Processus irréversibles…, humanité où es-tu?

En remarque à la remarque de Blup (je maintiens son anonymat), j’ai délibérément omis tout discours sur la situation politique, économique, environnementale de la planète dans ce blog car ce n’est pas le but premier de discourir du monde, il est tellement facile de trouver toutes les infos nécessaires pour se miner le moral à vie sur internet….surtout en ce moment.

Ceci est une évidence sur l’état du monde:
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2143

Il y a deux ans, un académicien auteur d’un rapport sur les ressources en eau dans le monde au cours des prochaines décennies exposa ses résultats à Météo-France dans le cadre des Découvrades .

Son rapport, de qualité, propose des solutions ma foi bien trop optimistes (un échange de mails avec l’auteur me permit de lui expliquer que les données de base pour cette étude étaient très incomplètes notamment en terme de projection émissions de gaz à effets de serre, ainsi les effets climatiques résultants sont sous-estimés. M. Marcilly était d’accord avec moi (ou alors il a feint afin d’être d’accord avec mes remarques mais là ce serait le qualifier de ment… or il m’est apparut lors de sa conférence comme quelqu’un de tout à fait intègre et sincère, je pense qu’on éliminer cette hypothèse peu valorisante) mais il concluait “pourquoi tant de pessimisme?” après lui avoir exposé très brièvement les probables conséquences géo-polito-économico-socio-climato-écolo-teteatoto hic à venir.
Je ne l’étais pas, pas plus qu’il faut l’être aujourd’hui, tout cela est officialisé dans les rapports onusiens…il suffit de s’informer.

Ce que disent certains scientifiques ou spécialistes en ce moment n’est que l’expression ouverte de discours, alertes et prévisions faites il y a parfois 30 ans en arrière (voir plus pour de grands précurseurs qui ont sombré dans l’oubli complet). Plus personne ne frise le ridicule ou la qualification de pseudo penseur écolo-sectaire-anarchiste-naïf-tête à claque de nos jours en accordant foi aux faits établis et à l’imbroglio économique ou environnemental actuel. Les océans sont dilapidés, usés, pollués (le peu entrevu à Mayotte est très triste à constater: beaucoup de zones sans vie où il est évident que celle-ci a disparu récemment, je n’en ai pas parlé dans les articles précédents mais le lagon de Mayotte sera dénué de tout son intérêt dans une dizaine d’années. Ceci développé à l’échelle du globe prend bien sûr une toute autre ampleur, l’impact sur la vie des Hommes ne pourra qu’être dramatique.

Ici, à Mayotte, c’est déjà un drame quotidien pour des dizaines de milliers de personnes, une lutte pour avoir un peu d’eau propre, un peu de riz, alors le visage d’un futur commun sur toute la planète?

Le château de carte financier s’écroule avant le complet délabrement de la planète, l’histoire humaine des civilisations a quasi toujours montré que l’être humain ne sait pas être raisonné et raisonnable dans son approche des problèmes; le désir de conquête, du pouvoir et l’aveuglement des masses (les médias ayant pignon de nos jours sont bien faits pour cela n’est-ce pas) et la complexification croissante de tous les échanges font que la situation est devenue inextricable. les meilleures idées d’un côté seront mauvaises d’un autre. Le château de carte doit s’écrouler. La planète saura bien nous le montrer à sa façon.

Croissance est le maître-mot économique et est antinomique avec l’harmonie sur Terre. La surpopulation (chacun des habitants de la planète est un surplus individuel pondéré du PIB annuel de sa nation…) est un mot adapté à la situation politique et économique d’une région, aux ressources naturelles aussi. Mais alors surpeuplée à partir de quelle époque? 500 millions d’habitants, était-ce déjà le seuil inéluctable dès l’ère industrielle? N’y aurait-il pas fallu éviter d’inventer le feu (le domestiquer devrais-je dire) ou éviter la sédentarisation venue avec l’agriculture? Eviter la création de villes marchandes et souveraines? Eviter la création des Etats? Eviter l’ère industrielle, la religion, l’art, la soupe, le foot, ou l’esclavage, la poudre, le fer, de parler?

Que sais-je?
Que savons-nous de ce qui viendra?
Que savons-nous de la nature intrinsèque de l’énergie, de la matière, du sens des choses?

