Je me pose souvent cette question de fond: c’est une question sur le bonheur. Puisque c’est vrai le monde est axé sur une recherche du bonheur et du bien être maximal.
Question philosophique…le bonheur existe-t’ il vraiment?
Partout on peut le constater et je me rappelle bien du titre d’un livre d’un philosophe dont je ne me souviens plus le nom: nous sommes dans la société du spectacle. Pour ma part je n’ai pas cette conception des choses. D’ailleurs on devrait faire un parallèle avec la tendance au jeunisme de nos sociétés modernes car pour une personne qui a un tant soit peu d’expérience ( plus de 30 ans on va dire) la notion du bonheur est plus mitigé ; les nuances sont plus perceptibles dans la réalité des choses.
Tout cela est d’ailleurs visible dans les conceptions à court terme de nos modèles économique-philosophique…..dans la vision même de la vie au quotidien tout est fait pour que nous n’ayons pas à nous poser de questions fondamentales.
Je n’adhère pas à la vision, à la pensée unique selon laquelle il va de soit que la vie est “belle” ou alors je nuancerais tout cela. Comment considérer que la vie est “belle” au sens naïf du terme, je ne rappellerai pas les nombreuses injustices qui règnent au cœur de la vie humaine.. l’inégalité nord/sud l’hypocrisie globale le non-sens aberrant de la société capitaliste, alors comment justifier la naïveté de ce jeunisme ambiant.
Vous l’aurez compris je suis plus houellebecq et j’affirme en tout cas qu’il y a une certaine fierté a conserver un minimum d’esprit critique pour ne pas tomber dans la niaiserie.
Alors lorsqu’on me dit la vie est belle je me dis mais d’ou venez-vous de quelle planète irréelle descendez-vous.
Oui la vie est belle dans un certain sens: un coucher de soleil est beau il n’est ni bon ni mauvais il est beau la vie est belle comme une tragédie peut l’être. Nous sommes la seule espèce à avoir cette conception du bien et du mal.
La vie est belle …. la vie est multiple changeante évolutive l’attachement empêche de voir la vraie beauté des choses.
La vie est plaisir est souffrance et tout cela est une tragédie et c’est beau voilà le sens que je donnerai aujourd’hui à cette affirmation “la vie est belle”.
Il ne peut y avoir de bonheur sans prendre conscience de la souffrance de l’être qui s’impose à nous. Il ne peut y avoir de bonheur à vivre isolé de cette réalité. Il faut une fois pour toute tirer un trait sur un paradis qui existerait au-delà de la réalité tout cela est illusion des sens. La réalité est souffrance et plaisir mélé et au delà de tout cela nous sommes la seule espèce qui en prend conscience car de manière ultime ni le bien (plaisir) ni le mal (souffrance) n’existe… des galaxies disparaissent dans le silence du cosmos anéantissant des billiards de vie….. ni bien ni mal….changement…. Dieu est cela, au delà du bien et du mal, notre corps de chair nous trompe…. Dieu est au dela du bien et du mal voilà ma conclusion c’est mon corps qui est insuffisamment transcendant pour appréhender la réalité divine … mais mon esprit lui le peut …presque!
Bruno Boissie
21 janvier 2009 à 9 h 48 min
Beaucoup de thèmes de réflexion en une courte prose…
Avant tout cette question du bonheur n’est pas à chercher dans l’autre ou dans les choses autour de soi, le bonheur est un état d’esprit, état qu’il n’est bien sûr pas vraiment possible de garder de manière continuelle. Car l’homme est changement et subit des contraintes qui l’affectent.
Existe-t-il des personnes ne connaissant que le bonheur? Qui même sous le joug de bourreaux continuent à être heureuses?
On peut soumettre comme exemple les résistants pendant la seconde guerre mondiale qui malgré les souffrances physiques et la déchéance de leur corps meurtri continuaient d’espérer par le travail qu’elles savaient continuer en discrétion par leurs amis de résistance encore libres. L’espoir dans ce cas, l’espérance de temps meilleurs, la volonté de ne pas abandonner ni faiblir sous la menace, la croyance forte en la loi du bon qui prend toujours le pas sur le mauvais font de ces esprits des œuvres de paix intérieure, des œuvres puissantes où le bonheur lié à cet espoir ineffable en un monde meilleur permet non d’effacer les souffrances mais de les recouvrir du voile coloré du rêve.
Les mots employés sont similaires à ceux des textes religieux: espérance, croyance…parce que à cet espoir en l’Homme, sans doute ces personnes avaient-elles en plus l’espoir d’un au-delà paradisiaque pour elles comme le christianisme/judaïsme l’affirme.
Le bonheur n’est pas le monde extérieur mais bien un état d’esprit. Evidemment dira-t-on, tout est pensées!
A la question le bonheur existe-t-il, je répondrais oui car la définition du bonheur est celle d’un état d’esprit léger qui, à la perception des sens, interprète cela comme un bien-être pour lui. Et le bien-être est aussi multiple qu’il y a d’esprits, d’individus différents. Le bonheur des uns peut être le malheur des autres.
