Mardi 27 juin 2006:
Je me réveille la tête dans le pâté, nous nous engageons sur la route F208 en direction du sud-est, où de nombreux gués nous offrent quelques inquiétudes et de sympathiques rigolades. A chacune de ces rencontres je sors évaluer la hauteur d’eau, la qualité du sol sous les galets immergés. Devant des remous difficiles à percer alors que le spountcionaute Spockaël a un doute, le capitaine Kirkstophe évalue lui-même la situation, il faut bien se lancer et compter sur la chance aussi. Je me positionne assis sur la portière pour prendre de la hauteur afin de mieux voir sous l’eau (cf. lois de réfraction de la lumière), bien m’en a pris car cette fois-ci il s’avère qu’un creux est présent juste devant la berge, berge elle-même présentant un angle d’attaque prononcé. Je conseille alors vaillamment sans perdre une seconde ” accélère ” ce qui a permis à l’Enterprise grâce à la réaction rapide du capitaine sur l’accélérateur, de bondir hors de l’eau au lieu de s’y immerger dangereusement en se bloquant dans les galets, le pot d’échappement dans l’eau, moteur calé….
Après une dizaine de gués, des montagnes de cendres et de laves nous entourent noblement de leur agréable architecture.
Arrivés à Eldja nous allons voir la chute Ofaerufoss, très sympathique balade à pied avec de très jolies pierres rougeâtres qui contrastent étonnamment sur les pentes le long du chemin. Le temps reste nuageux avec quelques percées lumineuses sans vraiment laisser apparaître le soleil.
De retour à notre vaisseau, les pâtes cuisant doucement, un couple de Saint-Lyphard (village situé à 20km d’où nous habitions dans notre jeunesse) nous aborde pour un petit échange amical et plein d’humour sur les choix culinaires de nos amis islandais à propos du requin faisandé…de fil en mots les pâtes sont cuites et nos voisins s’engagent dans leur randonnée.
Nous partons plein sud après avoir convaincu le capitaine Kirkstophe de ne pas faire demi-tour et de poursuivre la route, les gués ne seront pas pires ensuite mais nous l’espérons simplement à ce moment-là sans pouvoir le garantir malgré une information en ce sens des voyageurs de Saint Lyphard.
D’un attrait encore spectaculaire le paysage au bout de 20 km se banalise sous la forme d’une grande plaine . M’enfin, c’est vrai que le nez dans le derrière de la voiture qui nous précédait n’engage pas bien à voir le paysage à travers la poussière…ouf nous voilà sorti de la poussière.
Il doit être dans les 19 ou 20 heures quand nous passons, pour nous procurer quelques victuailles, à Vik; nous faisons un bref arrêt à la chute Skogafoss plus assez éclairées par le soleil pour réaliser des photos correctes, puis la lumière couchante nous conduit à nous diriger vers l’Hekla pour trouver un coin où dormir.
Mercredi 28 juin 2006:
Sous un soleil radieux, pas un nuage ne se profile à l’horizon, la lumière encore rasante sous 30° d’angle est très belle. Ce qui est étonnant c’est de ressentir la même ambiance que sous nos latitudes lors des instants suivant le lever du soleil en été sauf que là ça dure plusieurs heures…l’aube presque éternelle.
En route !
Pour Pingvellir s’il vous plaît ( !), une balade d’agrément dans une des failles médio-atlantique et sur le site historique du parlement islandais passe l’après-midi. Plus tard, constatant la menace du ciel au-dessus de nos têtes, nous allons sur Reykjavik à la piscine mais surtout pour trouver agrément des bains chauds de 38°c à 44°C.
Un essai bref à 42°C m’a fait oublier tout vœu d’immersion dans une eau plus chaude encore afin d’éviter la cuisson à point.
Le capitaine Kirkstophe bravant tous les dangers s’immerge longuement dans cette eau à 42°C où il honore son titre de capitaine. En passant il faut constater que les sanitaires, piscines et autres lieux publics islandais sont honorés par leurs qualités de propreté et d’hygiène ce qui change nettement de la situation en France. A noter aussi que les vestiaires sont nudistes et que cela simplifie grandement les choses tant pour se laver que pour s’habiller. La piscine ensuite est « textile » comme en France.
Le ciel est d’un gris sombre, la pluie persiste. Pour dormir nous nous dirigeons vers Krisuvik au milieu de la péninsule ouest de Reykjavik et nous trouvons un coin lugubre mais isolé et à peu près plan avec des rochers pour abriter le réchaud du vent. Nous dormons dans la voiture car il pleut à présent de grosses averses et l’heure avancée de la nuit dans ce lieu austère à proximité d’une carrière ne nous donne pas envie de galérer à disposer la tente et de la replier mouillée le lendemain matin.
Kirkstophe tente pourtant un repos salvateur allongé de tout son long sur la mousse mais la quantité de gouttes arrivant sur lui le persuade de quitter son nid douillet. Pour ma part après avoir écouté Macha Béranger à la radio dans ce lieu aussi lugubre que sa voix, je m’empresse de sombrer dans le sommeil afin d’oublier l’inconfort d’avoir les genoux pliés dans l’Enterprise.
Jeudi 29 juin 2006:
Le ciel, gris, est au moins relativement sec par rapport à la nuit qui s’achève!
