Dans un précédent article, j’indiquais ne pas être anti-militariste mais anti-guerre, bien évidemment il ne t’aura pas échappé que cette phrase est contradictoire. Les militaires, l’armée plus exactement existe pour défendre un Etat, ses territoires et ses occupants; enfin c’est le but officiel affiché.
Quand je disais que je ne suis pas anti-militariste cela veut dire que je ne suis pas anti-militaires au sens où ce sont des hommes ou des femmes, je ne suis pas contre eux mais philosophiquement opposé à l’existentialisme guerrier. Je respecte leur choix et leurs qualités (ou défauts c’est selon, dois-je encore le rappeler), je ne suis pas anti… au sens d’ennemi ou d’opposant à leur qualité d’être, je les aime bien en fait comme un peu toute personne tant qu’on encourage pas les cons ou la connerie (ils reviennent souvent t’as remarqué, dans mes articles, normal car les cons c’est propre à soi, n’est-ce pas? Le verbe génère le con, tiens ça me rappelle une vieille légende…) .
Etre anti-guerre c’est être opposé à cette forme de convention qui veut que deux pays vont s’affronter avec des armes pour détruire infrastructures et citoyens jusqu’à capitulation d’un des protagonistes. Ainsi des militaires mais immanquablement des civils vont disparaître de la surface de la Terre sous prétexte de sauvegarder l’intégrité d’un Etat. Or on voit que, chaque Etat se considérant plus louable et supérieur à son voisin, celui-ci voit son existence (territoires, langues, coutumes, lois…) comme primauté sur tout autre Etat.
Ainsi malgré le fait que l’histoire humaine a montré que rien n’est immuable et que tout change et évolue de manière forcée ou naturelle, les humains restent attachés à ce qu’ils connaissent et ce qui les a construit. Le fait que tout évolue de manière naturelle implique et démontre que s’attacher à la perpétuation des us et coutumes, de la culture d’un peuple est vain. Cela est vain mais peut-être pas inutile au temps du présent j’en inscrirai quelques mots plus bas .
Aussi on peut poser la question à savoir si un peuple peut justifier que des milliers ou même des millions de morts peuvent résulter du processus de sauvegarde de ce peuple (au sens culturel). Quand cela même n’est pas autre chose que l’honneur d’une patrie à ne pas s’abaisser face à l’ennemi. Ainsi l’entêtement japonais alors qu’il se savait perdre la guerre à lutter jusqu’au “dernier” a permis au USA de justifier leur essai de bombe atomique sur la population d’Hiroshima.
Cet entêtement à vocation d’honneur du gouvernement japonais, certainement sous couvert d’honneur du peuple des samouraïs et surtout de haute estime de la patrie et d’un sentiment personnel de chef de guerre et de nation à ne pas se laisser marcher sur les pieds a encore permis aux USA de faire un deuxième test sur Nagasaki. L’individu à la tête d’un Etat peut ainsi, sous couvert de patriotisme, impliquer la mort de centaines de milliers de personnes alors que la vraie raison en était son honneur personnel, individuel en tant que chef de la nation, suprême être au pouvoir décidant de la vie ou de la mort de ses sujets…On sait que les japonais étaient à cette époque d’un patriotisme exacerbé et que l’honneur (le statut social vu au travers du regard des autres citoyens mais pensé par soi-même) des japonais a jalonné leur histoire et leurs codes ces derniers millénaires.
Les USA auraient pu tester leur bombe sur les zones de conflit militaire japonais mais ils ont délibérément choisi des villes de grande taille où les civils et les biens matériels étaient la cible privilégiée. L’argument de dire que le débarquement des états-uniens au japon aurait fait plus de morts n’est pas valable. Pourquoi?
Simplement parce que le cours de l’histoire n’est pas connu. L’empereur aurait pu mourir de maladie, assassiné ou autre…et le cours des choses s’en serait modifié, qui est sensé connaître l’avenir à part les devins ou prophètes de tous poils?
Aussi parce que, en tant que entité de défense et responsable de la sécurité d’un Etat, c’est à l’armée de payer les conséquences de ses choix de guerre (le commandant suprême notamment) et non aux civils (malgré que les militaires sont souvent, en cas de conflit des appelés au front donc des gens qui n’ont pas demandé à y aller ), d’autre part il est insupportable de penser que les enfants aient à payer les basses idéologies guerrières des adultes. C’est utopique puisque qu’un père qui meurt au front implique un orphelin…mais on lui donne sa chance malgré tout malgré qu’il soit devenu orphelin alors que fondu sur place…ou brûlé jusqu’à l’os ce n’est pas une méthode d’avenir. Je me permets un petit humour noir pour alléger cet article de son pesant d’horreurs.
