreignant leur liberté personnelle. La culture musulmane de Mayotte est en outre une spécificité que n’ont pas les autres outremers français qui sont plutôt de religion catholique dans l’ensemble.

Quand les jeunes ne veulent ou ne peuvent pas se faire embaucher au Conseil Général, ils se destinent à quitter l’ile où ils auront bien du mal à trouver du travail puisque leur niveau de diplôme est statistiquement bien inférieur à ceux des autres français (cf.  la situation scolaire sur l’île qui engendre, à postériori, un taux d’échec exceptionnellement haut dans les études supérieures réalisée en métropole française) et s’il est équivalent, leur compétence linguistique en dessous du niveau moyen en métropole, en langue française (seconde langue pour eux…), leur sera toujours défavorable dans la moindre lettre de candidature (et cela malgré le niveau en orthographe et syntaxe bien souvent pitoyable de  la jeunesse actuelle).

Bien sûr, exceptions il y a, mais même avec la meilleure volonté, trouver un travail pour un mahorais est un parcours plus que difficile, d’autant plus depuis quelques mois comme c’est le cas pour tous et cela ne va pas s’arranger avec la mise en place du département et l’arrivée de mahorais expatriés actuellement.

couleurs locales

Donc les anjouanais laissent entendre qu’un jour il peut y avoir une rébellion et les wazoungous avisés (qu’ils soient flics ou simples quidams) laissent entrevoir la même chose. Quatre possibilités peuvent survenir: les mahorais se rebellent contre les clandestins…les clandestins se rebellent contre les mahorais…les clandestins se rebellent contre les blancs…les clandestins se rebellent contre  les mahorais de souche et les blancs. Tout cela amenant une belle pagaille et certainement des drames.

Pourquoi affirmer cela? Car nombre d’observateurs ont vu de leur propre yeux des situations à problème (arrestation d’un voleur, manifestation, accident routier, querelles de voisinage …) se transformer en lynchage collectif et violences exacerbées.

Personne n’est dupe sur l’ile et les acteurs de la sécurité sont parfaitement au fait de cette situation sociale.

Comme je disais auparavant, sur une ile comme Mayotte, on en vient rapidement à côtoyer des gens dont l’activité présente un rouage important de l’ile dans le domaine public ou privé: RG, policiers, profs, DDE, DAF, trésorerie, politiques, commerçants etc.

Chacun amenant une pierre de son expérience locale ou plus lointaine…en recollant les morceaux cela amène à avoir un point de vue qui n’enjoint pas à vouloir s’attarder dans les années qui viennent sur l’ile. Malheureusement, car celle-ci peut offrir un contentement rapide à celui qui y vient en vacances.

Entre les réfractaires où tout est nul et négatif à Mayotte  et ceux qui s’en fichent ou n’y voient que les côtés ensoleillés, il y a un milieu qui peut lui-même se modeler selon plusieurs points de vues.

L’évolution négative du comportement des lycéens et collégiens est aussi notifiée par nombre de profs ayant séjourné plusieurs fois depuis 15 ans à Mayotte.  Malgré cela Mayotte est encore loin de l’ insécurité scolaire de certaines villes de France hexagonale.

Alors quel avenir pour les habitants de l’île? Blancs, rouges, noirs, gris, marrons, bleus, verts, roses ou jaunes peu importe, les habitants sont ceux qui sont présents à une date donnée sur l’ile,  et il sera bien difficile de dire qui en pâtira le plus. Et bien là je n’ai plus rien à dire, le lecteur inventera un scénario  de son choix.

Comme qui dirait, ça passera ou ça cassera.

Cette description à connotation négative n’a pas pour but d’enfoncer qui que ce soit (euh c’est trop tard!) mais il faut bien constater qu’ici: les problèmes sont amples et délicats et malgré que ce soit la France, on est bien en Afrique.

Un maire célèbre ici a ainsi résumé la situation après avoir perdu les élection locales: ” je me suis bien servi avec famille et amis mais ce changement électoral va vider les caisses une nouvelle fois car de mon côté la chose avait été faite et n’était plus à faire.” Autrement dit: après moi, chacun de l’autre camp prendra sa part qui lui est “due”.

Etre ou ne pas être à Mayotte, telle est la question que beaucoup se posent.

Parc marin de Mayotte: quelle magnifique idée inutile.

Mayotte, on y pense comme un bout de terre isolé du reste du monde, on y pense comme une perle posée sur l’océan, on y pense comme un roc conquis sur les indigènes, on y pense comme une parenthèse dans un monde effervescent, on y pense comme une image dorée sous l’écume ventée, on y pense comme la perfidie du mensonge au-de-là des rêves, Mayotte est nombreuse sous son couvert de forêt tropicale Mayotte est riche par ses compositions de récifs aux voutes palatines et joyeuses.