Rien; tout n’est que spéculations, hypothèses, convictions, absolutisme de la pensée. Le relatif a eu son heure de gloire de manière très courte dans l’esprit de philosophes ou de physiciens (tirons la langue :Albert va me chercher une meule d’espace-temps). L’Homme, suprême aboutissement de l’évolution cosmique? Riez baleines, riez bonobos et Quercus, riez autres zèles attributs si différents de la pensée humaine…L’humain montre tant de beauté, parfois, de celle que nous pouvons percevoir comme la vibration contemplative du soi humain, de la vie autour ….de soi.

L’humain montre tant d’horreur à l’introspection de sa nature profonde, cachée en chacun de nous, face à la blessure de son âme. Qui prend la mesure de ce qu’est le mal en soi? Qu’est donc ce destin qu’un être se construit au cours de sa vie s’il le passe dans l’allégeance à la nuisance?

Or chacun nuit.

Si ce n’est à soi c’est envers les autres ou bien envers d’autres règnes. Nous sommes inclus dans un processus que personne ne contrôle. Ilya Prigonine parle des processus aux propriétés émergentes (http://ppetiot2.free.fr/SurrealismeEtScience/01_FinDesCertitudes/01_WebPages/LaFinDesCertitudes.htm) nous sommes complètement dans cette nature là. Un être seul n’est qu’un amas vague de cellules qui cherche à survivre, un être en société acquiert des comportements et propriétés inconnaissables et imprévisibles avant qu’il en ait fait l’expérimentation. Nous sommes d’un point de vue biologique, physique, philosophique dans ce même état d’amas cellulaire. Nous n’avons pas connaissance de notre nature dans le schéma structurel de l’univers. Engoncés dans nos réalités égocentriques, les lois sont pour nous celles du présent: je mange, je bois, je dors, je fais la fête, je baise (copule, procréé, communie ou me symbiose, m’unifie… c’est comme on veut), je prépare ma retraite, je joue, je m’active, je pense ouf …il était temps…donc je suis. Mais je suis où, je suis qui? Rien, suis-je, si ce n’est un être qui se compare. Emergence d’une nature humaine qu personne ne connaît.

Social donc?

Oui mais alors quelle est ma place?

Rien, juste celle qu’on m’autorise à avoir. Si je ne veux pas être humain mais fou, aliéné, irresponsable, irraisonné, débile, dingue (celle-là c’est un clin d’oeil pour Packo…non qu’il le soit mais il comprendra), agard, si je souhaite devenir différent de la convention comportementale idéalisée des mœurs humaines vers qui, vers quoi dois-je converger? Et l’idéal quel est-il? C’est celui d’une époque, d’un instant, d’une culture, l’idéal n’est qu’un leurre socio-temporel. L’idéal d’un être humain ne pourrait-il être compatible avec la volonté d’abréger les souffrances du monde en vidant la vie à ce monde. Enfin fini les crevettes mangées par les poissons, plus de ver de terre mangés par les taupes, plus de taupes offertes aux hiboux…un monde sans rien est-il un monde sans souffrance? La souffrance du dernier être atteint-elle la somme de tous ceux qu’il a vu ou contribué à faire disparaître?

Que pensera le dernier humain en vie? “Quel gâchis?” “Quel malheur?” “Quel espoir?” ou …”Quel soulagement!”.

Les cauchemars les plus effroyables que j’ai pu vivre sont ceux de la dernière vie, héros de mes rêves puisque dernier survivant humain sur cette planète. Vivre la conscience (si emprunte d’un réalisme de vérité notoire) de ces moments est bien le sentiment le plus effroyable qu’il soit, pourtant rien ne torture en cet instant le corps, seul l’esprit est envahi de sentiments d’isolement, de perte d’identité, de repères, de structure, de volonté. La foi en l’Homme, en l’espèce c’est bien cela qui pousse à vivre. Perdurer l’espèce est la première motivation de tout être, l’humain a juste brodé des attributs autour: famille (c’est plus rassurant pour assurer la survie de la progéniture), lois (c’est plus rassurant pour assurer l’équilibre d’un pays donc la sécurité alimentaire, territoriale et sociale), travail (survivre et être accepté de ses pairs), loisirs (oublier que l’on est voué qu’au simple rôle de continuation de l’espèce).