La valeur, l’intégrité d’un Etat justifie-t-il les souffrances dues aux guerres?
La France a choisit le conflit en 1939 au lieu de capituler de suite face à l’Allemagne, très vite elle a capitulé sous contrainte et la résistance s’est mise en place grâce aux plus érudits et courageux ou parce qu’ils étaient mieux placés pour le faire. Que serait devenu le monde sous la main-mise de ce fou austro-allemand? Sans doute des millions de morts supplémentaires auraient affectés l’Europe par le truchement de sa solution finale et de sa dictature infernale? Alors les milliers de morts nécessaires à la libération des pays d’Europe étaient-ils le prix à payer inéluctable pour en éviter 10 ou 20 fois plus? Il me semble que oui mais c’est un oui facile car l’histoire est écrite et affirmer un non serait pour le moins avaliser la doctrine allemande de cette époque ou pour le moins anti-social.
Etre anti-guerre est différent de pacifiste. Le pacifiste aurait fait le dos rond à Hitler, cela était-il moins louable ou légitime? Je ne sais pas et ne suis pas apte à entamer ce débat! Je penche immanquablement quand même pour la résistance, dans ce contexte, qu’elle soit civile ou militaire…mais le raisonnement est biaisé puisque je connais la suite de l’histoire comme je le disais plus haut.
Les gaulois, à une autre époque ont résisté aux armées romaines un certain temps avant que le territoire soit soumis aux règles et à l’invasion romaine. Malgré les procédés punitifs et de justice d’un autre temps (et pour cause), le mélange gallo-romain n’a pas franchement été néfaste à long terme en terme culturel si ce n’est la main-mise intellectuelle et idéologique du christianisme tout droit venu de Rome sur des territoires européens auparavant libres d’ évoluer à leur guise. Mais ceci serait trop long à développer …
En ce qui concerne cette partie de l’histoire de la seconde guerre mondiale, à savoir l’opposition américano-japonaise, je considère que le gouvernement japonais est aussi responsable des morts de Nagasaki que celui des USA. Car à ce moment là le Japon aurait du capituler et/ou les USA engager une voie diplomatique poussée afin d’éviter cette seconde explosion dévastatrice.
J’émets l’idée que dans des circonstances particulières il vaut peut-être mieux que son propre Etat et sa culture se dissolve dans celui et celle de l’envahisseur plutôt que d’impliquer des millions de morts, d’innocents sacrifiés au profit d’une issue hasardeuse. La culture d’un peuple vaut-elle plus que la vie des citoyens de ce même peuple à l’instant présent? Qu’est-ce qui est le plus important sur Terre?
La perpétuation, en tant que vérité plus juste, de la culture ou la perpétuation de la vie des humains?
L’aura d’un peuple, d’un Etat a-t-elle plus de justification à survivre que son propre support, c’est-à-dire le peuple lui-même?
Alors quel avenir pour les tibétains et leur culture? Phagocytisme ou évolutionnisme?
Un certain poète chantait “mourir pour des idées, l’idée est excellente, moi j’ai failli mourir de ne l’avoir pas eu…”.
Cet aspect de la réflexion peut paraître égoïste et certes il l’est mais il est aussi une mesure relative de toutes choses. A savoir que rien n’est blanc ou noir en matière de jugement et que chaque discernement dans la réflexion amène des conclusions pouvant induire un ébranlement des hypothèses de départ.
On peut ainsi associer égoïsme et conservatisme et pourtant les résistants, s’ils avaient pour objectif de libérer le pays pour les citoyens du présent et pour les générations futures, avaient aussi une attitude conservatrice à vouloir garder/retrouver “leur liberté” donc égocentrique. Il est évident de rétorquer à présent que vouloir sauver les autres au détriment de soi est une abnégation totale et ne peut aller dans le sens de l’égoïsme.
Si les conclusions sont si hasardeuse c’est que le sujet d’étude n’est pas de même échelle. Entre la réflexion individuelle à cause collective (un pour tous), la réflexion collective à cause individuelle (tous pour un), la réflexion individuelle à cause individuelle (je sauve ma peau) et la réflexion collective à cause collective (tous pour nous) il y a de quoi créer de nombreux lien de cause à effet et de rétroactions diverses.