Nous nous rendons sur « le point chaud » près de Krisuvik (tout à côté de l’aéroport donc) tout en constatant avec rires et inquiétude l’attitude irresponsable de certains parents qui laissent gambader leurs très jeunes gamins au bord des mares bouillonnantes. Plus tard sur une falaise des mouettes accompagnent notre détente avant un somme bien mérité, à l’abri du vent dans une minuscule dépression herbeuse face à l’océan dans lequel « un » phoque s’amusait.
Nous lavons la voiture et réservons, au camping de Keflavik, un emplacement de tente mais le temps ne me dit alors rien de bon et je préfère prendre la formule ” sleeping bag ” avec toit en dur tandis que Kirkstophe est à l’aéroport pour rendre l’Enterprise à son propriétaire. Bien m’en a pris car une dégradation se confirme dans la nuit. J’imagine mal devoir passer, à deux, une nuit avec tous les bagages dans une tente minuscule et non étanche…Aussi c’est bien au chaud dans la salle commune que la soirée s’engage en une grosse bouffe pour finir les cartons (1 kg de lapilli de pâtes saucées, 1 litre 1/2 de soupe bouillonnante, des poires volcaniques au chocolat). Le début de nuit est grandiose puisqu’un groupe d’allemands/anglais arrivés vers minuit exaltent leur mépris des dormeurs pendant plus d’une heure et ce, malgré les remontrances du vaillant capitaine, jusqu’à ce qu’ils daignent enfin se coucher. Pas vraiment gentlemen ces anglais.
Vendredi 28 juin 2006 :
Le matin il pleut, comme on dit chez nous : gros temps ! Du vent et l’eau qui fouettent sur la tronche !
C’est à pied, cette fois-ci, que nous filons vers l’aéroport après avoir donné le reste de nourriture à un couple d’anglais qui arrivaient sur l’île ; un peu mouillés nous attendons dans l’aéroport, l’avion dont le méli-mélo des bagages sur le tarmac me laisse songeur vis-à-vis les pertes des bagages par les compagnies aériennes…
Vol superbe au-dessus des nuages. L’ Ecosse et l’Angleterre défilent sous nous pieds. Arrivés à Roissy vers 22h30 un problème sur les bagages et « Le » fameux parapluie de Kirkstophe nous amenèrent à ne pas être libres avant minuit. Nous prenons l’option de dormir à l’aéroport c’est-à-dire sur un siège dans le hall des arrivées, au moins nous serons prêts à dégager rapidement au petit matin. Cool ! Après 1 heure de sommeil bien tassée et une longue lecture pour le capitaine, nous prenons le RER aux alentours de 6 heures du matin où nos chemins se séparent.
L’un va en Bretagne l’autre vers le sud.
Petit déjeuner et TGV vont terminer ce voyage sous 38°C à l’ombre à l’arrivée. Heureusement une discussion avec une petite dame bien sympathique, le troisième âge bien tassé, a agrémenté toute la durée du trajet en train vers Montpellier. C’était la cousine du beau-frère de Jacques Tati rien que ça…quelle aventure !
Évidemment on a parlé de tout comme de vieux amis…
Les aventures sont terminées pour cette épopée mais une chose est sûre, c’est que l’Islande claironne chaque jour à notre esprit de la rencontrer de nouveau car elle envoute quiconque s’en approche.


4 février 2010 à 14 h 04 min
En relisant ces aventures nordiques je me remémore ces moments sympathiques. Mais la mémoire s’efface avec le temps qui passe.
Alors bravo au spouncionaute spockaël pour sa prise de notes quasi quotidienne tout au long de l’épopée islandaise.
Ce vendredi 30 juin 2006, retour dans mon jardin pour déguster sous une chaleur accablante les derniers fruits encore présents dans le cerisier . Et le soir vers minuit, j’écoutais la der des der de “Allo Macha” sur France Inter.
Nostalgie quand tu nous tiens…
4 février 2010 à 18 h 17 min
Ouh là que de fautes à corriger…
Oui effectivement des notes prises chaque soir mais heureusement j’ai rédigé le récit le mois suivant cette épopée car en rédigeant la balade avec Régalo deux ans plus tard les évènements s’effacent et les détails se mélangent, comme dit le proverbe: il faut battre le fer quand il est chaud.
J’ai des photos à rajouter: j’avais normalement retrouvé certains tirages cet été mais une fois à Mayotte, impossible de mettre la main dessus!
Il faut au moins que je mette la photo où tu dors au petit matin dans le refuge. Bon la prochaine fois je prendrais plus de photos du capitaine…
oui Macha …toute une époque mais l’émission allo la planète qui la remplace est pas mal non plus.
10 mai 2010 à 20 h 03 min
quelques magnifiques photos du fameux volcan islandais eyjafjallajokull et de ses effets
http://www.boston.com/bigpicture/2010/04/more_from_eyjafjallajokull.html
10 mai 2010 à 21 h 50 min
super lien en effet, même si le débit internet me laisse ici tout loisir d’admirer chaque photo avant de voir la suivante.
ces photos sont bien plus instructives que les propos niaiseux des journalistes français de ces dernières semaines à ce sujet.
L’Islande: “magnifique” comme dirait l’autre!