Rien dans le vivant n’est absolu, simple, immuable. Trouver son bonheur dans l’informatique pour les uns, sera une souffrance pour les autres, être rougissant sur une plage ensoleillée pour les uns sera dépit, lassitude et ennui pour d’autres. Chaque individu se crée des images de son propre bonheur, qu’il essaie de rendre réelles.
Le prime enfant est heureux tout d’abord dans ses besoins primaires: satiété, chaleur humaine, communication.
En grandissant il enrichit ses rêves et ses besoins: par des activités physiques, intellectuelles et sociales.
Pour trouver le bonheur il faut savoir prendre le meilleur d’une situation, ne pas être trop exigent, ne pas espérer que le monde soit parfait, qu’il ressemble à l’image d’un rêve trop riche, trop idyllique, trop inaccessible.
Trouver son bonheur c’est parfois paraître associable, égoïste, radin, arriviste ou mauvais…, parce que le bonheur est aussi égoïsme, il est comme écrit plus haut, multiple, donc pas toujours une qualité d’échange bénéficiaire envers autrui.
Mère Térésa a écrit qu’elle trouvait son bonheur à aider les gens, si cela peut paraître accordé à la bienséance humaine, au sens du bon que l’humain s’est donné, à l’esprit d’humanité donc il n’en est pas moins que sa vie était avant tout une recherche de son bonheur, bonheur et joie qu’elle trouvait dans l’aide aux autres, dans la satisfaction de guérir, de rendre des sourires aux êtres souffrants.
Pourtant nombre de gens, dans la discrétion de chaque jour, sont à ce point humbles qu’elles font des choses non pour leur propre bonheur mais pour celui des autres. Sans négliger tout ce qu’elle a apporté au monde ou jeter quelconque blâme ou sentence sur Mère Térésa, celle-ci a consacré certes sa vie aux autres mais dans son bonheur égoïste. Celui-ci était en accord avec un mode de vie admirable et admiré, avec le souci des autres donc elle a été mise sur un piédestal et considérée comme un être exceptionnel. Ce que je ne réfute pas bien évidemment. Médecins, pompiers, enseignants, trouvent leur bonheur dans leur activité de manière similaire tout comme l’artisan fier de son métier ou l’agriculteur fier de son labeur.
Ecartons toutes les personnes qui sous contrainte (là c’est le monde qui fonctionne mal) subissent une vie non choisie et qui ne sont pas libre de pouvoir/vouloir la changer. Et intéressons-nous à celles qui, de leur plein gré (c’est ce le sujet de cette discussion) consacrent leur vie au bonheur des autres au dépend de leur propre bonheur, de leurs propres besoins et envies, de leurs propres rêves. Ces gens-là sont des sages. Ils représentent l’humilité la plus belle.
Extérieurement il est difficile de distinguer ces deux situations car elles ne s’en distingue que par l’état d’esprit qui est bien peu souvent mis à ciel ouvert, partagé aux autres.
Une vie de souffrance peut générer du bonheur autour de soi.
Le bonheur n’est donc pas seulement un état d’esprit personnel et s’il peut non seulement se partager il peut être simplement donné aux autres au dépend du sien. C’est cela le vrai don de soi.
L’artiste qui, heureux de peindre, fait un tableau pour autrui, donne du temps, de l’énergie, de la passion, de son âme dans son œuvre mais ne fait pas “don de lui”. Il œuvre aussi pour son bien, pour son plaisir de créer. Il ne fait pas don de soi (accessoirement il peut faire don de son œuvre…).
Renoncer est un attribut de l’humble.
Humble est celui, celle, qui, alors que tout s’est construit pour que sa vie soit heureuse, faite de ses plaisirs sociaux, de ses plaisirs idéologiques, de ses plaisirs physiques ou créatifs, ou bien d’autres, rompt avec sa vie, ses possibilités d’existence pour que autrui puisse survive ou accède à son bonheur.
Humble est celui qui donne sa vie, de sa vie, humble est celui qui renonce à l’amour au profit d’autrui, humble est celui qui laisse sa place pour le bonheur d’autrui et y fait naître sa propre souffrance.
Il est peu de gens connues à être humbles parce que justement ce ne sont pas des vies qui font partie du spectacle, ce sont les petites gens, celles du silence, perdues dans la foule des Hommes, et pourtant, le défaut de leur bonheur est guidé par le sens du bien, du bien cosmique oserais-je écrire malgré leur propre souffrance, leur propre anéantissement, leur propre mort.
Le bonheur peut-il est distinct de la morale, de l’éthique humaine, du sens de la vie?
Mick
21 janvier 2009 à 10 h 03 min
Le bonheur serait-il la liberté du choix? Pouvoir choisir entre sa conscience et celle des autres…
Le bonheur est-il de source duale, qualité double bonheur/malheur, souffrance/plaisir, désir/renoncement?
Le bonheur est-il inné, inéluctable traduction du contentement des désirs biologiques et de ses libérations hormonales et chimiques au sein du cerveau?) ou doit-il sortir de la souffrance? est-il pur esprit?
La condition humaine, le sens de la réalité, la conscience et la liberté sont à mettre en sauce…
Des livres entiers, le bonheur demanderait pour l’appréhender par la logique et l’expression philosophique alors qu’il est si simple à vivre…