La réflexion humaine dans nos sociétés est celle du court terme, du présent presque malgré que la projection un tant soit peu vers l’avenir s’immisce dans le cours des idées parfois. Comment penser l’individu et sa “valeur” en tant qu’être humain à l’échelle du temps où il perd immanquablement corps et même souvenirs.
Quid de monsieur Dupont dans 5000 ou même 500000 ans? Au changement d’échelle temporelle, n’en déplaise aux archéologues soucieux de la découverte de quelques restes que ce soient il faut changer d’échelle de pensée et aborder non plus l’humain dans le sens du soi, du psychologique ou même du sociologique mais au sens cosmique, au sens de l’étude de l’Homme dans le contexte global de l’évolution de la Terre et même du cosmos.
L’Humain ainsi n’est plus étudié avec comme unité de mesure la civilisation sur une grande durée mais en temps qu’espèce, voire étape dans une lignée de primates…elle-même étape d’un processus de vie sur Terre subissant les aléas des cataclysmes d’origine cosmiques, elle-même point d’ancrage succinct dans la multitude des centaines de milliards de galaxies connues associant chacune des centaines de milliards d’étoiles distributrices d’énergie, de composés atomiques ou chimiques pouvant pour les mêmes raisons que la vie soit apparue sur Terre favoriser, conserver ou faire évoluer et disparaître la vie au sens biologique du terme à ses alentours.
Qui ainsi du sens des valeurs et des idées propres à chaque civilisations?
Relativiser le sens des choses…nos idées ne sont que des idées, notre “bon sens” n’est qu’un point de vue, nos règles ne sont que des fumées qui brouillent la clarté de l’Olympe.
Croire que le monde est intelligible est une erreur, le monde est perceptible nous croyons attraper l’arc-en-ciel de la connaissance mais celle-ci restera éloignée de nous tant que nous ne serons pas capable de ressentir l’ensemble du dit et du non-dit, l’ensemble de l’intelligible et de l’inconnaissable. L’être humain ne cherche pas tant lui-même que son propre désir d’être. L’être humain à trop vouloir être parmi les ” siens” en oublie que les “siens” sont bien plus que ce qu’ils en convient.
L’être humain se définit entre autre par ses origines, ses légendes, le respect de ses ancêtres, la connaissance de son passé, mais aussi par le sens de valeurs, d’idées, de modes de vie partagés par une population. La culture en commun va définir un peuple comme individualité au même titre que le même courant définit le fleuve et unis les molécules d’eau d’une rivière vers un même destin (en première approximation).
Le sens de la guerre me semble aujourd’hui la défense de ses idées avant tout et non plus (ou uniquement) celle d’un territoire. Le peuple qui se défend face à un autre belligérant l’attaquant est avant tout un peuple qui défend ses idées, son idée de l’Etat, ses coutumes, sa langue, sa richesse bien avant de vouloir défendre la vie de ses concitoyens.
Les peuples humains et surtout ceux qui les dirigent, à de rares exceptions près, ne cherchent qu’à sauver une idée, l’idée d’une civilisation humaine plutôt que les humains.
Pourtant notre comportement en tant qu’ individu est totalement socialisé même pour celui que l’on dénomme asocial.
Tout se régule en fonction du regard de l’autre.
Un film triste au cinéma…un rire dans la salle…qui continue….des injonctions arrivent ou bien l’individu malgré la risibilité de ses pensées finira par se calmer et rentrer dans le moule car la peur physique ou simplement morale sera plus forte que la risibilité de ses pensées face à l’écran. Le rire est social, ce n’est pas nouveau, dixit les primatologues.
C’est pourquoi on rira toujours moins longtemps si on est seul que si on est plus d’un con à se pourfendre en mimiques zygomatiques. Le rire se partage, voir il se répand parfois comme un liquide inflammable sur les pensées gélifiées, l’étincelle communicante finissant par embraser l’ensemble.
Mais si ce n’est pas le moment alors le rire est juge et coupable, d’autant plus si les pairs affichent leur désaccord à ces consonances vocales.
