Léoplum est un léopard, de la jungle Bwindi, heureux parmi les siens, il aimait regarder les scintillements de lumière à travers les feuillages de la canopée et malgré cette beauté il souhaitait comprendre la vraie nature de cette chose insaisissable et fascinante.
Un jour, il fut arraché à sa maman, capturé et emmené au zoo local, il fut ensuite transféré en Europe où sa cage tomba dans une forêt au cours du transport.

Léoplum enfermé au zoo
Il quitta sa cage, cassée par le choc sur le sol et perdu, livré à lui-même, il faillit être mangé par un renard mais s’en extirpa grâce à son agilité.
Le choc de l’accident lui fit perdre une partie de sa mémoire et il ne voyait les réminiscences de sa vie passée que dans ses rêves qu’il ne parvenait pas à comprendre complètement, malgré cela sa conscience du monde s’en trouva augmentée.

Seul, en chemin
C’est épuisé et trempé dans la neige qu’il fut retrouvé par celui qui s’occupa de lui pendant de nombreuses semaines.
Cependant, espiègle, le petit Léoplum, au cours d’une escapade, se perdit et ne retrouva pas la maison de son nouvel ami Roshi.
Il parcouru moult territoires:

Sur une maison dans la jungle
Il traversa les plaines en tracteur:

En tracteur...
Il traversa les villes à moto:

Léoplum à moto
Il avança dans les inextricables jungles tropicales:

Forêt de Cavani, un peu de repos sur une branche
Il rencontra des animaux étranges qui devinrent ses amis:

Au détour d'une jaque, rencontre avec Chamane la tortue en pleine nuit
Il traversa les océans.

Léoplum dans l'océan
Des êtres fabuleux et subtils, il côtoya dans le bleu des profondeurs.

Ca fait du bien un bon repas de bananes!
Au comble du désespoir ne trouvant toujours pas son chemin, il se jeta dans le vide mais il savait qu’il pouvait compter sur l’aide précieuse de Chamane la tortue et mettre en applications ses enseignements: il volait et grâce à ses nouvelles capacités il pût s’enquérir de dépasser les montagnes.

Léoplum perdant de l'altitude
Cependant un manque de concentration le fît tomber dans l’antre d’une créature aussi énigmatique qu’ élégante, il lui demanda d’où elle venait et qui elle était, mais celle-ci ne répondit pas.

La créaturuuurrrrrrrre Ehme
Léoplum n’avait jamais vu un tel animal aussi il n’avait pas peur mais il la trouvait fascinante, pourquoi était-elle toute verte comme ça et auréolée de lumière? L’important étant de retrouver son chemin il s’enticha (comme c’est mignon mais ça fait beaucoup de chatons à nourrir) :
- Cher crrrréaturrrrrr sais-tu si je peux trouver le cheming qui mèneuh à la cassacadeuh où mon ami Roshi se trouve (Léoplum avait un ancêtre maressayais sans le savoir mais son ancêtre n’y arrivait pas toujours et parfois il était triste, il se marrait pas quoi!) ?
- La cascade? Oui c’est simple tu n’as qu’à me suivre et je t’emmenerai là où tu dois aller…
Ces paroles résonnaient de façon étrange dans la tête de léoplum, il se demandait pourquoi la créature était si, siiii, si prompte à l’aider? Ne sachant s’il devait lui faire confiance il hésita et gonfla ses poils comme un hérisson tout en gonflant sa voix mais c’est une voix de minet qui fit son:
“je veux bien te suivreuh mais sacheuhs que je suis ami de Chamaneuh la tortueuh et qu’elle veilleh sur moi.“
Ehme restait stoïque mais était nimbée d’une sérénité qui engloba Léoplum et le rendit paisible.
Il se mirent ainsi en chemin…

Ehme aux aguêts
Ehme et léoplum traversèrent moult chemins à travers l’univers, bananeraies, bambouseraies, forêts de manguiers, jusqu’à ce que Ehme daigna lui confier:
-” Léoplum, te voici maintenant aux portes de ta renaissance, c’est ici que tu trouveras la voie qui mène à la source de ce que tu cherches, car si tu crois chercher l’ami, le protecteur, Roshi qui t’a protégé un temps, en fait c’est ton propre présent que tu cherches, ta propre nature.
Penses-y, ce ne sont pas les autres ni le meilleur des Léoplush que tu espères trouver mais bien la raison qui te mène dans cette existence.
Cette recherche de l’instant en tant que seule vérité ne te mènera pas à asseoir le profil de vie que tes ancêtres ont mené jadis car c’est un autre jardin qui est devant toi.
Ce jardin n’a pas de frontière ni de fond, il est sans structure et sans dessin, il est sans passé et sans futur, il n’est pas ce que tu crois savoir qu’il est, il n’est pas chemin ni état de ton être, il est expérimentation du non-temps, sens invisible qui te lie à ton essence et que tu ne ressentiras que lorsque tu te seras libéré de tout ce qui fait ce que tu crois être.”

Ehme
Léoplum ne comprit pas tout tout de suite et voyant qu’Ehme s’envolait déjà sans attendre de réponse de sa part, il se mit en chemin tout en réfléchissant aux paroles de la crrrréaturrrr Ehme.
Fatigué, il distingua un fieffé nid douillet parmi les branches innombrables qui embrassaient son horizon. La lune grisait déjà, de ses lueurs subtiles, les ombres de chacun des feuillages qui constituaient cette forêt.
Le matin, il n’arrivait pas à ouvrir ses yeux car, encore perdu dans les méandres des fruits de son inconscient, le jour paraissait plus brillant que mille soleil. L’appétit le mit en train malgré tout et c’est bien éveillé qu’il se mit en quête de quelque nourriture.
Au plus près d’un régiment de bananes jaunies et appétissantes, une voix intérieure lui rappela les mots d’Ehme et cette connexion si soudaine l’emplît de joie. Dès lors il “savait” ce que la crrréaturrr avait voulu lui faire comprendre.
Il le savait si bien qu’il comprit qu’il serait impossible qu’il puisse jamais l’exprimer logiquement à autrui, car ce savoir n’a ni forme ni support, ce savoir pouvant se traduire quelque peu: par les mots d’Ehme et c’est ainsi que Léoplum ne voyageait plus dans l’existence, il ne créait plus son existence à s’acharner à retrouver quelconque passé, à distinguer quelconque futur, ou voir quelconque présent, mais à ressentir l’inssaisissable dans la spontanéité.

Léoplum au pays de sa voix
Léoplum ne ressentait ni peur, ni tristesse, ni doute, ni joie, seulement… l’accomplissement.

Léoplum inscrivit les mots d'Ehme d'un trait net.
Il écrivit ses connaissances sur un parchemin qu’il enfouit dans une termitière afin de s’assurer que l’écriture puisse se disperser dans l’univers et il s’envola alors porté par le vent, d’autant que ses dernières volontés n’avaient plus foi de loi mais faisaient œuvre d’immanence.

Léoplum au vent...
M.B.
14 mai 2009 à 16 h 16 min
Comment remplir une page vide messieurs quel talent tu aurais pu écrire le petit prince !!!!