Mayotte est une île, certes, mais une île c’est quoi? C’est une terre entièrement séparée du reste des autres terres par un océan ou par une mer, par une étendue d’eau plus simplement. Séparée visuellement ou en liaison pédestre pour un humain car Mayotte n’est pas un bouchon sur l’océan bien entendu, Mayotte est posée sur un socle continental sous-marin, une plaque comme on dit, parmi la multitude qui recouvre le magma. Mayotte est donc un morceau qui émerge, l’île sus-nommée n’est qu’un lieu au-dessus des eaux. Sa particularité est d’être petite comparée à une île comme la Grande-Bretagne ou l’Australie ou même les Amériques.

Toute plaque émergeant est une île à mes yeux tout comme aux yeux de Titouan qui en faisait la remarque l’autre jour.

Toutes les terres émergées sont des îles qui ne se différentient que par leurs dimensions et leur stabilité dans le temps. Les Amériques vont mettre des centaines de millions d’années à disparaître tandis que Mayotte ne sera plus visible au-dessus  des eaux dans quelques millions d’années.

Alors si Mayotte est l’un des dix endroits au monde possédant une double barrière de corail, si le lagon contient 300 espèces de coraux (sur un total de 800 espèces dans le monde) répartis sur 157km de récifs et 700 espèces de poissons, 24 espèces de requins, 22 espèces de mammifères marins, si Mayotte possède encore une forêt où vit la sous-espèces endémique le lémurien Eulemur fulvus mayottensis dont les spécificités biologiques, éthologiques et sociales restent inconnues de la science faute de volonté scientifique, si la faune et la flore terrestre ont été négligées si longtemps sur l’île, si on constate à quel point tout cela s’amenuisera dans le futur comment peut-on faire la leçon au Brésil, à la Chine, à un quelconque pays quand la France fait des pirouettes grandiloquentes et laisse périr ses lagons et forêts tropicales ou équatoriales malgré ses discours et décrets inutiles. On peut certes souligner, en parallèle, l’inutilité même de mon discours.

Ainsi, le président français a-t-il fait bonne figure auprès des instances internationales (afin de respecter le quota international en matière de zone protégée…[pas le temps de rechercher le texte...ma source orale est sûre et compétente]) en signant par-dessus la jambe le décret de création du parc marin de Mayotte.

Ce parc, qui date donc de janvier 2010,  ” va permettre de mobiliser les fonds et l’énergie nécessaires” pour traiter ces problèmes ainsi que ceux de la sur-pêche industrielle à proximité de l’archipel” dit Madame Jouanno, ministre de l’environnement.

Or quand on sait que c’est la France qui tire bénéfice et autorise la sur-pêche industrielle espagnole dans ses eaux territoriales de l’océan indien on croît rêver sur l’utilité de tous ces discours contradictoires (m’enfin ce n’est pas nouveau et on n’a pas inventé l’eau chaude comme dirait le thermodynamicien B. Cassagne célèbre pour ses blagues et son humour irrésistible pendant ses cours).

http://www.uicn.fr/IMG/pdf/07_UICN_2003_Biodiv_OM_-_Mayotte.pdf un résumé de la biodiversité maoraise

La semaine de l’environnement a eue lieu à Mayotte comme partout ailleurs et il est assez formidable de voir que les déchets de la manifestation sont allés remplir toutes les poubelles du village grâce à la camionnette de la DAF sans aucun tri manifeste.

De plus nombre de sites où la mangrove est coupée par des individus parfaitement identifiés restent en l’état, il ne suffira pas de dire que le parc existe alors même que les deux agents qui sont assignés à ses 70000km2 restent dans leur case de Mamoudzou…que rien n’est fait pour empêcher les dégradations actuelles parce que chacun se renvoie la balle, que le manque de personnel est cruel et que rien n’est structuré en la matière. Et même quand c’est structuré, ça ne bouge pas d’un poil ou bien ce sont les maires qui bloquent bien des choses ici.

Apparemment nombre de personnes savent ce qui ne va pas et ce qu’il faut faire mais les réunions n’aboutissent à rien.

Quand au lagon je ne ferai que le répéter tellement c’est urgent et dépitant, pour le préserver à court terme il faudra s’occuper dès à présent de l’érosion, des brulis anarchiques et de la gestion agricole de l’île. Les travaux urbains et ceux de la DDE occasionnent en saison des pluies une érosion affligeante. En deux saisons des pluies, les zones du récif frangeant que nous avons pu observer se  sont dégradées considérablement, en ce moment sur bien des côtes, on ne voit même pas à 3 ou 5 mètres et tous ces sédiments posent sur chaque corail son manteau de mort.