L’être humain se barde de conventions et d’ordre social, ainsi être nu ou presque n’est-il possible qu’en des lieux adéquats où l’autorité tolère cela. A 10 mètres près au sortir d’une plage ou d’un sauna, il n’est plus de mise…il est même interdit de s’octroyer cette liberté! Cela m’a toujours étonné toutes ces conventions de lieux, conventions de temps, convention de situations, convention de personnes ou de caste sociale.
Tout cela est bien contradictoire et stupide.
Il y a des lieux pour se parer, pour se nuder, pour se parler, pour danser mais surtout des moments bien précis. Il y a des lieux pour faire la fête ou chanter car chanter dans la rue de nos jours est devenu synonyme et crime d’arrogance ou d’égocentrisme! Le monde avance et devient sourd et surtout il s’isole de plus en plus et internet avec ses allures et ses parures dorées qui séduisent comme un harem renforce cet isolement.
Nous sommes dans un monde soumis aux diktats des normes et des conventions. Il y a les normes vestimentaires qui quoi qu’on en dise de leur évolution annuelles ou décennales restent toujours celles d’une époque et d’une civilisation. A ce sujet on voit à quel point la situation a évolué pour les femmes et si peu pour les hommes. La mode est un autre sujet dont je laisse à Méghann le choix de nous en parler ou pas…
Il y a les normes dites sociales qui sont les conventions de rencontres qu’elles soient à vocation éphémères ou en cercles sociaux. Il y a les normes alimentaires qui sont à la fois des habitudes mais aussi des règles à vocation, à but social (volontairement) et pas uniquement subies de manière passives. Il y a les normes sexuelles qui, quoi qu’en assure l’évolution de la société restent parmi les tabous les plus prégnants et amènent les jugements les plus acides entre humains.
Il y a les normes de coiffure ou de maquillage: il suffit d’imaginer un banquier arrivant au travail en tenu de Papou de Nouvelle-Guinée pour constater à quel point nous sommes engoncés dans les normes. Il y a les normes pour marcher: ben oui, imaginons un individu marchant comme un australopithèque, subirait-il rapidement un examen psychiatrique contre son gré que je n’en doute guère car de nos jours si tu n’es pas fort, beau, musclé (et riche) tu es douteux voir malsain, Quasimodo n’est pas tant que cela un personnage de roman puisqu’il peut s’incarner dans la difficulté à être reconnu être humain à part entière par le truchement de Joseph Merrick (surnommé en son temps éléphant man) dont la phrase célèbre “Mon nom est Joseph Merrick et je suis très heureux de vous rencontrer” a valu tous les discours sur le sens à donner au mot humain.
Il y a les normes de genre. La société construit le genre féminin et masculin car ceux-ci ne sont pas liés au sexe mais au statut qui en découle dès le premier cri.
Comme le signale Christine Delphy, sociologue réputée, dans son article (Penser le genre, in Marie-Claude Hurtig & al. De la hiérarchie ente les sexes, Paris, CNRS, 1991, p89-107) à propos de l’égalité des sexes: “ tout se passe comme si on voulait abolir les contenus mais pas les contenants, tout le monde veut garder quelque chose du genre, beaucoup ou peu, mais au moins la classification; peu semblent prêtes (à propos des féministes) à se contenter de la simple différence sexuelle, toute nue, non signalée par une reconnaissance et un marquage sociaux.” ” Dépasser le présent, [...] l’utopie constitue l’une des étapes indispensable de la démarche scientifique, de toute démarche scientifique. Penser ce qui n’est pas [...]. Peut-être ne pourrons-nous vraiment penser le genre que le jour où nous pourrons penser le non-genre…“.
Normé tu seras ou tu seras banni… telles sont les lois sociales humaines.
Nicole-Claude Mathieu (CEFUP, 1989) résume ainsi: ” L’identité personnelle est fortement liée à la conscience de groupe.“
Social nous sommes, quelles que soient les transgressions, ce que montrent aisément les ados qui en cherchant un démarquage avec les parents, tout en voulant entrer dans le monde des adultes pour ne plus apparaître comme puérils aux yeux de leurs pairs de générations, cherchent des codes différents mais qui restent des normes adoubées par leur génération et surtout qui restent malgré tout dans le champ concevable, en général, des normes des adultes et de la loi. Les transgressions plus “sauvages” ont lieu entre amis, en groupe similaire ou dans des lieux appropriés lors de soirées à thème (fêtes, clubs, associations…).
Normes liées aux époques, à la géographie ou normes “générationnelles”, effets de mode, la civilisation est à titre individuel une “conscience de groupe”, de tribu dirions-nous sur d’autres continents.