Si je ne suis plus humain je peux devenir ignoble, bourreau, criminel cependant les historiens nous apprennent que même les nazis les plus effroyables ont commis leurs crimes en étant des humains respectables par ailleurs dans la société allemande. Alors comment être vraiment non-humain, c’est-à-dire perdre l’intangible, perdre ce qui semble voué habituellement à la construction des relations sociales, comment devenir un monstre?

Les monstres, au sens moral, font peurs aux non-monstres et s’ils sont monstres, soit ils en ont conscience et dans ce cas ils savent qu’ils font du mal à d’autres êtres humains et se considèrent donc humains en cela. Si je sais que autrui est humain c’est que je reconnais la qualité de l’humanité, de la nature humaine, si je la reconnais c’est que je suis moi-même humain, un humain monstrueux mais un humain. Soit auteurs d’actes monstrueux n’ont pas conscience de leur état et anéantissent sans rien comprendre, sans rien percevoir de la nature de leur acte: ils détruisent, c’est ainsi, de manière indifférente. Dans ce cas ils ne sont pas qualifiés de monstres car la qualité de monstre est avant tout celle de prendre plaisir ou souffrance dans l’accomplissement de leurs actes mais non d’être indifférent. Ils sont non-humains.

La non-humanité est bien celle qui agit dans l’indifférence, dans l’inaptitude à reconnaître autrui comme humain. Car l’indifférence ne veut pas encore dire inadaptation à reconnaître la vie. En effet dans ce cas, l’indifférent monstrueux, le non-humain donc, supprime la vie en tant que vie malgré qu’il ne la considère pas humaine à ce stade, il aura donc même sentiment à supprimer un moustique ou un être humain. ce n’est plus un monstre mais un destructeur, un être qui anéantit toute vie.

Au-delà vient la qualification de décérébré ou d’agissements non couverts par quelconque pensée ou contrôle de l’esprit, c’est la marque de réactions purement mécaniques (réaction à stimulus) ou aléatoires (une particule cosmique induit un mouvement aléatoire et fatal).

Où se place ainsi l’être humain qui sombre avec l’Atlantide? Il y a deux catégories, ceux qui agissent délibérément au sus et à la barbe de tous tels:”je mets quand même mon produit cancérigène dans la nourriture pour bébé car il faut rentabiliser…”, ils savent, donc ce sont des monstres, les monstres ont conscience.
Ceux qui font sans savoir, les non-humains…

Il y aurait donc les monstres( ça brûle? Tiens un peu d’eau chaude supplémentaire?), les non-humains (oui je comprends mais je n’ai pas que cela à faire, oh et puis après tout tout le monde fait pareil), les destructeurs (indifférents à la vie: …. BOhmm c’était une mamie ou une poule? Bof m’en fous!) en proportion infime. 99% des gens sont des non-humains moi compris. Et ce n’est pas parce qu’on milite chez Vertpaix© ou avec l’abbé Caillou qu’on ne sera pas dans cette catégorie. Si nous étions de vrais humains personne ne coucherait dehors à côté de chez soi, personne ne repartirait avec la faim en sortant de chez soi, personne ne dirait à un pauv’ type qui n’a pas mangé depuis deux jours: “désolé je n’ai pas de monnaie” “désolé je n’ai rien sur moi”, “je suis pressé”. Et même si l’on aide 99 fois sur 100, il arrive ou est arrivé à chacun de penser à soi d’abord au lieu d’aider un malheureux. L’égo étouffe l’humanité. Dans ce cas l’humanité ne serait-ce donc qu’un mot utopique, témoin d’une idéalisation de l’espèce? L’Homo sapiens sapiens sait-il qui il est vraiment peu avant de sombrer dans l’oubli temporel des époques géologiques terrestres?
L’humanité est une attitude mais pas la caractéristique intrinsèque de notre espèce. L’humanité côtoie le sceptre du fanatisme, elle côtoie le palais de l’égoïsme, elle côtoie les attributs virils du clanisme.

Alors l’homme disparaîtrait dans son inhumanité? L’Homme doit-il servir l’Homme (pas de remarque féministe siouplé, la Femme sans Homme serait hermaphrodite et réciproquement) ou la cause de son existence. Doit-on servir l’espèce ou la respectabilité de chacun, le droit inaliénable et intangible à la paix, au bonheur et à la liberté?