Une vraie étude et concertation DDE-Ministère Agriculture/DAF-PARC marin-Conseil général- Préfecture- Agriculteurs- Pêcheurs- Mairies -et autres acteurs de l’île devraient être entreprise d’urgence afin de stopper le processus de dégradation actuel en apportant des solutions simples et efficaces (qui ne sont pas difficiles à trouver), les moyens financiers de mise en oeuvre et un schéma structurel d’action des différents partenaires: qui fait quoi, quand, comment et avec quel argent!

Actuellement chacun oeuvre dans son coin et le récif côtier se meurt à chaque  saison humide. Pour l’image, les uns essayent de réparer un pneu de bagnole avec une rustine à vélo… les autres continuent de lacérer ces pneus avec des poignards, d’autres les mettent dans le lagon…d’autres enfin s’en servent pour faire de la revégétalisation (si si!!!).

Diplômes et bon sens ne sont pas forcément associés…malheureusement. A quand une épreuve de bon sens pratique  pour chaque  diplôme, ça éviterait à certains employeurs d’embaucher des tartes au cerveau pourtant érudit.

Attendre dix ans…que Mayotte soit mieux structurée sera trop tard, les touristes partiront ailleurs et les maorais se retrouveront avec un cimetière en guise de tombant, l’île ne pourra que perdre de son aura et en pâtira économiquement.

Au fait les flics ont des quotas de clandestins à mettre en benne chaque semaine…ils vont les chercher dans les maisons, ils les attendent embusqués dans les fourrés au bord des routes (je l’ai vu de mes yeux vus) comme entemps de guerre et se jettent dessus quand ils passent (à pied, en moto, en taxi). Ensuite tout cela part en camion/grillagé …des images d’une autre époque. Le problème des Comores est aussi un problème français et ce n’est pas en lâchant les comoriens il y a 35 ans qu’on s’est débarassé du reste des Comores. La France est en partie responsable avec l’aide de Bob Dénard  (à la solde de la France) de la situation actuelle des Comores.

Bref on peut renvoyer tous les ans …c’est comme les rustines sur les pneus percés ça n’empêchera pas d’autres de les transpercer avec des chumbos et l’air de s’échapper!

Mayotte, province de la Gaule

Ce mercredi 11 novembre comme non de coutume, Fabienne et moi sommes allés nous promener à moto car les enfants avaient école (ben oui un 11 novembre, les métros ici ne savent plus qui ils sont…). Ce fut aussi l’occasion à Fabienne d’essayer la moto afin de voir si elle serait apte en conscience à utiliser le deux-roues à moteur disponible pour les agents de son service.

L’essai a eu lieu sur le parking du centre commercial et il a confirmé que si Fabienne n’est pas une brêle sur un deux-roues elle a quand même grand besoin, comme quasi tout le monde, de cours complets de moto-école afin de rouler avec un minimum d’expériences et de conseils avisés, de conseils qu’elle daignera écouter…devrais-je dire.

Après ces quelques moments d’inquiétude, j’ai repris le guidon et nous avons fait le tour nord de l’île.

Notre principale surprise a été de voir un caméléon sur la route!!!

Enfin! mon premier caméléon après un an sur l’île… je finissais par croire que le caméléon était une légende comme la licorne ou le sphinx et bien non ça existe bien et ça se cache très bien aussi…car si le vert de sa peau était éclatant sur nos mains il est devenu marron comme celui de l’écorce de l’arbre sur lequel on l’a posé ensuite.

C’est un animal très mignon avec ses deux doigts opposés et ses yeux de fou!

Vue de Mtsamboro

Nous avons tant traîné en route jusqu’à Mtsangaboua qu’il a fallut, au retour, rouler plus dynamique (léger parce que, à écouter les conseils de Fabienne [arrivant à 50m d'un stop et toujours derrière un camion: "vas-y double..." euh oui certainement, puisqu'il y a un trottoir de dégagement au milieu de la chaussée à l'arrivée au stop et du gravier et du sable au sol...c'est une bonne idée!], et vu ma maîtrise plus qu’incertaine de la moto, nous aurions certainement côtoyé les anges…ou notre ami Mercurochrome et Plâtre_à_gogo)    pour être à l’heure pour chercher les enfants à l’école.

maison en construction…plus que cinq ans de travaux…allez on y croit!