Alors pour boucler ce cheminement succinct à travers la sociologie, je constate que si l’individu est socialement “viable”, il est d’abord un individu normé donc en souffrance (au sens médiéval et/ou contemporain) de conscience de ce qu’il EST, de sa propre nature (qu’il ne connait pas puisque avalée par les conventions) car celui qui est conscient de son soi profond saura comprendre d’autant plus les non-soi, les autres individus en somme. Si cette souffrance et l’affirmation qu’elle leur appartient peut paraître risible ou irrecevable pour nombre de personnes c’est qu’elle est évidemment inconsciente, enfouie dans les méandres de la personnalité, sous le fatras du sociologiquement civilisationnel.
Les enfants-loups ou sus-nommés sauvages ayant été élevés par une meute ou esseulés depuis leur prime enfance ont eu les plus grandes difficultés à s’intégrer socialement et même à développer une intelligence normée (mesurable), cela montre quelque part que l’Homme sans l’éducation de l’Homme n’est plus un Homme, n’est pas encore apprécié comme un Homme… L’Homme a crée sa culture comme les choux poussent où on les sème, l’Homme doit être arrosé par ses pairs d’une multitude de sollicitations pour espérer gagner son statut socialisé.
Mais toute forme de vie en adéquation avec son environnement pourra trouver la vie plus docile si on lui montre que la nature peut se montrer encore plus adéquat à soi.
Imaginons un être qui ne connait que le milieu aquatique calme au fond d’un lac où la température reste éternellement stable où aucun courant n’existe, il est adapté et n’a jamais eu froid de sa vie, il est soudé au fond de l’eau sur le sol, son environnement le contente, plaçons-le dans une prairie de limousin un jour d’avril, d’un cou il sens la brûlure du soleil, le vent qui refroidit soudain ou la fraîcheur de l’ombre, sa peau tressaille, il pâlit et prend la chair de poule, il a mal et paraîtrait laid aux yeux de ses congénères mais il acquiert un sens nouveau, il voit des papillons, des formes de vie nouvelles mais surtout il ressent son corps différemment et il ressent son environnement, il s’aperçoit que sa peau durcit puis le protège de la dessiccation.
Comment aurait-il pu savoir auparavant que le soleil pouvait être doux ou le vent chaud…que être aquatique, il disposait déjà en lui de toute sa capacité évolutive pour résister aux conditions aériennes? Comment pouvait-il présumer l’existence de l’air et des papillons lui qui n’a vu que l’eau bleue et les poissons? Comment pouvait-il imaginer les étoiles?
Sur ses sens, d’après ses capteurs chacun y pose les jalons…de son entendement.
Je résume assez vite et l’exemple est trop simpliste mais je veux signifier par ce moyen comment l’esprit humain, engoncé dans ses normes sociales (son eau immuablement calme qui ne s’écarte pas de son équilibre), ne peut savoir ce qui est bon pour lui mais présume que là où il est, ce qu’il fait, qui il est, c’est ce qui est le mieux pour tous….et pour lui.
La recherche de la conscience de chacun, de son propre soi et ceci en dehors de toutes les cases qu’on veuille bien établir pour le bien d’autrui. C’est ainsi pourquoi certains découvre à 70 ans qu’ils auraient adoré piloter un navire, être médecin ou jardinier, ou bien à 25 ans réaliser qu’il aurait du apprendre la danse tout petit ou à 50 ans qu’ils seront aubergiste, moine, musicien, fonctionnaire, capitaine au long cours, commerçant, président ou simplement eux-mêmes, comblés par la vie et ce qu’ils ont vécu sans aucun regrets. Il n’ y a en ce qui concerne le soi ni règle ni norme mais un ressenti sur le cœur de son être.
Chercher c’est bien mais encore faut-il avoir des portes à ouvrir pour espérer trouver une sortie, on ne se trouve pas en tournant en rond mais en allant au-delà de sa conscience, là où elle n’est jamais allée…
Ce qui est vain, en l’occurrence la perpétuation des idées et des cultures, est une nécessité d’équilibre des peuples.
Chercher “l’être humain” en soi est vain car c’est l’être cosmique qu’il faut trouver en soi: le soi et le non-soi comme une même vie interdépendante.
Tout ceci n’est pas facile évidemment car cela libère (génère) tant de contradictions!