Mardi 20juin 2006 :
Les nuages sont avec nous, un thé chaud et nous repartons pour de nouvelles aventures.

La cabane-refuge et le spouncionef l'Enterprise
Au milieu de ce paysage totalement lunaire du Dimmifjallgardur, juste après un col, un décor splendide s’offre à nos yeux ébahis.
Une plaine grandiose s’étend devant nous bordés de cônes sombres à l’aspect surnaturels. S’il n’y avait cette route qui jette sur cette étendue la trame de la présence humaine on se croirait sur une autre planète au commencement du monde (la photo réalisée est aussi minable que le lieu était majestueux) sans doute le double effet des transports intergalactiques.

Paysage de désolation
Malheureusement le vent franchement soutenu nous incite plutôt à repartir et nous voilà débouchant sur une plaine de lave recouverte de lichens argentés le Burfellshraun.
Souhaitant aller à la cascade Dettifoss par le sud (F802) une pancarte d’interdiction nous incite à la prudence constatant de plus les ornières de boues laissées par des astronefs plus téméraires ou simplement plus efficaces que le nôtre. C’est ainsi que le point chaud du Krafla sera notre prochaine destination.

Arrivée sur le site du Krafla et de l'usine thermique
Bien nous en a pris car ce lieu est un des plus spectaculaires que nous ayons vus. L’usine géothermique annonce le site par ses nombreux tubes parcourant le vallon, les fumerolles contribuent à asseoir une ambiance toute particulière.

Ce qui reste du cratère satellite du Krafla...après son explosion de 1984
Le parcours sur les coulées de l’éruption de septembre 1984 est fantastique, le cône effondré d’une bouche d’émission ajoute à la magie des lieux. Une coulée qui fait l’horizon fait plusieurs kilomètres de large et des dizaines de kilomètres de long…

L'intérieur du cratère
Des fumées de vapeur d’eau contribuent à rendre ce lieu poétique ou austère selon ce que l’on ressent

L’impression qui transparaît est le caractère dynamique de ces lieux où le magma se ressent tout proche et où la Terre démontre qu’elle est capable de balayer d’un revers de lave l’immuabilité supposée de la civilisation humaine.

Ambiance
La faible lumière laisse peu de contrastes aux photos noir et blanc, bien que certaines soient élégantes (et restées en Métropole) mais ma mémoire gardera chaleureusement cette rencontre avec le pays du Mordor (JRR Tolkien). !

Orange winsor
A quelques kilomètres de là le site du point chaud Namafjall offre à nos regards des vasques emplies d’une mixture bleue bouillonnante et jaillissante à souhait, les fameuses marmites. Cet endroit nous permet de nous délecter de notre salade de concombres riz et tomates pour nous remettre de nos émotions.

Une vue très partielle de la coulée de lave
Cependant nous observons là un premier aménagement fait de cordes et de passerelles de bois destiné à contenir l’imbécillité des touristes, nombreux en ce lieu, qui sont prêt à mettre les pieds dans les bouillons de boue ou à se prendre une bonne giclée reconfigurant leur anatomie pour prendre les vasque en vue d’avion.

Au Krafla
Ceci me laisse une impression identique à la vision d’un gorille dans un zoo ou d’un enfant ukrainien atteint de leucémie que l’on montre en spectacle au journal télévisé.

Ocres et gris
L’Islande, offerte à la civilisation du loisir, du tourisme et de la consommation photographique ! Malaise d’appartenir à l’espèce Homo touristus.

Lac bleu et dépôts sur le site du Krafla/Namafjall (K)
Mais hop je reprends mon guide touristique en main, histoire de peaufiner la suite des évènements!
Donc le guide futé nous indique qu’il est possible de se baigner près du lac Myvatn dans un lac d’eau tempérée. Nous constatons cependant que le lieu est désormais payant puisqu’il a été aménagé comme une piscine municipale.
Nous allons donc effectuer à pied (ouf quel plaisir enfin d’user mes semelles après deux jours de transport galactique) l’ascension et le tour du volcan Vogar aux lignes parfaites en rive est du lac Myvatn.

Vue du Vogar vers le nord-ouest (K)
Ce petit tour sympathique permet une vue sur le Myvatn et sur les nombreux dessins ou écritures confectionnés avec soin au fond du cratère par les humains de passage. En soirée nous nous promenons, tout proches du cratère Vogar, parmi les méandres d’une forêt de chaos de laves dressés avant de prendre position au camping de Reykjalid.

L'intérieur du Vogar (K)

Les écritures du Vogar (K)
Le capitaine Kirstophe avant son dîner prend son bain chaud dans l’eau de la faille médio-atlantique située à deux pas du camping. Sous dix mètres de roches à moitié entrebâillées, de l’eau chauffée sur les roches isolées mécaniquement du magma tout proche en profondeur, permet aux valeureux baigneurs de profiter de ces thermes qui foisonnent dans les 35 à 50°C selon les années…

Un des nombreux bâillements de la faille médio-Atlantique
Sous ce temps gris, à la lumière bien faible malgré qu’il ne soit encore que 22h, se jeter dans ces méandres glissants et sulfureux où l’œil ne voit que de pâles reflets de lui-même relève-t-il de l’inconscience ? C
Oui si l’imagination part vers les contes et légendes moyenâgeux, non si on reste rationnel et qu’on ne croît pas aux gnomes et aux trolls on n’hésite pas, sauf si on n’aime pas se baigner la nuit dans un trou d’eau dont on ne voit pas le fond quand on ne sait nager et qu’il fait froid dehors ….y
15 janvier 2009 à 1 h 16 min
Ajoutons que les écritures du Vogar constituent un palliatif au manque criant de troncs d’arbres pour graver des petits cœurs éternels. Pour l’Islande en particulier comme en général pour les iles (et hélas bientôt les continents), les forêts ne résistent guère longtemps au passage frénétique des civilisations humaines; les exemples sont connus et nombreux, ile de Pâques, Haïti, iles grecques (et Grèce), Madagascar etc…