(http://www.un.org/french/aboutun/dudh.htm)

La pensée et la conscience humaine ont permis à la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948 de voir jour comme sacre suprême du respect et de la fraternité envers les peuples et les individus.
Chacun veut perdurer pour l’espèce et pour soi d’abord en tant que corps pensant mais au final ni l’un ni l’autre ne gagnera, les humains évolueront vers plus ou moins d’humanité mais ce sera encore une adaptation, l’espèce survivra à court terme (car toute espèce est vouée à disparaître ou évoluer en une autre) mais que restera-t-il autour?
Si Prigogine affirmait que: “la matière à l’équilibre est aveugle et, dans les situations de non équilibre, elle commence à voir” à propos des lois physiques c’est une affirmation qui sied bien à l’humanité…les propriétés émergentes des humains en situation de crise auraient-elles matière à espérer la venue d’un monde meilleur ou bien… pire? L’irréversibilité des processus physiques traduirait dans ce cas que la propriété anthropique de la flèche de l’évolution terrestre présente bel et bien un caractère entropique. La physique est respectée, les connaissances humaines se doivent, inéluctablement, de mettre la pagaille autour d’elles.

Bonne nuit.

3 Réponses à “Processus irréversibles…, humanité où es-tu?”

  1. blup dit :

    I have a dream: L’Eveil de l’Humanité

    Je voudrais recommander vivement un article publié dans Le Monde qui me paraît tout simplement excellent avec une analyse brillante de la perception réelle des grands moments historiques et une description de notre situation.
    Cela me fait penser au dernier référendum sur l’Europe ou les nonnistes anticipaient un plan B qui n’a jamais existé.

    -En aparté on notera, à l’aube d’une dépression économique probablement inégalée à ce jour, les fades et ridicules gesticulations d’une Europe politique à l’agonie dont les dernières décisions n’ont eu d’égal que la crasse vanité de nos incompétentes élites-

    Je sais ami(s) lecteur(s?) que la tentation de la fuite est grande face à une telle réalité. Mais lire cet article de deux pages me semble vital pour comprendre les enjeux du monde de demain et s’y projeter un tant soit peu.

    Aller un petit effort!
    Selon les goûts de chacun, on peut opter avant la lecture et avec raison semble-t-il, pour une rasade d’un bon alcool de derrière les fagots ou pour quelques gélules miraculeuses permettant de prendre des vessies pour des lanternes.

    Cependant, n’oubliez pas que le plan B n’existe pas hormis dans vos rêves.
    En fait, le mieux dans une telle situation est de rester éveillé, non?

    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/02/07/crise-le-choc-est-a-venir-par-harald-welzer_1152206_3232.html

  2. QUETZALETA dit :

    J’arrive pas à suivre…
    Salut Mickael, j’ai lu attentivement ton papier sans comprendre vraiment où tu voulais en venir. T’aurais pas un “guide méthodologique” pour moi le décérébré de base ?
    Sinon, je te dirais bien de profiter de la vie telle qu’elle est, mais j’y crois pas trop non plus.
    Ceci dit, il suffirait de s’activer un peu dans des assos’ et des méchants partis (politiques bien sûr) pour faire bouger les choses à mon avis. Mais j’y crois plus vraiment non plus, bien qu’il y ait des choses à faire.
    Suis toujours pas d’accord avec votre histoire de croissance et de décroissance. A mon avis, la seule question, c’est la manière de la définir ou de la mesurer, de prendre tel ou tel paramètre en compte. Moi je suis pour la croissance à fond, à condition de prendre d’autres aspects en considération.
    Le but de chacun n’est pas de procréer non plus. Le but de certains comme moi, c’est de niquer des chaudasses et de voir après ce que ça donne. Comme elles raisonnent souvent de la même manière, tout est simple et sans ambiguïtés en général après. Salopes !

    Sinon pour le reste, vous voulez pas passer le nouvel An en Anjou ?
    Bises à tous les 5,
    Quetzal en ligne

  3. QUETZALETA dit :

    PS : et moi je suis pour le Traité de Lisbonne !


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