Au second plan à gauche: défrichement autour du village; troisième plan, à droite: la forêt tropicale et quelques pentes de cultures verdoyantes

Fabienne avait mal aux fesses et je la comprends car être passager sur une moto est à la fois ennuyeux et inconfortable.

Ce qui est sûr c’est que Fabienne est convaincue, à présent, que même pour utiliser une moto 125 cm3 il faut passer le permis moto ou tout au moins prendre des leçons de plateau, essai réussi!

Mais si permis nouveau elle doit passer, elle préfèrera s’orienter vers un permis hauturier en priorité. Ce n’est donc pas de sitôt qu’elle utilisera une bécane.

Je trouve cela tellement dangereux un deux-roues pour le pilote qu’ on devrait d’ailleurs limiter leur puissance non pas à 100cv mais à 40 ou 50cv ça ferait certainement moins de morts…dans les arbres ou dans les glissières de sécurité.

Ceci est un autre débat mais je reviens quand même au thème des véhicules de course que l’on vend à quiconque que ce soit en deux ou quatre roues. Heureux les constructeurs qui fabriquent des machines filant à 200km/h et plus quand les routes sont limitées à 130km/h. Actuellement il n’est pas possible de trouver une berline familiale qui a du répondant pour doubler sans risque ou ne pas exploser son moteur en montagne et une vitesse de pointe en-dessous de 200km/h.

Bientôt on vendra des canons portatifs à ogive nucléaire pour défendre son jardin et les autorités diront que le propriétaire qui a utilisé son arme contre un chien qui entrait dans son jardin est totalement responsable… ainsi c’est de sa faute si la ville a été rayé de la carte…oui quelque part ce sera de sa faute mais on l’y aura bien aidé..bref, pas le temps de tergiverser sur le débat philosophique des causes imbriquées et de la responsabilité morale des actes humains ou de la moralité des lois humaines.

Banga moderne... en tôle

On ne peut pas donner des allumettes et une bouteille de gaz à un gamin sans mauvaise conscience alors que faisons-nous du reste? De nos armes sans cesse plus destructrices, de nos véhicules encore plus silencieux, confortables, sûrs et rapides…nous cherchons quoi? L’efficacité ou la liberté du risque assumé?

Plage de Mtsangadoua

Sous couvert de liberté le monde moderne peut toujours se donner bonne conscience mais compte tenu de la densité de population dans nos villes modernes et des outils que nous utilisons il n’est plus possible de conserver les dogmes du siècle dernier pour toutes choses.

La liberté est inversement proportionnelle au-delà d’un certain seuil de densité de population, seuil que nous avons atteint depuis bien longtemps. En-dessous de ce seuil, les autres sont une aide, au-dessus les autres sont une contrainte, c’est inéluctable dans les systèmes complexes. Le volume, dit d’intégrité individuelle diminue proportionnellement à la densité de population. Les écueils psycho-sociaux, pour parer à cela, devraient être modifiés radicalement: perte du sentiment de pudeur, perte de l’appropriation du soi physique, nous devrions a&insi adopter une structure sociale telle celle des cellules dans un organe…ou des fourmis dans leur royaume.

Notre écosystème / socioculturel humain n’ échappe pas à ces contraintes et un livre entier pourrait faire l’objet des développements  de cette dernière thèse.

Banga moderne enduit et joli

Tout grand changement est risqué, le peu de sagesse du monde (depuis toujours faudrait-il préciser) me fait craindre un monde plus dictatorial ou anarchique (contrairement à ce que l’on croît l’anarchie en ce bas monde est réservée aux riches et aux puissants qui,…sans scrupules, blasphèment les lois qu’ils instaurent et surtout sont au-dessus de la justice qu’ils érigent en dieu face aux citoyens) compte tenu de la structure de nos sociétés et de nos technologies sans éthique.

A propos.

Je sais que personne ne m’a obligé à rouler de manière irraisonnée dans ma jeunesse et c’est un débat sans cesse renouvelé que d’amalgamer ou non: outils/environnement/capacités, en un tout gélatineux mais quelque part je savais bien que la moto avant un certain âge n’était pas adaptée à mon cas; déjà que je roulais parfois sur deux roues en auto…je ne souhaitais pas voir mon permis motard  se transformer en permis avionneur ou astronaute…

Comme dit la blague du motard: wheeling sans les mains…, sans les pieds…, sans les roues…puis sans la tête!

A l’ère de la réduction des dépenses énergétiques, les constructeurs de motos s’orientent de plus en plus vers l’augmentation des cylindrées: 1500, 1800, 2500 cm3 sont maintenant courantes pour les plus gros moteurs or une moto n’a jamais emmené plus de deux personnes et quelques menus bagages mais heureux doivent être les possesseurs d’un deux-roues alignant vaillamment les 250km/h et heureux sont les pompiers mettant ensuite des morceaux de barbaques dans les sacs, ça leur fait moins mal au dos …et puis d’une pierre deux coups, les hôpitaux manquant de personnel…

Bon passons. C’était juste une pensée qui passait.

Plage de Mtsangaboua

On parle souvent des peuples à l’autre bout du monde qui sacrifiaient des humains de leur tribu ou d’ailleurs; les mayas, certaines tribus d’Océanie et bien d’autres..on cite ceux-là car …car…loin de notre formidable culture moderne d’origine celte.

Or il suffit de lire le récit de la guerre des Gaules de Jules César (dont les faits ici sont confirmés par des fouilles archéologiques, il s’entend) pour apprendre que les celtes gaulois dont l’organisation sociale était séparée en trois groupes: les manants (le tout-venant au statut soumis au deux suivant), les guerriers (équivalent à une certaine aristocratie) et les druides ayant pouvoir de justice et de décision sur tous. Un druide suprême (comme un pape en somme) régentait tout ce beau monde. Les druides, donc, pour contenter les dieux faisaient moult sacrifices organisés en rituels…cela faisait partie de la culture celte comme la baguette de pain fait partie de la culture française…Ainsi des livres d’histoire de primaire font référence aux sacrifices maya mais point ceux des gaulois…censure ou pas, l’histoire des peuple se raconte  souvent comme un roman dont on modèle à dessein la trame.

Voilà chacun en tirera les conclusions qu’il souhaite.

Quelques photos ci-dessus de l’après-midi à la plage de Mstangaboua que nous avons découverte le matin en balade.

Je dois dire que le récif frangeant face à cette plage est fabuleux, une variété de poissons étonnante, des coraux aux dimensions gargantuesques 4 à 5 mètres pour certains, coraux-cerveaux fabuleux, un barracuda aperçu de loin de taille impressionnante (je me suis gardé d’aller le rencontrer), un banc d’une dizaine de carangues approchant chacune le mètre et le clou de cette nage fut le magnifique nudibranche (lien du site le petit nudibranche…) jaune, occupé à brouter ses algues sur l’herbier  de transition entre la plage et le tombant;

c’est un animal petit (5-6cm) très mignon et superbe de surcroit.

Face à ce spectacle haut en couleurs, je m’attendais presque à y voir des requins ou une raie manta mais c’était bien sûr trop d’émotions en si peu de temps qui m’ont rendu un poil optimiste…ou irréaliste car requins et raies mantas font leurs ablutions au niveau de la barrière externe.

J’ajoute un mot sur le dugong puisque  l’effectif actuel à Mayotte n’est plus que de 5 individus…le dernier est mort l’an dernier noyé dans des filets de pêcheurs. Autant dire que sa viabilité est nulle et que Mayotte voit ses derniers dugongs parcourir les herbiers de son lagon.

Le Conseil Général de Mayotte est en déficit chronique, mis plus ou moins sous tutelle (je lis les journaux de loin parce que ces affaires d’économie politicienne ça me gonfle au possible, rien n’est clair et c’est un langage technique qui ne m’est pas familier!) les associations trinquent alors que les pontes continuent leur train de vie princier, le cinéma est arrêté, les grèves se préparent et le bordel ne fait que commencer, en attendant les subventions de l’Europe après la départementalisation en 2011.

Encore des kwassas-kwassas retrouvés à  moitié vide la semaine dernière à l’extérieur du lagon, autant dire que les survivants sont des hommes et que les disparus, femmes et enfants, ont servi de repas aux squales. Les hommes lorsque le bateau se remplit d’eau éjectent parfois les plus faibles à l’eau pour espérer flotter le plus longtemps possible  …c’est ainsi un moyen d’échapper à la gendarmerie, plus occupée ainsi à secourir les gens mis à la baille qu’à aborder les kwassas-kwassas à la dérive.

L’expérience leur a prouvé que bien souvent la technique des enfants jetés à l’eau est efficace pour parvenir à la côte sans subir d’abordage. Sale travail ensuite pour la police maritime et les gendarmes, qui reviennent de ces missions avec le moral entre les jambes.

Les petits corps sans vie sont parfois incomplets…

A chaque époque ses sacrifices: Mayotte, province de la Gaule…!

Mon email…

Comme certains cherchent à me joindre par mail, voici mon adresse qui doit être rectifiée selon l’indication plus bas:

mickael.biteau4497@@@orange.fr

 

Important:

l’adresse exacte apparaitra en  retirant @@ , ceci afin d’éviter les spams par les aspirateurs de site.

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